Eus., VII
DiiNYS D'ALEXANDRIE 483
élevé et fertile. Depuis clés temps très reculés, l'hellénisme s'y épanouissait autour de Cyrène, la brillante cité dorienne.Sous l'empire romain, la Gyrénaïque formait, avec la Crète, une province bien distincte de celle d'Egypte. On y comptait cinq villes, Cyrène, Ptolémaïs, Bérénice, Sozusa (Apollonia, et Arsinoé (Teuchira) 1, dont le groupe est souvent désigné par le nom de Pentapole. Il y eut de bonne heure, de ce côté des juiveries importantes 2, qui se révoltèrent au temps de Trajan et périrent, en grande partie, dans la répression. Ce pays a son nom dans l'histoire évangélique. C'est un juif de Cyrène qui aida le Sauveur à porter sa croix ^. D'autres assistèrent à la Pentecôte ; il s'en trouvait parmi les adversaires de saint Etienne. Plusieurs se convertirent : de leur nombre était ce Lucius de Cyrène qui prit part à la fondation de l'église d'Antioche*. Dans le pays même, l'Evangile doit avoir pénétré de très bonne heure. Au temps où nous sommes, chacune ^des cinq villes semble avoir eu son évêque.
Ces églises avaient dès lors des rapports spéciaux
1. Ne pas confondre cette Arsinoé avec celle dont il vient d'être question, à propos de Nepos.
2. Jason de Cyrène, écrivain juif du II* siècle avant J. C, fut l'auteur d'une histoire dont le second livre des Macchabées nous conserve un résumé.