‹ Histoire ancienne de l'Eglise (volume 2)Chapitre 23 sur 205 · Clem · texte numérisé non relu

Clem

et Paul avec les Danaïdes, les Dircés et autres victimes immolées à propos de l'incendie. Tous ensemble ils sont représentés comme formant un seul groupe {GuvTiOpoiaiyr,) ; ensemble ils ont été pour les Romains, parmi eux, i:v y];^/:v, un grand exemple de courage.

Il n'est pas jusqu'à saint Pierre lui-même qui ne documente son séjour à Rome. Sa lettre aux chrétiens d'Asie-Mineure 1 se termine par un salut qu'il leur envoie au nom de l'église de Rabylone (/; sv Ha^uXwvi (7uvcy-Xi7.-vî), c'est-à-dire de l'église de Rome. Ce symbolisme est fort connu, ne serait-ce que par l'Apocalypse.

Pendant l'été de l'année 64, un incendie terrible détruisit les principaux quartiers de Rome. Peut-être n'avait-il d'autre cause que le hasard ; l'opinion, d'une voix unanime, accusa Néron de l'avoir allumé, ou tout au moins secondé. Pour détourner les soupçons, l'empereur rejeta la faute sur les chrétiens. Un grand nombre furent arrêtés, jugés sommairement et exécutés. Néron imagina de transformer leur supplice en spectacle ; dans ses jardins du Vatican il donna des fêtes de nuit, où les malheureux, enduits de poix, dévorés par les flammes, jetaient sur les exercices du cirque une lumière sinistre. Tacite, de qui nous tenons ces détails, parle d'une multitude énorme, multitudo ingens. Il laisse bien voir que personne n'attribuait

1. I Pétri, V, 13. Quand même la lettre ne serait pas de saint Pierre, ce serait toujours une pièce très ancienne ; son auteur, en se servant du nom de l'apôtre, se serait bien gardé de le faire écrire d'un endroit où il n'aurait pas fait un séjour connu de tout le monde.

l'incendie aux chrétiens ; cependant ils étaient mal réputés ; on les disait « ennemis du genre humain », on racontait leurs désordres ; il fallait que Néron fût bien détesté pour qu'on s'avisât, comme on le fit, d'avoir pitié d'eux.

Ceci, c'est l'appréciation^ de Tacite, qui étend ici aux chrétiens l'injustice et le mépris dont il aime à accabler les juifs. Reste le fait, les horribles scènes du Vatican et le témoignage rendu à leur foi par une multitude de fidèles, des deux sexes, car les femmes ne furent point épargnées 2. L'apôtre Pierre paraît bien avoir été compris dans ces lugubres exécutions ; c'est au Vatican, tout près du cirque de Néron, que se trouvait son tombeau, et la tradition sur le lieu de son. supplice, si haut qu'on peut remonter, nous conduit au même endroit. C'est donc en 64 qu'il convient de placer son martyre^. La même raison ne peut-être alléguée pour saint Paul. Lui aussi trouva à Rome le terme sanglant de sa carrière. Mais rien ne prouve qu'il ait été condamné à propos de l'incendie de Rome. La , tradition, qui oublia bientôt la multitude des martyrs de l'an 64, rapprocha les deux apôtres et voulut qu'ils fussent morts non seulement la même année, mais le même jour.

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