‹ Histoire ancienne de l'église (volume 4)Chapitre 50 sur 68 · LA THÉOLOGIE EN ORIENT · texte numérisé non relu

LA THÉOLOGIE EN ORIENT

i puisse être ce jugement, Pierius fut en grande renommée ! parmi ses contemporains : on l'appelait le second Origène 1 (Origenes iunior). Il vécut longtemps, jusqu'à la grande I persécution, et même au delà. Son plus illustre disciple, Pampliile de Césarée en Palestine, périt alors pour la foi (309): il voulut écrire sa vie. Lui-même, d'après cer- \ taines traditions, serait mort martyr avec son frère Isi- ' dore. Cependant saint Jérôme rapporte qu'il se retira ' à Eome et y demeura jusqu'à sa mort \ ! Dans les dernières années avant la persécution, l'éj cole avait à sa tête un autre docteur, Achillas, revêtu, lui aussi, ' de la dignité presbytérale. Il devint même évêque, comme Héraclas et Denys, après le mart3'r Pierre. Eusèbe relève beaucoup sa vertu, son austérité ; mais il ne dit rien de sa doctrine, qui serait intéressante à connaître, car nous arrivons à un moment où la théologie origéniste va subir de rudes assauts. L'évêque Pierre écrivit, sur l'àme ^ et sur la résurrec-

1 Théodore, avocat-poète d'Alexandrie, cité au V« siècle par Philippe de Sidé {Texte u. U., t. V, fasc. 2, p. 171 ; cf. Photius, II. ce.) disait que Pierius et son frère Isidore furent martyrs et qu'ils avaient un grand temple (vas-* aî-^'t^To-i) à Alexandrie. Il est sûr qu'il y avait à Alexandrie une église de Pierius (Epiphane, Haer., LXIX, 2). Peut-être a-t-on confondu deux Pierius distincts.

* Procope de Gaza, In Gènes., III, 21 (Migne, F. G., t.LXXXVIII, p. 221) ; Léonce de Byzance (Mai, Scrijyf. réf., t. VII, p. 85) et Justinien [Ep. ad Menam, P. G., t. LXXXVI, p. 961) citent un livre de Pierre -^spi xsîi u.rZï -p;ij-âp/stv t/jv (j/uy/r.-j [j.r.oi àu.ap7r,oa<ja>< tsùto îî; o-oaa pArsrvai, où la préexistence des âmes et leur déchéance antécédente à leur union avec les corps sont traitées de conceptions païennes {DJ.r,-n/.r,; 'j'.Xscij'^ia;) et étrangères à la piété chrétienne.

tion ', des livres où plusieurs points essentiels du système étaient battus en brèche.

La haute culture religieuse dont le didascalée d'Alexandrie était le principal organe ne pouvait, je l'ai déjà dit, intéresser qu'une élite. Encore que l'illustre école fût généralement dirigée par des prêtres de l'éghse et que plusieurs de ses chefs eussent été portés par l'élection aux honneurs de Tépiscopat, les masses chrétiennes demeuraient en dehors de son influence. La propagation de l'Evangile dans l'intérieur de TEgi^pte. très rapide au IIP siècle, amena au christianisme des populations d'un hellénisme faible, ou même nul ^,chez lesquelles il était difficile d'acclimater de hautes conceptions philosophiques. D'autre part, les doctrines de l'école, spithétisées par Origène, avaient quelque chose d'inquiétant, même pour les chrétiens cultivés, gnostiques, auxquels elle faisait pourtant un sort si distingué. On pouvait, même si l'on avait reçu une brillante éducation philosophique, estimer que cet avantage n'a qu'une valeur rehgieuse très indirecte et que le salut ne se fait pas par la théologie. Du reste, l'histoire d'Anatole le prouverait au besoin, le platonisme, ancien ou nouveau, sur lequel vivait le didascalée, n'était pas la seule philosophie qui fût cul-

^ Sept fragments du traité sur la résurrection se sont conservés en syriaque; v. Pitra-Martiu, Anal., t. lY, p. 189 et -l'i!), en écartant le premier (II A) qui provient d'un autre livre de Pierre, sur la Divinité (~spi 5s5tt.t5:), cité au concile d'Ephèse, et dont quelques fragments ont été tirés aussi des mss. SN'riaques par P. Martin (/. c, p. 187, 425).

^ Les versions coptes de la Bible sont de ce temps-là.

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