LA THÉOLOGIE EX ORIEXT
iiisse, sur less martyrs, contre Porphyre. Cette littérature variée, qui s'étend de Texégèse à Tapologie, de la métaphysique à la morale, donne lidée d'un esprit ouvert dans bien des directions. Plusieurs des dialogues, notamment ceux sur la résurrection et sur les créatures, contenaient une polémique très vive contre les idées d"Origène. Aussi Eusèbe s'est-il abstenu de mentioimer Méthode dans son histoire ecclésiastique. Il fallut bien parler de lui dans V Apologie. Au rapport de saint Jérôme ', Eusèbe y rappelait à Méthode qu'il avait eu jadis d'autres sentiments pour le grand docteur ^. 11 est à croire que l'évêque d'Ol^^mpe persistait à admirer le génie d'Origène, tout en critiquant ses écarts.
Lui-même, par un retour assez fréquent, donna lieu à des appréciations sévères. Photius ^, non sans raison, trouve que le Banquet contient des expressions peu correctes; il va même, par charité, jusqu'à supposer que des interpolations, ariennes et autres, ont pu se produire. Cela n'est guère probable : mais Méthode écrivait avant que les débats théologiques du IV et du V siècle n'eussent précisé le langage et même les notions théologiques. En dépit de ses bizarreries, son nom demeura respecté. On lui sut gré d'avoir malmené Origène et
' ApoL I adc. Ub. Uiif., c. 11.
^ Socrate aussi, H. E., VI. 13, dit que, dans son dialogue intitulé Xénon, Méthode parlait d'Origène avec admiration. Il est possible que ce dialogue soit identique à celui sur les Créatures (Photius, cod. 235), où figure en efiét un interlocuteur appelé Xénon.
3 Cod. 237.
Duchesse. IIM. anc. de VEijh - T. L S'^
relevé la virginité. Sa carrière, clu reste, se termina par le inart3're.
A Antioclie, la déposition de Paul de Samosate n'avait pas fait évanouir toutes les diliicultés. Domnns, le successeur que lui avait donné le concile, paraît avoir siégé peu de temps; il en fut de même de Timée, qui vint après lui. L'épiscopat de Cyrille s'étendit au contraire sur plus de vingt années, jusqu'à la veille de la persécution. On ne sait rien du gouvernement de ces évoques, si ce n'est qu'ils tinrent rigueur airx partisans de Paul, ce qui est bien naturel. Ceux-ci s'étaient organisée en une petite église, qui fit parler d'elle jusqu'au temps, du concile de Nicée. Mais l'opposition était représentée aussi par une école, celle du prêtre Lucien.
Lucien ^ était un très savant homme : on vanta bientôt * ses travaux sur le texte de l'Ancien Testament^ qu'il corrigea d'après l'hébreu, car il possédait cette langue : sa recension fut adoptée par la plupart des égli-
* D'après sa légende, qui montre elle-même quelque hésitation sur ce point (w; 5 <7=;t aùrsî Xs'75;', Lucien serait né à Samosate, de parents distingués; dans sa première jeunesse il aui-ait suivi à Edesse les leçons d'un exégète célèbre, appelé Macaire. Tout cela est bien douteux. Le narrateur paraît s'être plus inspiré du souvenir de Lucien le satirique et de la célébrité des écoles d'Edesse au Y^ siècle que d'une tradition sérieuse. Il a, du reste, écrit assez tardivement, car il dépend de Pliilostorge. Sur ceci v. Pio Franchi de' Cavaliei-i dans les Stndi e doc. cU storia e diritto, 1897. p. 110 et suiv. ; cf. Xuovo linU. di archeol. crist., 1904, p. 37.
2 Saint Jérôme, Praef. i)i Ere, in Paralip., ep. 106.