Ce sont les Danaïdes et les Dircés de saint Clément
3. Eusèbe le met en 67 ou 68 ; cependant, comme il indique en même temps la persécution de Néron, son attribution n'est pas sans ambiguïté. La persécution de Néron, c'est-à-dire les supplices décrits par Tacite, commença à l'été de 64.
ORIGINES DE l'ÉGLISE ROMAINE 65
Quoiqu'il en soit, quand les débris de la communauté romaine purent se rejoindre et se réorganiser, la jeune église se trouva consacrée par la haine de Néron, le sang des martyrs et le souvenir des deux plus grands apôtres. De leur vivant déjà elle était en grand renom parmi les fidèles du Christ. Paul, qui ménagea si peu ses Corinthiens et qui trouva tant de reproches à faire aux Galates et aux Asiatiques, n'eut pour les Romains que des éloges. La lettre qu'il leur écrivit et qui prit place en tête de son recueil épistolaire, est un hommage rendu à leurs vertus. Quant à Pierre, le fait d'avoir été ses derniers disciles immédiats constitua pour les Romains une prérogative importante. Au lendemain des scènes du Vatican commençait (66) la catastrophe de Jérusalem. Les chrétiens de la ville sainte n'échappèrent à la crise de leur nation qu'en se dispersant. On parla encore quelque temps d'une église de Jérusalem ; mais elle n'était plus à Jérusalem ; son nom ne représentait qu'une série de groupes éparpillés dans toute la Palestine, surtout à l'est du Jourdain, isolés des autres communautés chrétiennes, de plus en plus confinés dans leur parler sémitique et leur légalisme intransigeant. Le christianisme perdait son premier centre, juste au moment où l'église de Rome se trouvait mûre pour la succession. La capitale de l'empire devint bientôt la métropole de tous les chrétiens.
Duchesne, Hisl. anc. de l'Eul. - T. I.
Les premières hérésies.
La curiosité religieuse et la spéculation chez les premiers chrétiens,
— Epîtres aux Ephésiens et aux Colossiens. — Les semeurs de doctrines. — Judaïsme transcendant. — La christologie de saint Paul.
— L'hérésie dans les Pastorales, dans l'Apocalypse. — Nicolaïtes et Cérinthiens. — L'hérésie dans les lettres de saint Ignace.
On voit par les premières épîtres de saint Paul avec quelle liberté s'exerçait alors la propagande évangélique. Les missionnaires allaient où l'Esprit les poussait, tantôt en des pays où l'Evangile n'avait pas encore été prêché, tantôt en des endroits où des communautés chrétiennes existaient déjà. De ceci Paul s'abstenait : il s'était fait une règle de ne point semer dans le champ des autres ; s'il fit un assez long séjour à Rome, ce fut contre sa volonté. Mais tout le monde n'avait pas le même scrupule. De là des conflits de personnes, d'autorités, même d'enseignements. La doctrine inculquée d'abord était naturellement très simple ; elle s'encadrait, comme j'ai essayé de le montrer, dans l'éducation religieuse Israélite. Mais la ferveur des premiers chrétiens était trop intense pour demeurer inactive. Dans l'ordre de la connaissance elle se traduisait par une incessante avidité de savoir. Le retour du Christ, sa date, ses conditions et conséquences, la forme, la durée et
presque la topographie de so n royaume, tout cela excitait au plus haut degré la curiosité et produisait cette tension d'esprit dont témoignent les lettres aux Thessaloniciens. Quand on avait fini de disserter sur les obligations légales et sur les rapports entre le vieil Israël et la jeune Eglise, la personne du fondateur faisait, de son côté, travailler les esprits. Dans quelles conditions avait-il préexisté à son apparition en ce monde ? Comment le classer dans le personnel céleste ? En quels rapports avait-il été, se trouvait-il présentement, avec les puissances mystérieuses que la tradition biblique, dans une certaine mesure, mais surtout les spéculations des écoles juives interposaient entre notre monde et l'Etre infiniment parfait ?
Sur ces points et sur bien d'autres il pouvait y avoir lieu à des explications, qui venaient s'ajouter, se superposer au fond premier de l'évangélisation. C'est ce que saint Paul appelle la surédification (i-2',7.sco;r/,), de laquelle procède une connaissance supérieure (i-iYva)(7u). Il admet ce progrès dans l'instruction religieuse ; il y travaille même très efficacement. Mais il ne se dissimule pas qu'il y a plusieurs manières de développer l'enseignement premier, et que, sous prétexte de le compléter, on peut fort bien le pervertir^ .
C'est ce qui arriva dans ses chrétientés d'Asie ; nous en avons le témoignage dans les lettres qu'il leur écrivit de sa captivité romaine. Je veux parler des