‹ Histoire ancienne de l'église (volume 3)Chapitre 32 sur 49 · orient chrétien JUSQl'À DÈCE · texte numérisé non relu

orient chrétien JUSQl'À DÈCE

(lu lac de Tibériade, dans la plaine de Saron, dans le pays transjordanéen, d'importantes communautés conservaient la tradition et les mœurs juives. Les Samaritains n'avaient pas disparu. Sur la lisière du désert, les bédouins nomades se rapprochaient ou reculaient suivant la force de la frontière. Cependant la civilisation hellénique était en progrès constant. Au IP siècle, toutes les principautés de l'intérieur avaient disparu les unes après les autres; les postes romains, échelonnés de l'Euphrate à la mer Rouge, n'avaient derrière eux qu'une terre provinciale, qui se couvrait de villes, de routes, de monuments. La vie municipale, la langue grecque, toutes les formes de l'unité romaine, s'introduisaient rapidement. Les dieux eux-mêmes s'hellénisaient. Baal, étonné, fraternisait avec Jupiter. L'Aphrodite grecque se retrouvait dans les Astoreths: celle-ci, au moins, revenait à son origine.

Tout ce progrès était, en somme, favorable au christianisme. Les judéo-chrétiens, de plus en plus confinés, ne comptaient pas beaucoup. C'est des grandes villes du littoral, Césarée,Tyr, Béryte, que les missions chrétiennes rayonnaient vers le haut pays, suivant pas à pas les conquêtes de la civilisation romaine. Au temps d'Hadrien la position de Jérusalem, que l'Eglise de la circoncision avait dû abandonner, fut reprise par l'Eglise de la gentilité. Césarée, Ptolémaïs, Tyr et beaucoup d'autres villes avaient des chrétientés importantes. Celles-ci, toutefois, ne se manifestent pas à l'histoire avant le temps de la controverse pascale (v. 190), à propos de laquelle il se

tint, comme partout, un concile en Palestine '. Les évêques Théophile de Césarée et Narcisse d'vElia (Jérusalem) s'y rencontrèrent avec Cassius de Tj^r, Clarus de Ptolémaïs et quelques autres. Tyr et Ptolémaïs appartenaient à la j)roYince de Syrie (Si/ria Coele), tandis que Césarée et Jérusalem étaient dans celle de Palestine. Le groupement épiscopal ne suivait donc pas encore la distribution provinciale des cités. Du reste, nous voyons, ]3ar la lettre synodale des évêques de Phénicie et de Palestine, qu'il y avait entre eux et l'évêque d'Alexandrie une correspondance régulière au sujet de la date pascale. Ces pays eurent toujours, au fond, plus de relations ecclésiastiques avec l'Egypte qu'avec la métropole de l'Orient.

Eusèbe, qui a toute sa vie habité Césarée, qui a dépouillé les archives et les bibliothèques de cette ville et de Jérusalem, ne trahit aucune connaissance de l'histoire de son église pour les temps antérieurs à Théophile. Il est mieux renseigné sur Jérusalem. De son temps la tradition orale avait conservé, et ]Deut-être un ^qm embelli, la figure du vieil évêque Narcisse ^. Des listes épiscopales, que l'historien ne parvient pas à débrouiller nettement ^, lui donnaient quatorze prédécesseurs grecs, sans parler de quinze évêques circoncis dont la série commençait à saint Jacques. C'est beaucoup. Narcisse fut éhi sous le règne de Commode, au temps où Eleu-

1 Eus., V, 23, 25.

2 Eus., y, 12, 22, 23, 25; YI, 8-11.

3 Eus., IV, 5; V, 12.

l'ukient chrétiex jusqu'à déce 459

thère siégeait à Rome, c'est-à-dire mie cinquantaine d'années après la fondation d'^Elia Capitolina \ Eusèbe qualifie de ppayj^io'. (de courte vie) les prédécesseurs de Narcisse. Il ne suivit pas leur exemple, car il atteignit l'âge d'environ cent-vingt ans. Malgré le renom de sa sainteté et de ses miracles, il fut en butte à d'ineptes calomnies, si bien que, cédant à l'attrait de la vie ascéti([ue, il s'enfuit dans quelque désert. Ses fidèles, après l'avoir cherché longtemps, se décidèrent à lui donner lin successeur, puis un second, puis un troisième, qui semblent avoir repris la tradition des prédécesseurs [i:7./u3ioi. Enfin Narcisse reparut. Ce fut une grande joie. Mais le vieillard était trop affaibli par l'âge pour suffire aux exigences de ses fonctions. Dieu lui vint en aide et lui envoya Alexandre, le saint et savant évêque de Cappadoce. Alexandre gouverna l'église de Jérusalem comme auxiliaire du vénérable Narcisse, et lui succéda tout-à-fait quand il eut terminé sa longue carrière. Sous son épiscopat, qui dura jusqu'à la persécution de Dèce, la science ecclésiastique fleurit à ^Elia Capitolina. Il y fonda une bibliothèque, . dont Eusèbe sut exploiter les richesses.

Ce n'est pas seulement à ^Elia et autour du savant ëvaque Alexandre que l'on voyait fleurir la science chré-

^ C'est le point de départ indiqué par Eusèbe. En supposant qu'une communauté chrétienne se soit formée après le siège, autour du camp de la légion, et que cette communauté ait eu des évêques, on allongerait un peu l'intervalle, mais le problème subsisterait encore.

460 CHAPITRE XXT.

tienne. Césarée, où Origène avait fait antérieurement quelques apparitions, était devenue, depuis l'année 231, la siège de son enseignement : les pèlerins de la gnose orthodoxe y affluaient de tout le monde hellénique : les sténographes, les libraires, s'exerçaient à recueillir et à publier les discours du grand théologien : ses éditions de la Bible, ses commentaires, ses œuvres diverses, se classaient en volumes nombreux et formaient le fond d'une bibliothèque qui resta longtemps célèbre. Non loin de là, à Xicopolis, l'ancienne Emmaûs, habitait le célèbre Jules Africain fSex. JuUiis Afncamis), qui, né à ^Elia, avait fini par se fixer en Palestine, après une vie un peu errante. Soldat de profession, il avait fait campagne contre les Parthes dans l'armée de Septime Sévère : grand amateur de chasse, il avait couru les forêts en compagnie des princes chrétiens d'Edesse. C'était un homme fort curieux d'antiquités: au cours de ses voyages il vit les restes de l'arche de Noé à Apamée de Plnygie : à Edesse, la tente de Jacob, à Sichem le térébinthe du même patriarche. Il visita aussi Alexandrie et l'école catéchétique, en mi moment où Héraclas y remplaçait Origène absent. Ce fut en ce pays qu'il se procura un exemplaire des livres hermétiques, auquel il attachait beaucoup de prix. De retour en Palestine, il s'occu]3a des affaires municipales de Nicopolis et se chargea même de conduire à Rome une députation de ses concitoyens qui avaient à solliciter pour leur ville les faveurs d'Elagabal. Il s'y trouvait encore au temps d'Alexandre Sévère, pour lequel il construisit

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une bibliothèque auprès du Panthéon \ Il vécut au moins jusque vers l'année 240.

L'œuvre littéraire de Jules Africain est assez mélangée. Il composa d'abord une Chronographie en cinq livres, où les événements de l'histoire profane étaient rangés suivant le synchronisme de l'histoire biblique. Ce fut la première tentative de chronologie universelle. Déjà d'autres savants chrétiens, comme Justin, Tatien, Théophile d'Antioche, Clément d'Alexandrie, avaient cherché à démontrer que les origines du peuple de Dieu sont bien antérieures à celles des autres nations : Jules Africain donna un corps à cette idée. Son livre ]Dermit de vérifier pour chaque siècle et même pour chaque année le rapport de dates entre l'histoire sacrée et l'histoire profane. Eusèbe profita beaucoup de ce travail, qui, malheureusement, s'est perdu dans sa forme originale. Les années étaient comptées à partir de la Création : pour la dernière partie. Africain s'était servi des olympiades comme échelle chronologique. La période écoulée depuis la venue du Christ était traitée très brièvement. C'est là pourtant qu'Eusèbe trouva les listes épiscopales de Home, d'Alexandrie et d'Antioche, les deux premières accompagnées de chiffres, dont il s'est aidé pour sa Chronique et son Histoire. La Chronographie s'arrêtait à Tan IV d'Elagabal (221). Suivant Jules Africain, le monde devait durer 6000 ans. Trois mille ans s'étaient écoulés

^ Ce détail et celui de la patrie de Jules Africain nous ont été révélés par le papyrus 412 d'Oxyrhynque (Grenfell et Hunt, The Oxyrhyncus popyri, t. III, p. 39).

depuis la Création jusqu'à Phaleg, le patriarche qui divise le temps aussi bien que les peuples \ 2500 ans de Plialeg à Jésus-Christ. Le monde n'en avait donc plus que pour quatre siècles environ. C'est aussi le système d'Hippolyte. La durée des temps est considérée comme une grande semaine dont chaque jour dure mille ans. On déduisait cette idée d'un texte fort connu ^.

Après sa Chronographie, Jules Africain publia une sorte d'encyclopédie intitulée Cestes (Kîttol), dédiée à l'empereur Alexandre Sévère. Mille observations et recettes diverses y sont rassemblées. C'est un livre bien étrange. L'auteur croit à la magie ; il abuse de ses lectures dans les livres hermétiques et autres analogues. Sa lettre à Origène (v. 240), sur l'authenticité de l'histoire de Susanne, et sa lettre à Aristide, sur la conciliation des généalogies évangéliques, appartiennent à un ordre d'idées plus en rapport avec sa qualité de chrétien.

En Arabie aussi, dans cette province lointaine, comme perdue entre le Jourdain et le désert, le christianisme, déjà florissant, se révèle à nous par des manifestations d'ordre intellectuel. Aux premiers temps de Caracalla (v. 214), Origène visita ce pays pour la prem.ière fois, en des circonstances bien extraordinaires. Le légat impérial l'avait fait mander par lettres adressées au préfet d'Egypte et à l'évêque d'Alexandrie. Ce haut fonctionnaire s'intéressait apparemment à la théo-

^ Phaleg, en hébreu, signifie division.

2 Fs. LXXXIV, 4.

l'ouiext ciirétiex jusqu'à dèce 4G;3

logie dirétiBime et désirait s'en entretenir avec son plus illustre représentant. Un peu plus tard l'évêque de Bostra, Bérylle, se fit connaître par ses livres et ses lettres \ Lui aussi était un théologien exercé ; mais ses opinions n'étaient pas très correctes. D'après le peu qu'en rapporte Eusèbe, on voit qu'elles se rattachaient à la christologie modaliste, plutôt sans doute au système de Sabellius qu'à celui de Théodote ^. Ces erreurs avaient déjà été condamnées à Rome. En Arabie aussi, elles soulevèrent une opposition très vive. Bér^dle eut à soutenir des discussions répétées tant avec les autres évêques du pays qu'avec des personnages venus du dehors. Origène y intervint. Après de longs entretiens privés, il engagea avec Bérylle une discussion publique, où il parvint à tirer au clair les erreurs un peu subtiles de Tévêque^ et, ce qui fait beaucoup d'honneur à ses procédés de polémique, à les lui faire reconnaître et à le ramener . dans le droit chemin. De toutes ces réunions, conciliaires et autres, il fut dressé des procès-verbaux. Cette affaire se place sous le règne de Gordien III (238-244). Sous celui de Philippe (244-249), et plutôt dans les dernières années de cet empereur, Origène revint pour la troisième fois en Arabie. Il s'agissait encore d'erreurs à redresser; un conflit s'était élevé entre la doctrine de la résurrection et celle de l'immortalité de

1 Eus., YI, 20, 33.

* Eus., VI, 33: tv' aojTria /.ai xuotiv r.ijori X=V'3iv To).y,fov y.y; f>.ta;. u.r,cJÏ [J.r.'t 6 = 0Tr. ta loia'< I/^îi'', à).).' sa—oX'.rî'jsy.îvr.v aOrw ij.ô^irri Tr.v

l'âme. Certaines personnes s'en tenaient à la première et rejetaient l'autre. On tint concile : Origène parla, et , cette fois encore, il eut la satisfaction de convaincre les dissidents.

L'empereur de ce temps-là, Philippe, était lui-même, ainsi que sa femme Otacilia Severa, originaire de la province d'Arabie. Tous deux avaient été élevés dans le christianisme. Eux aussi furent en rapports avec Origène, qui leur écrivit à l'un et à l'autre. Philippe était un chrétien fort médiocre. Un jour de Pâques, se trouvant à Antioche, il se présenta à l'église: l'évêque Babylas refusa de l'admettre avant qu'il n'eût passé par la pénitence. Philippe accepta ces conditions ^

^ Eus., VI, 34. — Eusèbe ne donne pas le nom de l'évêque, ni le lieu de la scène ; mais la tradition d' Antioche, constatée dès 350 (Léonce d'Antioche, dans le Chron. Pasch., p. 270Dindorf) et représentée plus tard par saint Jean Chrysostome et par d'autres, permet de suppléer à son silence.

CHAPITEE XXII.

Paul de Samosate.

Le novatianisme à Antioche. — Révolutions d'Orient: les Sassanides, les princes de Palmyre. — Paul de Samosate, évêque d''Autioehe : sa conduite, sa doctrine. — Conciles d'Orient. — Conflit poiir la possession de l'église d' Antioche ; jugement d'Aurélien.

Babylas d'Antioche et Alexandre de Jérusalem furent, en Orient, les plus illustres victimes de la persécution de Dèce. Quand l'orage fut passé, la question -des apostats se posa en ces contrées comme en Occi- <lent. On a déjà parlé du retentissement que le schisme romain de Xovatien obtint dans les provinces orientales. Les principes rigoristes, affichés par Xovatien, y trouvèrent beaucoup de partisans. Le nouvel évêque d'Antioche, Fabius \ successeur du martyr Babylas, fit difficulté de reconnaître le pape Cornélius, et son opj)Osition ne fut pas isolée. C'est à propos de cette affaire que l'on voit, pour la première fois, s'établir entre les évêques de Syrie et de la haute Asie-Mineure une sorte de concert, qui se maintiendra et portera bientôt les plus graves conséquences. Les évêques de Tarse (Helenus), de Césarée de Cappadoce (Firmiliem et de

« Eus., VI, 43, 44, 4G.

DcCHESXE. Hht. anc. de VEgl. - T. I. 30

Césarée de Palestine Théoctiste) invitèrent leur collègue Denys d'Alexandrie à se joindre au concile qu'ilsallaient tenir à Antioche. La situation était fort grave^ car les promoteurs de la réunion professaient des idées opposées à celles de Fabius. Den3^s n'avait guère envie d'intervenir personnellement dans un conflit aussi aigu. Il se borna à soutenir par ses lettres les partisans de la tolérance; c'est ainsi qu'il écrivit aux fidèles de Laodicée de S^^rie, dont l'évêque s'appelait Tliél3'midrès, et à ceux d'Arménie \ qui avaient pour évêque un certain Merouzanès. Du reste l'affaire se dénoua plus aisément qu'on ne Teût prévu. Fabius mourut et son successeur Demetrianus abandonna le parti de Xovatien; à Laodicée aussi, ThéhTnidrès, qui semble avoir suivi Fabius, fut remplacé par' un autre évêque, Héliodore. On ne sait au juste si le concile se réunit. Ce qui est plus important c'est que la paix s'établit : Denys d'Alexandrie put bientôt annoncer au pape Etienne que, depuisla Bithynie et le Pont jusqu'à l'Arabie et à la Palestine,, toutes les églises étaient désormais d'accord.

Ce rapport optimiste ne doit pas nous dissimuler le fait que, dans l'Asie-Mineure au moins, il existait au quatrième siècle un grand nombre de communautés novatiennes ou Cathares, et que les conciles orientaux, à commencer par celui de Xicée, et même le gouvernement impérial s'en préoccupèrent souvent. Cet état de

^ TiT; /.arà 'Asy.cvîav, dit Eiisèbe. Il ne peut être question ici que de l'Arménie romaine ou Arménie mineure, alors rattachée à la province de Cap2)adoce.

PAUl. DE SAMOSATE 46^4

choses, qui .ne peut guère s'expliquer par une propagande ultérieure, suppose que runion des pasteurs, certifiée par Févêque d'Alexandrie, ne correspondait qu'iinparÊdtement à la c-onsistance du troupeau, et que la liquidation des troubles soulevés par la persécution de Dèce donna lieu à bien des schismes locaux.

Le pape Etienne, a qui Denys d'Alexandrie écrivait^ :£ullit Itû-même. par ses- rigueurs inconsidérées, introduire une division beaucoup plus grave. Les évêques de la haute Asie-Mineure n'observaient pas. dans la réconciliation des hérétiques, le même rituel que l'église romaine. Etienne qui n'hésita pas. potir cette dissidence, à séparer l'église d'Afrique de sa communion^ se montra tout aussi intransigeant à l'égard des évêques de Ciliciey de Galatie. de Cappadoce et des provinces voianes. Firmilien ne se laissa pas intimider : il s'associa énergiquement à la résistance de Cyprien: la lettre qu'il écrivit à celui-ci était même atissi peu propre que possible à faire espérer tm dénouement pacifique. Cependant ce onflit dangeretLS s'arrangea, et comme le préc-édent. par un simple changement de personnes. Xyste IL successeur d'Etienne, se départit de son attitude altière et les relations furent reprises.

H était temps. D'affreuses calamités allaient s'abattre sur ces malheureux pays d'Orient. Valérien avait changé de sentiments à l'égard des chrétiens : les chefe des églises, quand la police avait réussi à les saisir, attendaient -Q prison des mesures plus rigoureuses encore. Mais la persécution n'était pas le pire fléau. L'empire lui-même^

l'empire persécuteur, chancelait sur ses bases. Les frontières s'ouvraient partout aux insultes des barbares; la piraterie de la Mer Noire jetait des bandes de Gotlis sur les côtes du Pont et leurs ravages s'étendaient jusque dans l'intérieur. A l'Orient, la guerre, sans cesse renaissante à propos de la possession de la Mésopotamie et du protectorat de l'Arménie, prenait un caractère bien plus menaçant que par le passé. La d^aïastie parthe venait d'être remplacée à Ctésiphon par une dynastie nouvelle, celle des Sassaliides, originaire de la Perse proprement dite. Le mouvement qui la portait s'inspirait d'un enthousiasme nouveau pour la tradition nationale de l'Iran et pour ses institutions religieuses. Déjà, sous le premier souverain, Ardaschir (224-241), il avait fallu lutter pour conserver la Mésopotamie: à peine réussit-on à en garder les places fortes. Sapor T"", successeur d'Ardaschir, se rendit maître de l'Arménie (253). E^ien n'empêchait plus les cavaliers perses de se précipiter sur la Cappadoce et la Syrie. Il n'y manquèrent pas. L'empereur Valérien se transporta en Orient et les repoussa au delà de l'Euphrate: mais, comme il se portait au secours d'Edesse assiégée, il fut fait pri sonnier par les Perses et mourut bientôt en captivité. Son fils Gallien lui succéda à Home; en Orient la disparition de l'empereur désorganisa la défense. Les Perses pouvaient tout sur la Syrie et l'Asie-Mineure. Antioche tomba entre leurs mains par surprise; elle fut piUée et brûlée ; ses habitants, en très grand nombre, furent emmenés captifs. On en forma une colonie au

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