‹ Histoire ancienne de l'église (volume 4)Chapitre 40 sur 68 · Le schisme de Xovatien · texte numérisé non relu

Le schisme de Xovatien

Pendant ce temps-là Xovatus s'occupait à diviser réglise romaine. A Eome, comme à Cartilage, les confesseurs étaient hautement considérés. Ceux surtout qui étaient encore en prison se voyaient entourés d'hommages et consultés comme des oracles. Novatus commença par se mettre en rapport avec Xovatien, qu'il séduisit facilement: puis il essaj^a de gagner les confesseurs. E n'y réussit pas d'abord. Moïse resta fidèle à Cyprien €t déclara qu'il n'entrerait point en commmiion avec la coterie des cinq prêtres de Carthage. 3Iais après sa mort, qui arriva en janvier ou en février 251, ses compagnons de captivité se laissèrent séduire et joignirent leur influence à celles que Xovatus et Xovatien groupaient autour d'eux. Ce dont il s'agissait, c'était de faire ehre mi pape qui ne reconnaîtrait pas Cyprien comme légitime évêque de Carthage et qui protégerait le com-

' De Lapsis, De Ecdesiae unit cite.

pétiteur qu'on lui préparait. De principes dogmatiques ou disciplinaires on n'en avait pas encore: mais on entendait exploiter, à Eome comme en Afrique, le prestige des confesseurs. Le futur successeur de saint Pierre devait être le pape des confesseurs, comme à Carthage le parti anticj'prianiste se proclamait le parti des confesseurs.

Ces calculs furent déçus. L'élection eut lieu vers la mi-mars: les ennemis de Cyprien ne parvinrent pas à empêcher le choix d'un candidat étranger à leurs \iies, le prêtre Cornélius. Ils s'empressèrent de l'attaquer violemment, lui imputant, entre autres crimes, d'avoir reçu un certiiicat de sacrifice et d'avoir commmiiqué avec des apostats déclarés. Par les soins de Novatus une protestation motivée arriva à Carthage en même temps que la notification de l'ordination de Cornélius. Elle était rédigée au nom d'un prêtre de Eome, de Novatien probablement. Cyprien et les évêques africains qui commençaient à se réunir autour de lui jugèrent qu'il y avait lieu de se renseigner exactement : ils attendirent les procès-verbaux officiels de l'élection et dépêchèrent même deux évêques à Rome. Pendant ces délais \ le parti op-

1 II faut en effet distinguer deux temps dans la compétition de Novatien. D'abord on proteste contre Cornélius et son élection, mais sans en faire une autre. Saint Cyprien distingue très bien ces deux ^îliases et les deux ambassades que les schismatiques envoyèrent successivement à Carthage. Ep. XLV, 1: Divprme partis obsiinata et inflexihilis pervicacia non tantum radicia et matris sinitm adque compleriim recusarif, sed etiam (jliscente et in peins recrudescente discordia episcopum aibi conMi-

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•posé à Cornélius élisait un autre évêque, Novatien luimême \ et faisait diligence pour le faire reconnaître dans toute l'Eglise. A cette nouvelle 'et sur des renseignements qui lui furent envoyés de Rome, Cyprien reconnut officiellement Cornélius.

Ainsi le schisme novatien, qui devait donner lieu à mie secte importante, ne s'est pas fait d'abord sur une question de doctrine, mais sur une question de personnes. Novatien n'avait pas de principes spéciaux sur la pénitence. Novatus, par ses antécédents à Cartilage, devait être favorable plutôt que contraire à la mitigation de la discipline. Pendant les controverses de l'année

fuit... c. 3. Cmn ad me talia adversum te et conpresbyteritecinn considentis scripta venisseid. Ici, il s'agit de la première lettre contre Cornélius, expédiée par Novatien encore prêtre. Cyprien note (Ep. LV, 8) que Cornélius est devenu évêque alors que la place de Fabien, c'est-à-dire de Pierre, était vacante, tandis que de Novatien on n'en pouvait dire autant.

^ Cornélius, dans une de ses lettres à Fabius d'Antiocbe (Eus., "VI, 43), dit que Novatien envoj'a chercher dans un coin de l'Italie trois évêques, gens simples et sans culture là-j-p^t-'-s-»; xaî à-Xs'jjTàrj'j; ) qui lui conférèrent l'ordination après boire. L'un d'eux denaanda pardon à Cornélius, qui l'admit à la communion laïque ; les deux autres furent aussitôt poui-vus de successeurs. Pour les détails de ce geni-e, je n'ai déjà fait ici-dessus, p. 325) et je ne fais ici qu'un usage discret de cette lettre à Fabius, où Novatien est malmené avec cette ardeur dont les anciens usaient volontiers dans leurs invectives. Le rédacteur de cette pièce dépasse évidemment toute mesure, jDar exemjjle lorsqu'il attribue la conversion de Novatien au diable, lorsqu'il doute de la validité de son baptême, lorsqu'il tourne en ridicule sa science théologique. Plusieurs des traits lancés conti-e l'importun compétiteur atteindraient aisément le pape Fabien (c'est lui sans doute qui éleva Novatien au sacei-doce) et les chefs de l'église romaine pendant la persécution de Dèce.

précédente, c'est Xovatien qui avait rédigé les lettres du clergé et des confesseurs romains, ces lettres, qui, nous dit saint Cyprien ', « furent envoyées dans le monde » entier et portées à la comiaissance de toutes les églises » et de tous les fidèles » . Or, dans ces lettres, deux points étaient réglés: d'abord que les lapm de\siient être admis à la pénitence, la durée et les conditions de celle-ci étant renvoyées à l'examen des évêques, qui décideraient aussitôt la paix rétablie : ensuite que ceux des faillis qui seraient en danger de mort pourraient être réconciliés ^. Pendant la persécution, Novatien avait réussi à échapper aux recherches, mais sans faire preuve d"un héroïsme extraordinaire ^. On ne pouvait donc prévoir qu'il se ferait le champion de la sévérité. Mais une fois le schisme organisé, il était inévitable qu'on n'adoptât dans la grande question du moment une attitude et des principes opposés à ceux de Cornélius.

Le concile de Carthage, enfin réuni, vers le milieu de mai, sous la présidence de Cyprien, décida que tous les lap^'i sans distinction, pourvu qu'ils fussent repentants, seraient admis à la pénitence et réconciliés au moins au moment de la mort: que, selon la gravité des cas, la pénitence serait plus ou moins longue : que les évêques, prêtres et autres clercs pourraient être admis à la pénitence, comme les autres, mais non pas réintégrés dans leurs fonctions. Ces décisions furent transmises à

1 Ep. LV, 5.

2 Ep. XXX, 8.

, 3Eus., YI, 43, § 16.

Home. Cornélius, comme la plupart des membres du clergé romain, était dans les mêmes sentiments que les évêques d'Afrique. Cependant il voulut donner toute l'autorité possible au règlement d'une affaire à laquelle tant de gens étaient intéressés; à cet effet, il convoqua de son côté à un grand concile tous les évêques d'Italie. C'est alors que les positions se dessinèrent et que le parti de Novatien devint le parti de la discipline rigoureuse. Point de réconciliation entre l'Eglise et les déserteurs, anatlième perpétuel aux idolâtres ! Tel fut le mot d'ordre de la nouvelle secte. On ne prétendait pas empêcher les apostats de faire pénitence : on les j engageait même fortement, mais en leur enlevant tout espoir de rentrer dans la fraternité chrétienne, fût-ce à leur dernier soupir. Ce traitement avait été autrefois apphqué aux adultères aussi bien qu'aux apostats : mais depuis longtemps on ne le maintenait plus que pour ces derniers. Xovatien et ses adhérents protestèrent qu'il fallait s'en tenir là et ne pas faire aux apostats la concession que l'on avait faite aux adultères. Ce fut là tout le novatianisme primitif. Une fois séparée de l'Eglise, la secte ne manqua pas de greffer des particularités nouvelles sur cette première dissidence. A son début elle se borna à protester contre l'adoucissement d'une mesure disciplinaire qui, adoptée et appliquée en des temps où l'apostasie ne se produisait que sous forme de cas isolés \ ne pouvait être maintenue en présence des dé-

^ Telle continua d'être la discipline, en temps ordinaire: le concile d'Elvire en témoigne foi-t clairement, à la fin du IIP siècle.^

faillaiices innombrables qu'avait provoquées une persécution universelle et extraordinairement rigoureuse;

Cette position théorique avait de grands avantages. C'est elle qui explique le succès relatif du nouveau schisme. La considération personnelle de Xovatien et l'activité prodigieuse avec laquelle ses adhérents, Novatus en particulier, s'appliquèrent à discréditer Cornélius, j contribuèrent aussi beaucoup. Le concile de Rome se réunit. On y vit soixante évêques, sans compter les prêtres et les diacres, tant ceux de Home que ceux qui accompagnaient ou représentaient leurs évêques. Les lettres du concile de Carthage furent lues devant cette assemblée. Elles proclamaient le principe de la réintégration des Japsi et invitaient les évêques italiens à condamner l'auteur du nouveau schisme. Ce vœu fut satisfait : Novatien et ses adhérents furent chassés de l'Eglise et la discipline du concile d'Afrique fut solennellement approuvée. Ces décisions furent consignées dans une lettre synodale à laquelle furent apposées les signatures des évêques présents avec les adhésions des absents.

Fort de cette double manifestation de l'épiscopat d'Italie et d'Afrique, Cornélius se hâta d'expédier partout des exemplaires des documents synodaux avec des renseignements sur Xovatien et son schisme. En Afrique Cyprien l'ajjpuyait énergiquement : il n'y eut qu'un petit nombre d'hésitations, très isolées \ Cependant on envoya à Carthage un évêque. Evariste. qui avait été l'un des

^ Voir surtout la lettre à Antouiauus (ep. LV).

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consécrateurs de Novatien, un diacre romain, Nicostrate. confesseur de la dernière persécution, et divers autres personnages, qui réussirent à organiser une petite église novatienne dans la métropole de l'Afrique, avec un certain Maxime pour évêque. Des succès analogues furent sans doute obtenus sur quelques points. En Gaule, Marcien, évêque d'Arles, accepta la communion de Xovatien et appliqua ses principes sur les apostats. C'est la seule défection sérieuse qui soit constatée en Occident. En Orient les choses allèrent beaucoup plus loin. Les idées de Novatien trouvèrent accueil en divers endroits de r Asie-Mineure. L'évêque d'Antioche. Fabius, les patronnait ouvertement. Cependant, comme il ne siégea que peu de temps et que ses collègues de Syrie, de Cappadoce et de Cilicie, étaient d'un autre avis, le mouvement fut enra3"é d'assez bonne heure. Il avait du reste contre lui l'autorité, considérable à tous égards, de l'évêque d'Alexandrie, Denys. Celui-ci était dans les mêmes idées que Cornélius et CyjDrien. Dès le temps de la persécution, il avait ordonné de réconcilier les lapsi à leur lit de mort : aussitôt que la paix avait semblé renaître, il avait envoyé dans toute l'Egypte une sorte de tarif pénitentiel où les différents cas étaient distingués et soumis à des pénalités graduées. Les lettres de Novatien ne lui firent aucun effet : il y répondit très franchement, quoique très doucement, suivant sa coutume, en déclarant au compétiteur de Cornélius que ce qu'il avait de mieux à faire, c'était d'abandomier son prétendu épiscopat. Il s'employa aussi avec beaucoup de

zèle à ramener les confesseurs romains qui s'étaient égarés dans le schisme. C'était là une affaire très importante. Cyprien s'y appliqua de son côté avec la même ardeur. Ces deux grands évêques, dont la situation et la caiTière ont tant de traits de ressemblance, observèrent ici. sans se concerter, une attitude identique. Ilsréussirent. Les confesseurs de Eome, touchés de la gràce^ se séparèrent presque tous de Novatien : ils revinrent à l'Eglise, où Cornélius et les siens leur firent le meilleur accueil. On réintégi'a même dans leurs dignités ecclésiastiques ceux qui en avaient été revêtus. Ce fait enlevait à Novatien le plus clair de son prestige aux yeux des populations chrétiennes. Cornélius et ses deux alliés, Denys et C^-prien, ne manquèrent pas de donner le plus grand retentissement à une conversion si opportune.

Les lettres écrites à ce propos ne sont pas les seules œuvres de plume qui aient été dirigées contre Novâtien. Nous a\^ns encore, sous le titre Ad Xocatianiim, une sorte d'homélie où il est pris assez vivement à partie. Elle paraît bien avoir été écrite à Eome ^

La petite église se maintint cependant : un certain nombre de fidèles « fermes dans TEvangile » « demeura groupé autour de Novâtien. Celui-ci, outre ses écrits de propagande, multipliait les instructions à ses disciples. Xous avons des spécimens de cette littérature dans son

» M. Harnack y voit l'œuvre de Xyste II ( Texie u .U.,t. XIIT, 1; cf. t. XX, 3, p. 116; ChronoL, t. II, p. 387).

' Xoi-atiouiis 2)lebi in Evangelio perstanti xaiufem, titre dir De cibis.

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De cihh iudakh; très probablement aussi dans le De spectcmdh et le De hono pudicitiae. Ces compositions et quelques autres ' pour lesquelles on a pu revendiquer la même provenance, nous sont parvenues sous le couvert de saint Cyprien. Saint Jérôme en connaissait bien d'autres l Les trois dont j"ai marqué les titres ont cela de commim qu'ils ont été écrits en un temps de persécution, sous Gallus ou sous A^alérien, alors que Novatien était séparé de ses disciples. D'après une tradition conservée dans sa secte ', il aurait figuré parmi les victimes de la persécution de Valérien.

A Carthage, la coterie de l'indulgence, qui, depuis de longs mois, exploitait contre Cvprien la vanité des confesseurs et l'empressement indiscret des lap.si, dut être bien surprise du pli que les choses avaient pris à Rome. Novat. passant d'un extrême à l'autre, organisait, avec les confesseurs romains, un parti de sévérité intransi-

1 AdversuH ludaeos, De laude mcuiyrU, Quod idola dii non siiif.

^ Dp Pascha, De sabbafo, De circumcisione, De sacerdofe, De oratione, De insfantia, De Attcdn.

3 Socrate, H. E. lY, 28: Euloge. évêque d'Alexandrie à la lin du VI« siècle, a eu sous les yeux une « isassion » de Novatien, composition fabuleuse et sans valeur. Un martyr Novatien est marqué au 29 juin dans le martyrologe hiéronymien ; je pense que c'est le même qui figure déjà au 27, en tète d'une liste d'apparence africaine. Il serait bien invraisemblable que le fondateur du schisme ait été marqué dans les calendriers de la grande église. Le calendrier romain qui fait partie de la compilation pseudohiéronymienne a été arrêté vers 422, peu après que les dernières églises novatiennes de Rome eussent été fermées.

^IQ CHAPITRE XX.

geaute. D'autre part, le concile de 251. par sa miséricorde à regard des libellatiques et autres lajJt;! moins compromis, avait enlevé aux fauteurs du schisme une bonne partie de leurs clients. Félicissime essaya pourtant de se maintenir. H se fit ordonner diacre, c'estràdire trésorier, de la contre-église que Ton allait fonder. On battit toute l'Afrique pour recruter des adhérents. surtout dans l'épiscopat, en vue d'opposer un concile à celui de Cyprien, de le déposer lui-même et de proclamer la discipline commode qui était le but ou le prétexte de toute cette intrigue.

Le succès fut médiocre. On avait amioncé vingt-cinq! évêques : cinq seulement se présentèrent, dont trois apostats et deux hérétiques. L'un de ces derniers était ce! même Privât de Lambèse qui avait été déposé quelques années auparavant dans un grand concile. En même, temps qu'eux plus de quarante évêques aiTivaient à Car-j thage pour le concile (le second après la persécution que Ton avait coutume de tenir en mai. Ce concile s'asj sembla le 15 mai 252. Privât chercha à s'y faire admet! tre pour plaider sa cause et obtenir sa réhabilitation i ce fut en vain. Le concile, ayant égard à la perséouj tion que le nouvel empereur GàUus déchaînait en c»| moment sur l'Eglise, accorda la commmiion aux îajysi d-j toute catégorie qui jusqu'alors avaient fait consciencieii] sèment pénitence. Cette disposition diminuait encore lej raisons d'être de l'opposition. Cependant elle n'atte gnait pas les partisans de FéHcissime, qui, depuis plu d'un an. formaient schisme et n'observaient aucune sort

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de pénitence. Aussi ne laissèrent-ils pas de tenir un petit concile contre le grand. Ils y prononcèrent une sentence de déposition contre Cjprien et lui ordonnèrent un successeur, dans la personne de Fortunatus, mi des cinq prêtres dissidents. Cyprien ne s'en émut guère. Il avait pour lui tout l'épiscopat d'Afrique et toute la population chrétienne de Carthage, sauf un petit nojau d'intrigants, auxquels on donnait volontiers, du nom de leur chef, le sobriquet d'Infelicis.s-iniL

Félicissime, cependant, partit pour Rome avec quelques-uns des siens ; ils s'eiforcèrent de faire reconnaître le nouvel évêque Fortunat. Le pape Cornélius les écarta de réglise: mais, comme ils faisaient tapage contre Cyprien et menaçaient de publier des lettres de Fortunat, pleines d'infamies contre lui, Cornélius prit peur et consentit à recevoir ces documents. Cette concession, dont nous ne saisissons pas bien les modalités, irrita fort l'évêque de Carthage, lequel n'était pourtant pas homme à s irriter sans raison.

C'était un second nuage qui s'élevait entre deux évêques dont l'union est pourtant restée célèbre. Au commencement de son épiscopat, Cornélius avait été blessé du retard que Cyprien avait mis à proclamer son ordination et des précautions qu'il avait cru devoir prendre pour la vérifier ' : Cyprien, à son tour, fut singulièrement étonné de la timidité de son collègue et des doutes qu'il •semblait autoriser contre ses droits à occuper le siège

' Ep. XLY, XL VIII.

Ddciiesntî. Ilisf. anc. de l'Ef/l. - T. I. 27

de Carthage. Il se j^laigiiit à Cornélius avec autant d'éloquence que de franchise ' . On était alors à l'été de Tannée 252. La persécution de Gallus, qui s'annonçait déjà^ allait changer le tour des préoccupations de Cyprien à l'égard de l'évêque de Eome. Aussitôt qu'il le sut exilé, il s'empressa de lui écrire une lettre de félicitations*. Lui-même il put, cette fois, demeurer au milieu de seR fidèles, en dépit du peuple fanatique de Carthage, qui. à chaque instant, réclamait sa tête. L'amiée suivante, CorneHus étant mort en exil, Lucius fut élu à sa place par l'église de Eome. Lui aussi, il fat exilé, mais peu de temps. La tranquillité revint : Lucius rentra à Eome. Cyprien, qui l'avait félicité de sa confession, lui écrivit encore pour s'associer, avec l'épiscopat africain, à la joie des fidèles de Eome ^ .

Ces lettres, comme, du reste, toute la correspondance de saint C3T)rien, témoignent de l'union entre les deux sièges de Eome et de Carthage, de leurs fréquentes relations et du respect particulier des Africains pour l'égHse de Eome, « l'égUse principale iprindimlis), d'où procède l'unité sacerdotale » " . Sous le pape Etiemie, successeur de Lucius, ces rapports devinrent moins aimables; il^^ traversèrent même une crise assez délicate.

1 Ep. LIX.

2 Ep. LX.

3 Ep. LXI.

4 Ep. LIX, U.

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