‹ Histoire ancienne de l'église (volume 4)Chapitre 58 sur 68 · Le JfanicJiéi.sme · texte numérisé non relu

Le JfanicJiéi.sme

En cette fin du IIP siècle, toutes les vieilles puissances religieuses semblaient conjurées contre le succès, toujours croissant, du christianisme. Autour de Mithra, du Soleil et de Cybèle, tout ce que l'Asie romaine avait produit de cultes et de mystères se ralliait en faisceau: l'hellénisme éta^'ait l'iuie par l'autre sa m^^thologie et

1 Porphyre laissa, après tout, im souvenir assez imposant, même chez les écrivains ecclésiastiques. Ceux-ci ne l'aimaient guère, et ils avaient leurs raisons pour cela. Saint Jérôme lui a décerné toutes les injures dont sa verve pouvait disposer, et ce n'est pas peu dire: impudent, fou, sycophante, calomniateur, chien enragé, etc. Saint Augustin en parle (De civ. Dei, XIX, 22, 23) en un tout autre style. L'Introduction {Isagoge) de Porphyre aux catégories d'Aristote était, au moyen-âge, un manuel classique.

sa philosophie. Conrme si ce n'était pas assez, une religion nouvelle arriva de Perse. Avant de mourir toutà-fait, la vieille Bab^done poussa encore, dans sa décrépitude, un rejeton et un rejeton puissant, le Manichéisme ^

Mâni^, l'initiateur de ce mouvement, naquit près de Ctésiphon, la résidence d'hiver des rois Parthes, en 215-6.

' Sur les origines du manichéisme et sur ses doctrines la meilleure source est le Fihrist, ouvrage arabe d'Aboulfarage, terminé à Bagdad en 988 (éd. de Flùgel, Leipzig, 1871 ) : on y trouve nombre d'emprunts aux livres manichéens du premier âge. D'autres écrivains ai-abes ou persans, postérieurs à celuilà, ont été renseignés de la même façon. Aphraate l'hom. 2) et saint Ephrem ont parlé du manichéisme : mais l'auteur syriaque le plus important est Théodore Bar-Choni (IX« siècle) qui, lui aussi, reproduit des textes manichéens originaux. Voir son livre, intitulé Eakolion, dans Pognon, Inscriptions manda'ites, Paris, 1899. — Eusèbe {H. E., VIT, 31) ne dit qu'un mot du manichéisme. Les auteurs postérieurs, grecs et latins, dépendent presque toujours des Actes d'Archélaiis, dialogue fictif, composé vers 320 en syriaque, par quelque clerc d'Edesse, puis traduit en grec et du grec en latin. Les ouvrages antimanichéens de saint Augustin ont une valeur spéciale ; l'auteur avait appartenu pendant neuf ans à la secte manichéenne, il est vrai dans la catégorie des auditeurs ou catéchumènes, à qui on ne confiait pas tous les secrets; cependant il est renseigné sur beaucoup de choses. Encore faut-il tenir compte de ce que le manichéisme africain, à la fin du JY^ siècle, devait s'être assimilé bien des éléments chrétiens, étrangers à sa constitution première. Les meilleurs livres d'exposition sont ceux de Flugel, Mani, seine Lehre und seine Schriften (1862); Kessler, Untersuchungen zur Genesis des manichaeische Religionssystems (1876), et son article Mani dans l'encyclopédie de Hauck.

^ La forme grecque est Mi--r,; ; en latin on dit aussi Manichaeus: c'est la forme employée par saint Augustin. La ressemblance de Mdvy,; avec w.avci;, fou, a naturellement été exploitée par les controversistes.

, Son père, Fâtak-Bâbak, était originaire d'Ecbatane en Méclie (Hamadani; sa mère appartenait à la famille, alors régnante, des Arsacides. Fâtak (lly.Tr/.-.o;) se convertit de bonne heure aux idées religieuses des Moglitasilas, secte baptiste du bas Euphrate, apparentée aux Mandaïtes actuels, et s'en alla vivre parmi eux, emmenant avec lui son fils. Celui-ci aurait eu, dès l'âge de douze ans, la révélation de sa doctrine, qu'il ne manifesta toutefois que bien plus tard. Ses premières prédications eurent lieu à la résidence royale, en 242, au milieu des fêtes du couronnement de Sapor I.

Mâni se présenta nettement comme un envoyé du vrai Dieu, chargé d'une mission auprès des hommes, comme Bouddha l'avait été dans l'Inde, Zoroastre en Perse et Jésus en Occident. Le succès fut médiocre. Le clergé mazdéen ne voulut point entendre parler d'une réforme qui menaçait la religion zoroastrienne. Quant au roi Sapor. il témoigna de telles dispositions que Mâni fut obligé de s'exiler. Pendant bien des années il vécut en dehors de l'empire perse, dans les pays au nord et à l'est. Soit par lui, soit par ses disciples, sa religion se propagea rapidement dans le Kliorassan, le Touran (Turkestan), la Chine et l'Inde: même à l'intérieur de la Perse elle trouva beaucoup d'adhérents.

Revenu à Ctésiphon, après trente ans d'exil, il conquit à sa doctrine Pérôz, frère de Sapor, qui lui ménagea une entre\n.ie avec le souverain. Sapor lui promit de tolérer ses communautés et lui fit même espérer son adhésion. Mais, sous l'influence des prêtres du

feu, une réaction se produisit. Màni fut emprisonné. Délivré à la mort de Sapor (272), il demeura en liberté pendant le règne fort court crHormizd. Le roi Bahrâm le fit arrêter de nouveau. Le prophète fut crucifié à Gmiclesapour, près de Suse, en 276-7. Son corps fut écorclié, et sa peau, remplie de paille, fut accrochée à l'une des portes de la ville, qui conserva longtemps le nom de porte Mâni. Les Manichéens furent dès lors en butte à de cruelles persécutions.

La fin tragique du fondateur n'arrêta pas les progrès de la nouvelle religion. C'est à partir de ce moment qu'on la voit se répandre vers l'ouest et envahir l'empire romain. Dans sa Chronique, Eusèbe rattache à la quatrième année de Probus (279-80) les débuts de Manès, ce qui doit s'entendre de la propagande manichéenne à l'occident de la Perse '.

En terre romaine le manichéisme se chargea bientôt d'éléments nouveaux, propres à le rattacher au christianisme, très puissant en Syrie et dans les provinces voisines. Eusèbe sait déjà que les Manichéens présentaient leur prophète comme le Paraclet promis dans l'Evangile' et qu'ils lui associaient un groupe de douze apôtres. Mais ce sont là des détails " secondaires. Le manichéisme n'est nullement une hérésie chrétienne, une dérivation irrégulière de TEvangile ; c'est vraiment une religion nouvelle. Et ce n'est pas luie religion natio-

' Dans sou Histoire ecclésiastique, Yll, 31, il constate que le manichéisme, venu de Perse, était déjà fort répandu; se rappeler qu'il écrivait dans les premières années du r\'« siècle.

LA KÉSISTAXCE AU CHRISTIAXISME 55i>

nale : elle se dressa contre le culte officiel de l'état perse, le zoroastrisme ou mazdéisme, avant d'aller détourner de leurs cro^-ances les bouddhistes de l'Lide et les chrétiens de l'empire romain. C'est une religion à prétentions universalistes. Voici ce qu'elle enseignait ' :

Il y a deux choses essentielles et essentiellement opposées, la Lumière et les Ténèbres. On les conçoit comme deux ro3'aumes. Dans le premier règ-ne le Dieu suprême, de qui rayonnent dix ou douze vertus. l'Amour, la Foi la Sagesse, la Bonté, etc. Ce royaume a un ciel et une terre, lumineux l'un et l'autre. Au dessous est le domaine des Ténèbres, sans Dieu ni ciel, mais avec une terre. Là habite Satan avec ses démons, qui lui forment cortège, comme les éons lumineux au Dieu de lumière.

Les deux royaumes se touchent par un côté, et c'est j)ar là qu'ils se font la guerre. Satan parvient un jour à envahir la terre lumineuse. Dieu alors engendre avec l'Esprit de sa droite (syzygie) un être nouveau, l'Homme primitif, et le lance contre Satan. Celui-ci triomphe un mouient. Dieu vient à la rescousse avec ses anges et répare l'échec de l'Homme primitif. Satan est chassé. Mais l'Homme primitif a été quelque . temps entre ses mains ; il lui a dérobé des parcelles lumineuses. De là un mélange des éléments lumineux et ténébreux, et ce mélange commence à se propager par la génération.

^ Je ne donne ici que les traits principaux. La mythologie du manichéisme est aussi compliquée d'aventures que celle des Babyloniens primitifs, avec laquelle elle a des éléments communs.

L'Homme primitif arrête les progrès du mal, mais ce qui est fait est lait.

Avec les éléments complexes déjà formés, Dieu fait le monde actuel, mélangé de bien et de mal. Il comprend une série de ciels, gouvernés par des anges (ou éons) de lumière. Le soleil et la lune y sont les êtres les moins enténébrés. Dans le jji'emier habite l'Homme primitif, dans l'autre, sa syzygie, la Mère de Lumière. Si le monde est l'œuvre de Dieu, opérant, il est vrai, sur des éléments imparfaits, l'homme, lui, est une créature de Satan et de ses acolytes. Satan a mis en Adam, l'auteur de la race, tout ce qu'il a pu dérober d'éléments lumineux ; Eve est composée de même, mais avec beaucoup moins de ces parcelles ; c'est la tentatrice, l'instrument de perdition. Gain et Abel sont les fruits de son commerce avec Satan lui-même ; Seth est le vrai fils du premier couple humain. Il est bientôt en butte à la haine de sa mère, dont toutefois les projets perfides sont déjoués. Eve, Gain et Abel tombent au pouvoir de l'enfer : Adam et Seth, au contraire, sont transportés, après leur mort, dans le royaume lumineux.

Ainsi l'humanité est en proie à la lutte des deux éléments, inégalement combinés daiis les deux sexes. La lumière captive ' tend à se dégager. Les démons cherchent à la retenir, par les passions, l'erreur, les fausses religions, notamment celle de Moïse et des Prophètes, tandis que les esprits lumineux favorisent son

^ C'est elle que les Manichéens d'Occident appelaient Jésus patibilis.

émancipation. De celle-ci la première condition est la connaissance du véritable état des choses C'est pour cela que sont venus les envoyés de Dieu, Noé, Abraham, Zoroastre, Bouddha. Jésus. Par Jésus cependant, il faut entendre ici un Jésus impassible (Jésus impatibilis), mi éon céleste, qui, dès le premier moment vint au secours d'Adam et lui aida à lutter contre Eve et Satan, et non le Jésus historique, lequel n'est qu'un faux messie juif; inspiré par le diable. Des envoyés divins, Mâni est le dernier et le meilleur.

A mesure que les éléments lumineux se dégagent de l'humanité, ils se rendent par le zodiaque et la lune jusque dans le Soleil. De là après une dernière purification, ils atteignent le royaume lumineux lui-même. Les corps, et avec eux les âmes des non élus, demeurent dans le royaume des ténèbres. Le monde finira quand toute la lumière dégageable sera revenue à sa soiu^ce.

D'une telle anthropologie, il ressort que l'on est bon ou mauvais par nature, suivant la proportion d'éléments lumineux ou ténébreux que l'on contient. La seule morale qui se déduise de là est un ascétisme rigoureux. Le but de la vie est d'empêcher la déperdition des éléments lumineux que l'on peut avoir en soi, d'en faciliter le dégagement, et de procurer l'anéantissement ou l'exténuation des autres. La guerre est déclarée au monde sensible. Le disciple de Mâni est marqué de trois sceaux, ceux de la bouche, de la main, du sein. Le premier interdit les paroles impures, l'alimentation animale et l'usage du vin. Quant aux végétaux il est permis de les manger,

DucHESîvE. Eist. anc. de l'Egl. - T. I.

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mais non de les tuer; aussi convient-il de faire cueillir par d'autres les fruits, les herbes, qui doivent servir au repas. Le sceau de la main interdit le contact des objets impurs, celui du sein les rapports sexuels, même dans le mariage. H 3' a beaucoup déjeunes, en moyenne un jour sur quatre, le dimancbe toujours. On doit prier quatre fois par jour, en se tournant vers le soleil, la lune ou l'étoile polaire.

Une telle ascèse est évidemment au dessus des forces communes : aussi n'est-elle pratiquée que par un petit nombre, par les Ekts, qui sont, en somme, les seuls vrais manichéens. Le commun peuple, les auditeurs, peuvent vivre comme tout le monde. Les élus contribuent à leur salut; eux, ils se chargent de l'entretien des élus. Dans la société manichéenne les élus ont la place des moines, des confesseurs, des saints. Au dessus d'eux cependant il y a une hiérarchie : des prêtres, des évêques au nombre de soixante-douze, enfin douze docteurs. L'un de ceux-ci est leur chef et comme le pape du manichéisme. Il devait résider, et résida souvent en fait, à Babylone.

Le culte était très simple; il ne comportait guère que des prières et des chants. Il y avait mie fête au mois de mars, la fête du Bêma, commémoration de la mort de Mâni. On dressait un trône, richement orné, élevé sur cmq marches qui symbolisaient les cinq degrés de la hiérarchie, auditeui's, élus, prêtres, évêques, docteurs. Personne ne s'y asseyait, mais chacun venait se prosterner devant.

Dans cet ensemble de doctrines et de pratiques il est entré sûrement des éléments bien divers, et leurs combinaisons ne sont pas toutes originales. Ce n'est pas pour rien que Mâni et son père avaient si longtemps vécu chez les Moglitasilas. Le livre sacré de leurs descendants \ des Mandaïtes actuels, permet de constater que, dans la doctrine de ces baptistes, une certaine fusion s'était opérée entre les vieiUes légendes babyloniennes et les données bibliques. Un christianisme à formes étranges, rappelant celui des sectes ophitiques et surtout l'elkasaïsme ^ aura poussé au cours du ir siècle dans les détritus de la vieille civilisation chaldéenne. Les juifs étaient fort nombreux en ces contrées. Mâni, comme les Mandaïtes, enseigne le dualisme radical, essentiel, éternel \ Dans ses persomiages célestes, plus d'un trait rappeUe les dieux et les héros babyloniens, Ea, Mardouk, Gilgamès, etc. La préoccupation de la lumière peut venir de la religion iranienne. La Bible a fourni beaucoup de noms. A la différence des sectes gnostiques, qui donnent toujours un rôle supérieur à Jésus, Mâni n'a nul souci de l'Evangile. C'est lui qui est le révélateur et le docteur.

1 Le Trésor (Glnzâ) ou Grand Livre (.S/(7/v? rahhàj ou Livre d'Adam, éd. Petermann, Berlin, 1867. Sur les Mandaïtes, v. surtout rarticle de Kessler dans l'Encyclopédie de Hauck.

^ Mâni ne semble pas avoir bien connu le christianisme orthodoxe. Remarquer le rôle éminent qu'il donne au pa riarche Seth Ce trait fui est commun avec les gnostiques du t>pe

ophitique. Ahrîman n'est, comme notre

3 Dans la religion persane, Ahiiman n e^,r, Satan, qu'une créature dégénérée. Ormuzd est le seul Mai D.cu.

564 CHAPITRE XXVIT.

E laissa divers écrits, supprimés depuis par les autorités chrétiennes, mazdéemies et musulmanes. Le Fihrist en énumère sept principaux : les Secrets, les Géants, les Préceptes aux auditeurs, le Schâpourakân, le ^'ivifiant, la Pragmateia. l'Evangile. Celui-ci était écrit en persan (pelilvi», les autres en araméen. Quelques-uns sont cités par les controversistes chrétiens, surtout par l'auteur des Actes d'Archélaiis et par saint Augustin. Un des ouvrages d'Augustin est consacré à la réfutation de l'EpistoJa Fundamenti, identique avec les « Préceptes aux auditeurs » . L' « Evangile » n"avait de commun que le titre avec les livres chrétiens de cette dénomination. Outre ces traités, un grand nombre de lettres, soit de Mâni lui-même, soit de ses premiers successeurs, avaient été recueillies \

Xous n'avons pas à suivre ici les progrès de la nouvelle secte, ni vers TOrient. où sa projDagande se poursuivit, en dépit des persécutions, jusqu'au temps de l'in^ vasion mongole, ni même vers l'Occident, où. se renouvelant à diverses reprises, proscrite par l'Etat comme par l'Eglise, elle continua pendant dix siècles à les troubler tous les deux. Ce qu'il importe de noter en ce moment, c'est l'accueil prodigieux que rencontra", sur le sol de l'empire romain, cette religion importée de chez l'emiemi héréditaire. Trente ans après la mort de Mâni, Eusèbe est tout ému de son succès. Vers le même temps (296j

1 Fabricius, Bihl. gr., t. ^1P, p. 311. en a ressemblé les fragments connus.

LA RESTSTAXCE AU CHUISTIAXISME 565

l'empereur Dioclétien édictait ^ les peines les plus sévères contre les Manichéens: le feu pour les chefs: la mort pour les autres, sauf les honestiores, que l'on devait envoyer aux mines de Phaeno ou de Proconnèse ; la confiscation pour tous. Enfiji les livres devaient être brûlés.

Ainsi persécutée, la secte manichéenne fut contrainte de dissimuler son existence et de prendre les allures d'une société secrète. Quand le christianisme fut devenu la religion dominante de l'empire, les Manichéens feignirent d'être chrétiens et chrétiens orthodoxes, adoptant le langage et les pratiques de la grande Eglise et les combinant tant bien que mal avec leurs observances.

Il semble que le manichéisme, en se propageant si rapidement vers l'Occident, aurait dû drainer tout ce qui restait des hérésies gnostiques du II* siècle. Apparenté par son dualisme et par sa morale, peut-être même par certains liens historiques, avec les vieilles gnoses syriennes, il était fait pour en recueiUir la succession. Cependant l'absorption ne fut pas si complète . qu'il ne restât encore, au déclin du lY' siècle, surtout en Egj^pte, beaucoup de petits groupes où l'on persistait à se nourrir des doctrines ophitiques et à déchiffrer les grimoires affreux dont la Pistis Sopliki nous a conservé

» Cad. Gregor., IV, 4. La constitution est adressée à Julien, proconsul d'Afrique, et datée d'Alexandrie, où Dioclétien n'a séjourné qu'en 296 et 302. Cette dernière date est, je crois, moins probable qu§ l'autre.

un spécimen. Ces gens-là, malgré tout, étaient chrétiens. Jésus demeurait pour eux le Maître et le Sauveur ; on ne les décidait pas facilement à ne voir en lui qu'un émissaire du diable. Les Bardesanites et les Marcionites, plus sérieux et moins éloignés de l'orthodoxie, firent tête, eux aussi : ils se maintinrent longtemps en Syrie et en Mésopotamie. Au IV siècle il y avait encore beaucoup de Bardesanites à Edesse : au siècle suivant l'évêque de C^-r, Théodoret, trou^•alt à convertir, dans son seul diocèse, jusqu'à dix mille marcionites. C'est à l'Eglise orthodoxe, beaucoup plus qu'à la religion de Mâni, que se rallièrent les derniers tenants du gnosticisme,

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