Les lies de Crète el de Chypre
appris mes hauts faits en Chaldée, en Syrie. Ils fléchir ant leur orgueil et s’humilièrent eux-mêmes ; ils se présentèrev. devant moi à Bahylone, portant des métaux, de l’or, de l’argent, des vases, des bois d’ébène, et ils s’inclinèrent devant moi. »
Après la longue énumération de ses expéditions militaires et de ses conquêtes, le roi Sargon rend compte des travaux qu’il a entrepris dans l’intérieur de ses États, des villes qu’il a construites, des palais qu’il a élevés ou restaurés, des offrandes qu’il a faites aux dieux de l’Assyrie. C’est avec leur aide, dit-il, que pour remplacer Ninive « il a construit aux pieds des Mousri une ville qu’il a appelée de son nom Hisr SargOun. Nisroch, Sin, Samas, Nebo, Ao, Ninip et leurs grandes épouses qui. régnent en Mésopotamie, ont béni les merveilles splendides, les rues superbes de Sargoun. »
« Les dieux qui habitent cette ville, ajoute le monarque, m’ont béni et accordé pour un temps perpétuel la conservation de la ville et la durée de ce qu’elle contient.
« Mais celui qui attaque les œuvres de ma main, qui efface mes sculptures, qui enlève les vases qui contiennent mes richesses, qui dépouille mon trésor, qu’Assour, Samos, Ao et les dieux qui habileDt cette ville exterminent son nom et sa demeure daus ce pays, qu’ils le fassent à perpétuité esclave de ses ennemis. »
A Sargon succéda Sennachérib (702-680), le roi le plus célèbre de la dynastie. L’inscription de Londres nous fournit sur son règne de précieux détails, qui confirment ceux d la Bible ; elle peut se résumer dans ce qui suit :
« Sennachérib, le grand roi, le roi puissant, roi des légions, roi d’Assyrie, roi des quatre régions, le pasteur diligent, le favori des grands dieux, l’équitable, le fort, le terrible, le premier parmi les souverains, le belliqueux, qui anéantit les impies, qui brise les mécréants. Assour, le grand Seigneur, m’a conféré la royauté sur les peuples, il a étendu ma domination sur tous ceux qui habitent l’univers. A partir de l’Océan supérieur, j’ai réduit sous ma puissance tous ceux qui portent haut la tête
LES ASSYRIENS
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« Dans ma première campagne, je vainquis Mérodach Iîa ■ ladan, roi de la basse Chaldée, et les armées d’Élam dans le voisinage de Kis. Au milieu de la bataille, il s'absenta furtivement; les chariots, les chevaux qui étaient dans la mêlée se tournèrent contre lui ; seul, il s’échappa vers son palais qui se trouve à Babylone. Mais j’ouvris son trésor; je saisis de l’or, de l’argent, des ustensiles d’or et d’argent, son mobilier, ses vêtements, sa femme, ses hommes, ses grands, les hommes à la figure frisée, les esclaves mâles et femelles, les assistants de son palais, je les fis sortir et les vendis comme esclaves. Avec l’aide d’Assour, mon seigneur, j’assiégeai 79 grandes villes fortes de la Chaldée et 820 petites bourgades des environs. Les tribus d’Urbi, d’Aram, de Kaldu, qui se trouvaient dans les villes d’Orchoï, de Nipour, de Iîis, de Chalanné, de Cuth, jeles vendis aussi comme esclaves.... » Dans le cours de sa deuxième campagne, Sennachérib tourna ses armes contre les tribus belliqueuses du nord et de l’est; il traversa la chaîne du Taurus et soumit des contrées où aucun de ses prédécesseurs n’avait encore pénétré.
« Dans ma troisième campagne, continue le grand roi, je marchai vers la Syrie. Louli était roi de Sidon; la grande réputation de ma majesté l’avait terrifié, et il s’était enfui sur les îles au milieu de la mer et avait abandonné son pays. Les villes de la grande Sidon et de la petite Sidon, Betzitti, Acco, Ecdippa, Srepta, les grandes villes, les citadelles, les places de pèlerinage et de dévotion, les temples, tout avait été terrifié par la gloire d’Assour, mon maître; ils se rendirent à moi. J’instituai Toubaal sur le trône de la royauté, je lui imposai le tribut de la dime de suzeraineté.
u. Abdilit d’Arval, Fabaal de Sidon, Mitenti d’Asdod, Kammousounatbi de Moab, Yaurammon d’Édom, les rois de la Phénicie entière, apportèrent avec lui en ma présence de nombreux tributs, ils s’inclinèrent devant moi1.
« Mais Sidka d’Ascalon ne se soumit pas à moi ; j’enlevai ses dieux de la maison paternelle, lui et sa femme, ses fils et
4. n est fait allusion A (ouïes ces guerres dans les prophètes, et particulièrement dans Isaïe. Voy. chap. xv, xvi.
ses filles, ses frères, les rejetons de sa race, et je les conduisis en Assyrie.
« Dans le cours de ma campagne, j’assiégeai et je pris la ville de Bel Daganna, de Joppé, d’Azar, les villes de Sidka, d’Ascalon, qui ne s’étaient pas soumises à mon règne ; j’enlevài leurs captifs.
« Les vicaires, dignitaires et habitants d’Amgarron avaient trahi leur roi Padi, inspiré d’amitié et de zèle pour le roi d’Assyrie, le protégé de Ninip, et ils l’avaient livré à Ézéchias, le Juif.
* Mais leur cœur redoutait les rois d’Égypte ; car les archers, les cb;ws, les chevaux du roi de Méroé, des multitudes innombrables se réunirent et marchèrent contre moi. Dans l’adoration du dieu Assour, je combattis avec eux et les mis en fuite. Les conducteurs des chars et les fils du roi d’Égypte ainsi que les conducteurs des chars du roi de Méroé furent atteints vivants par une main au milieu de la bataille; j’assiégeai et je pris les villes d’AUakou et de Tamna, et j'enlevai leurs captifs. Alors je revins vers Amgarron, je tuai les vicaires et les dignitaires qui s’étaient révoltés, je mis en croix leurs cadavres sur les enceintes de la ville, je vendis comme esclaves les hommes de la ville qui avaient commis des violences, je fis sortir Padi, leur roi, de Jérusalem et je le réintégrai sur le trône de la royauté
« Mais Ézéchias le Juif ne se soumit pas. Il jPeut quarantequatre grandes cités, villes murées, avec lesquelles je combattis en domptant leur orgueil et en affrontant leur colère. Aidé par le feu, le massacre, les combats et les tours de sièges, je les emportai; j’en fis sortir 300, 150 personnes grandes et petites, mâles et femelles, des chevaux, des ânes, des mulets, des chameaux, des bœufs, des moutons sans nombre et je les pris comme captures. Quant à lui, je l’enfermai dans Jérusalem (Ursalim), la ville de sa puissance, comme un oiseau dans sa cage.... Je donnai les villes que j’avais pillées à Mitenti, roi d’Asdod, à Padi, roi d’Amgarron,'à Ismibil, roi de Gaza.
« Alors la crainte immense de ma majesté terrifia cet Ëzéchias le Juif, et il envoya ses hommes vers moi à Ninive,
LES ASSYRIENS
avec trente talents d’or et quatre cents talents d’argent, des métaux, des perles, de grands diamants, des troncs garnis de cuir, de l’ambre, des peaux de veau marin, du bois d’ébène, le contenu de son trésor, avec ses filles, les femmes de son palais, ses esclaves mâles et femelles. Il délégua son ambassadeur pour présenter ses tributs et faire sa soumission. »
Les inscriptions de Sennachérib confirment, on le voit, d’une manière éclatante le récit de la Bible, et, suivant M. Rawlinson, la concordance existerait jusque dans les chiffres de la rançon payée par le roi de Juda. Mais le roi de Ninive n’a pas tout dit , et ses annales se taisent sur le désastre qu’éprouva son armée dans sa tentative contre le royaume de Juda.
Ézécbias ne pouvait supporter l'humiliation que venait de lui infliger Sennachérib. Il voulut se venger et intéressa à sa cause le roi d’Égypte, menacé, comme lui, par les Assyriens ?.
Sennachérib, qui s’était avancé jusqu’à Lachis, sans doute pour surveiller les mouvements du roi d’Égypte, Tharaca, envoya au roi de Juda ses généraux Rabsacès et Thartan pour le sommer de rompre avec son allié. « Espères-tu quelque chose du roi d’Égypte? dirent ceux-ci aux ambassadeurs d’Ézéchias; ce n’est qu’un roseau cassé, et si un homme s’appuie dessus, il se brisera. Les dieux des nations ont-ils délivré leurs terres de la main du roi des Assyriens. Où sont maintenant les dieux d’Émalh et d’Arphad? où sont les dieux de Sépharvaïm, d’Ana et d’Ava. Ceux de 'Arménie l’ont-ils délivré de la main du roi des Assyriens?»
A ces menaces les ambassadeurs du roi d’Assyrie joignirent des blasphèmes contre le Dieu des Juifs. Ézéchias effrayé invoqua le secours de Dieu qui, par la bouche d’Isaïe, lui promit une délivrance prochaine.
« Tu m’as attaqué par ton insolence, dit le Seigneur au roi d’Assyrie, et le bruit de ton orgueil est monté jusqu’à mes
Voir pour les détails l’ Histoire sainte d’après la Bible.
UIST. d’orieîît. 4
oreilles. Je te mettrai donc un cercle au nez et un mors à la bouche, et je te ferai retourner par le même chemin par lequel tu es venu1. » En effet, la nuit suivante l’ange du Seigneur passa dans le camp des Assyriens et frappa de mort cent quatre-vingt-cinq mille hommes. Sennachérib s’enfuit éperdu et retourna à Ninive 2.
Dans sa quatrième campagne, nouvelle guerre contre Mérodac Baladan qui s’est révolté *. Cette fois, le grand roi lui enlève son trône, sur lequel il place son propre fils Assurnaddin (le rejeton de sa bénédiction).
Les campagnes suivantes furent dirigées contre les Élamites et les Ghaldéens, qui s’étaient mis à la tête d’une grande coalition. Ce fut pour Sennachérib l’occasion de nouvelles victoires. « Je pris dans mes mains l’arc puissant que le dieu Assour m’a donné. Je me ruai comme le feu dévorant sur toutes les armées rebelles; comme le dieu Ao l’inondateur, je versai la stupeur sur mes adversaires. J’entassai les cadavres de leurs soldats comme des trophées, et je leur coupai les extrémités. Je mutilai ceux que je pris vivants comme des brins do paille, et pour punition je leur coupai les mains. »
Sennachérib rappelle ensuite les travaux qu’il a entrepris à Ninive, soit pour la restauration des anciens édifices, soit pour la construction de palais nouveaux. « J’ai agrandi tous les édifices de Ninive, ma royale cité. J’ai reconstruit ses rues anciennes, j’ai élargi les plus étroites; j’ai fait
de la ville entière une cité resplendissante comme un soleil
J’ai construit selon le vœu de mon cœur un palais d’albâtre et de cèdres, et j’y ai mis la commémoration de mon nom4.»
Après tant de travaux, Sennachérib périt assassiné dans