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Duchesne, Hisl. anc. de l'Egl. T. I. It
» VOUS le recommandons comme un homme plein de » zélé pour la cause du Christ. Si nous pensions que le » rang ajoute au mérite de quelqu'un, nous vous l'au- » rions présenté d'abord comme prêtre de l'église »^.
Cette commission avait momentanément éloigné [renée. Après la catastrophe, il lui incomba, comme âvêque de rallier les débris de la chrétienté lyonnaise. Dans la paix qui suivit la persécution de Marc-Aurèle, il dut se consacrer d'abord à ses travaux de pasteur et de missionnaire. En ce pays de Gaule, de tels travaux étaient rendus plus difficiles par la diversité des langues. Le grec ne suffisait pas à Lyon, ville essentiellement latine ; en dehors, il fallait parler celte. D'autre part la gnose se propageait en Gaule comme ailleurs. Ptolémée, de sa personne ou par écrit, y recrutait des adhérents ; l'asiate Marc, fort combattu chez lui, prenait sa revanche sur les âmes simples et ferventes dont se composaient les chrétientés de la vallée du Rhône. Irénée entreprit ces hérétiques, avec bien d'autres, car en ce genre de choses le travail foisonne, dans un grand ouvrage dont il nous est parvenu de notables fragments grecs et une version latine au complet. Sa « Réfutation de la fausse science «^ vit le jour vers l'année 185. Dans les années suivantes nous le voyons mêlé aux affaires religieuses de Rome, auxquelles il s'intéressa toujours beaucoup.
1. Ce ton ne laisse pas d'être un peu singulier. On pense malgré soi aux confesseurs africains dont la présomption causa tant d'ennuis à saint Cyprien.
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En Afrique aussi, le voile qui couvre les origines se lève sur des scènes de martyre. Il est naturel de croire que le christianisme s'établit de bonne heure dans la grande ville de Carthage et que de là rayonna vers l'intérieur du pays. De ce rayonnement témoigne le fait que, sous le proconsul Vigellius Saturninus (180), le premier qui soit intervenu avec quelque vigueur contre les chrétiens, il s'en soit trouvé un certain nombre dans la petite ville de Scilli, fort éloignée de la métropole. Douze d'entre eux, sept hommes et cinq femmes, comparurent à Carthage devant le proconsul, le 17 juillet 180, et, sur leur refus de «revenir aux usages romains », ils furent tous condamnés à mort et exécutés. Ce n'était pas la première fois que le sang chrétien coulait en Afrique. Le titre de premier martyr était attribué, au IV^ siècle, à un Namphamo, de Madaure en Numidie. Des écrits de Tertullien on déduit qu'à la fin du II® siècle les chrétiens étaient fort nombreux à Carthage et en province ; mais il ne donne pas de détails ; quatre localités seulement sont mentionnées par lui, Uthina, Adrumète, Thysdrus et Lambèse. Des évêques de Carthage ses contemporains il ne dit pas le moindre mot.
Au delà de l'Adriatique la prédication chrétienne avait touché, dès les temps apostoliques, certains points de la côte, en Dalmatie^ et en Epire : Nicopolis est mentionnée dans les épîtres de saint Paul 2 Epi.-