Justin, ApoL, I
tions les chrétiens judaïsants ne pouvaient que s'en tenir éloignés. C'est ce qu'ils firent. Dans le monde judéo-chrétien, l'autorité paraît être restée très longtemps entre les mains des parents du Sauveur : Jacques était « frère du Seigneur » ; Siméon, qui lui succéda comme chef de l'église de Jérusalem et qui vécut jusqu'au temps de Trajan, était aussi parent du Christ. Deux fils d'un autre « frère du Seigneur », Judas, furent signalés à la police de Domitien ; on leur fit faire le voyage de Rome et l'empereur les interrogea lui-même. Il se convainquit que des gens aussi chétifs ne pouvaient être dangereux et que le royaume des cieux n'était pas une menace pour l'empire romain. Les deux fils de David furent renvoyés dans leur pays, où ils « présidèrent aux églises »^. L'évêque Siméon ne s'en tira pas à si bon compte. Nous savons par Hégésippe qu'il fut martyrisé sous Trajan, Atticus étant (v. 107) gouverneur de Palestine2. Au temps de Jules Africain, en plein troisième siècle, il y avait encore des Desposyni (gens du Seigneur), que les cercles judéo-chrétiens tenaient en haute estime^. Eusèbe* nous a conservé une liste des anciens évêques de Jérusalem qu'il dit s'être succédé jusqu'à la révolte des juifs sous Hadrien (132). Les deux premiers sont Jacques et Siméon, avec lesquels on arrive à l'an 107 :