De Rossi, Bull, 1881, p
saint Pierre se transporta à Rome. Peut-être y était-il venu auparavant : cela est possible, mais non démontrable. De son activité apostolique en ce milieu aucun détail n'est connu. Les écrits, canoniques ou autres, qui nous sont parvenus sous son nom, ne contiennent, à ce sujet, aucun renseignement.
Mais le fait même de son séjour à Rome a porté de telles conséquences et suscité de si graves controverses qu'il vaut la peine de se rendre compte de son attestation.
Passé le milieu du second siècle nous trouvons sur ce point une tradition précise et universelle. Il suffit de citer Denys de Corinthe pour la Grèce, Irénée pour la Gaule, Clément et Origène pour Alexandrie, TertuUien pour l'Afrique. Quant à Rome, Caïus y montre, vers l'an 200, les tombeaux des apôtresi. Dès le III^ siècle on voit les papes argumenter de leur qualité de successeurs de saint Pierre ; nulle part ce titre ne leur est contesté. Pour toute la chrétienté, aussitôt que l'attention est éveillée sur les souvenirs postoliques et sur les droits qui s'y rattachent, l'église de Rome est l'église de saint Pierre : c'est là qu'il est mort et qu'il a laissé son siège. Toutes les controverses entre l'Orient et Rome laissent cette position intacte, et cela est bien' remarquable, pour un fait si gros de conséquences.
Mais on peut remonter beaucoup plus haut que le
1. Denys et Caïus dans Eus., II, 25 ; Clément, ibid., VI, 14 ; Origène, ibid., III, 1 ; Irénée, Haer., III, 1, 3 (cf. Eus., V, 6, 8) ; TertuUien, Praescr., 36, Ado. Marcion., IV, 5, Scorp., 15, De Baptismo, 4.
déclin ou même le milieu du 11^ siècle. Dans sa lettre aux Romains!, saint Ignace d'Antioche vise leurs traditions apostoliques et nous montre ainsi qu'elles étaient déjà connues et acceptées en Asie et en Syrie. Après avoir adjuré les chrétiens de Rome de ne pas s'opposer à son martyre, il continue : « Ce n'est pas » comme Pierre et Paul que je vous commande : eux » étaient des apôtres, moi, je ne suis qu'un condamné ». Ces paroles ne sont pas l'équivalent de l'assertion : » Pierre est venu à Rome » ; mais supposé qu'il y soit venu, Ignace n'aurait pas parlé autrement ; supposé qu'il n'y soit pas venu, son raisonnement manque de base.
Du reste, il ne faut pas croire que la mort de saint Pierre ait été chose obscure, rapidement oubliée dans l'Eglise. Sans parler des traces que l'on a cru pouvoir relever dans l'Apocalypse et dans l'épître aux Hébreux, le dernier chapitre du quatrième évangile 2 contient une allusion fort claire au supplice de l'apôtre. Quel que soit celui qui a tenu ici la plume, il est sûr qu'il vivait au temps de Trajan ou bien peu après.
A Rome, naturellement, les souvenirs étaient encore plus clairs. Saint Cléments, dans son célèbre passage sur la persécution de Néron, réunit les apôtres Pierre