II, 28, 30, 31 ; III
^ Ci-dessus, p. 277.
lettre à Pontius et Caricus. Elle faisait partie d'un recueil de lettres analogue à ceux d'Ignace et de Denys de Corinthe. Eusèbe, qui avait ce recueil sous les yeux \ nous donne un curieux extrait d'une épitre adressée à l'église de Ithossos en Cilicie, sur la côte syrienne du golfe d'Issus. Il y est question de l'évangile de Pierre. Voici ce qu'en disait Sérapion :
« Nous, mes frères, nous recevons comme le Christ » lui-même et Pierre et les autres apôtres ; quant aux » ouvrages qu'on met faussement sous leurs noms, l'expé- » rience nous apprend à les repousser, car nous avons » conscience de ne les avoir pas reçus par tradition. » Lorsque je me suis trouvé au milieu de vous, je sup- » posais que vous étiez tous dans la rectitude de la foi ; » aussi, sans examiner l'évangile dit de Pierre qu'ils' me » présentaient, je dis que si l'interdiction de le lire était le » seul motif pour lequel je vous voyais déconcertés, on » pouvait en faire la lecture. Mais maintenant j'ai ap- » pris que mes paroles ont été un prétexte à ces personnes » pour s'engager dans l'hérésie; aussi aurai-je soin d'aller » vous voir bientôt. Attendez-moi donc».
On voit par ce récit et par ce qui suit que des hérétiques, dont le plus en vue était un certain Marcianus, avaient commencé par introduire à Hhossos l'évangile apocryphe en question, et qu'une fois cet évangile admis
» Eus., VI, 12.
2 Ici et dans la phrase suivante, Sérapion parle d'un groupe de personnes qu'il avait dû désigner dans le commencement, maintenant perdu, de sa lettre.
l'orient chrétien jusqu'à dèce 449
à la lecture publique avec la tolérance de l'évêque d'Antioclie, ils s'en autorisaient pour documenter leurs doctrines. Sérapion voulut tirer la chose au clair et lire l'évangile de Pierre \ Il fut obligé d'en emprunter un exemplaire aux Docètes, hérétiques déjà combattus par saint Ignace et qui peuvent avoir quelque rapport avec les sectes de Saturnil et de Marcion. Le docétisme aura toujours une grande vogue à Antioche*. De cette lecture Sérapion déduisit que l'évangile de Pierre était, pour l'ensemble, orthodoxe, mais qu'il contenait des étrangetés inspirées précisément par le docétisme. C'est bieri l'impression que l'on ressent en lisant le fragment de cet évangile que les papyrus d'Egypte ont rendu, il y a peu d'années, à la lumière^,
Après Sérapion, C[ui mourut vers l'année 211, l'église d'xAiitioche élut pour évêque un confesseur appelé Asclépiade. C'est à cette occasion qu'Alexandre, évêque de Césarée en Cappadoce, confesseur lui-même et incarcéré, écrivit de sa prison aux fidèles d'Antioche une lettre
' Il aurait peut-être dii commencer par là, avant d'en a-.itoriser la lecture.
^ Au IV® siècle, le dialogue d'Adamantins et la rédaction interpolée des lettres de saint Ignace insistent beaucoup contre cette doctrine.
3 Publié pour la première fois (1892) par M. Bouriaut, dans le tome IX, fasc. 1. des Mémoires de la mission archéologique française au Caire; cf. Harnack, Texte it. C, t. IX. — Origè.ie {in Miiith., X, 11) parle aussi de l'évangile de Pierre, où il était dit que les frères de Jésus étaient des lils de Joseph et d'une première femme. Le fragment Bouriant correspond à la tin du texte, à l'histoire de la Passion et de la Résurrection.
Duchesnt:. Ilist. anc. de VEijL - T. I. 2d
qui leur fut portée par Clément cV Alexandrie ^ : elle contenait de grands éloges du nouvel évêque. C'est tout ce qu'on sait d' Asclépiade ; sur son épiscopat, comme sur les suivants, ceux de Pliiletus et de Zebinus, nous n'avons^ aucun renseignement ^. Après eux vient Babylas, qui siégea jusqu'à la persécution de Dèce: il en a été question à ce propos ^.