PAUL DE SAMOSATE
Paul refusa de déférer à ces sentences ecclésiastiques. Fort d'une popularité d'assez mauvais aloi, de sa situation officielle, du parti qu'il avait dans le clergé et surtout de la protection de Zénobie, il continua à se considérer comme évêque et à se maintenir dans la maison épiscopale. C'est en cet état que la querelle fut portée devant Aurélien. L'empereur jugea que le véritable évêque devait être celui que reconnaissaient ceux d'Italie et de Rome. C'était décider contre Paul. Il fut évincé.
La dispute entre Paul et Malchion se conserva longtemps. On la citait encore au VIe siècle. Actuellement il n'en reste que des fragments, qui ne sont pas tous d'une authenticité bien sûre. Cela est d'autant plus regrettable que, de la lettre synodale adressée à Denys et Maxime, Eusèbe n'a reproduit que la partie afférente aux mœurs de Paul et à son caractère, supprimant tout ce qui concernait la discussion de ses doctrines. Un point toutefois est établi par des témoignages du IVe siècle, c'est que le terme ôjxoo'jdto; (consubstantiel), qui fit tant de bruit au temps de Constantin, fut expressément répudié par le concile, sans doute à cause du sens modaliste dont il était susceptible l. Il résulte aussi des fragments conservés que Paul, en maintenant contre la théologie du
1 C'est l'explication de saint Hilaire (De synodis, 81, 86), et de saint Basile (ep. 52); saint Athanase (De syn., 43) en donne une autre, assez subtile. Quelques années auparavant, le pape Denys avait reproché à Denys d'Alexandrie son hésitation à se servir de ce terme. Il est clair qu'on n'y attachait pas partout le même sens.
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Logos les objections de ses' anciens adversaires, avait profité, dans une large mesure, du progrès général d(
la science religieuse. On lui reproche d'avoir aboli h chant des anciennes hymnes et mal par]*' des anciens docteurs, sans doute parce que les uns et les antres rendaient témoignage au Verbe personnel. Mais il avait affiné ses conceptions et son exégèse dans le commerce des maîtres qu'il critiquait. Et c'est bien ce qui embarrassait ses juges : disciples d'Origène, ils retrouvaient sur les lèvres de Paul la langue qu'avait parlée leur maître. Mais ce n'était que la langue. Paul se souciait fort peu de la trinité cosmologique des origénistes : celle qu'il admettait était une trinité de noms; quant à la personnalité du Christ, il ne se mettait pas en peine de la chercher en dehors de son être humain et historique. Sur ces deux points, et quelque critiquables que pussent être les systèmes proposés par ses adversaires, il se trouvait sûrement en désaccord avec la tradition.