Eus., VII
DKNYS d'aLEXAND^IE 481
annoncer qu'il avait ordonné de rendre les lieux religieux et les cimetières. Aussi l'évêque était-il fort partisan de ce prince, qui n'a guère excité l'enthousiasme. Dans une de ses lettres, écrite en 262, il marque avec quel plaisir on va célébrer la dixième année de l'empereur saint et pieux, alors que tant de persécuteurs ont disparu si rapidement i.
Dans son épiscopat si agité, Denys avait trouvé le temps et l'occasion de s'occuper de questions théologiques et d'y déployer le grand savoir qu'il avait acquis à l'école d'Origène et accru dans la direction du didascalée. Celui-ci, je l'ai déjà dit, était plutôt fait pour une élite intellectuelle que pour le commun des esprits. Même parmi les gens qui lisaient, il y en avait qui n'acceptaient ni les profondeurs de la gnose origéniste, ni même les subtilités de l'exégèse allégorique. Leur grand homme était un évêque appelé Nepos, qui composa un livre intitulé : « Réfutation des allégoristes », dont ses partisans faisaient autant de cas que de l'évangile. Il y traitait spécialement du règne de mille ans, tel qu'il est décrit dans l'Apocalypse, et s'attachait à prouver que ce règne n'est nullement une allégorie et qu'il doit avoir lieu réellement. Denys, inquiet du bruit que l'on faisait à ce propos et des divisions qui en résultaient parmi les chrétiens, se transporta dans le nome d'Arsinoé, foyer du mouvement, et réunit les prêtres et les doc-