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C’est le palais de Koiouojik, qu’on a récemment retrouvé

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le temple de Nisroch par ses deux fils , Sarrasar et Adramelech. Le premier chercha à se faire reconnaître roi de Ninive, mais poursuivi par Assar-Addon, le vice-roi de Babylone, son frère, les parricides furent contraints de se réfugier en Arménie. Délivré de ses compétiteurs, Assar-Addon monta sur le trône.

Assar-Addon régna huit ans (676-668). Ce fut le dernier roi de Ninive qui porta au loin les armes assyriennes. Les premières années de son règne furent employées à comprimer des révoltes qui avaient éclaté sur divers points de son empire et particulièrement dans le pays d’Elam, dans la Perse et dans laMédie. Ce prince nous apparaît ensuite entreprenant une campagne contre la Gélësyrie, qu’il soumet. Puis il attaque le roi de Sidon, Abdimilcus, qu’il replace également sous le joug. Il s’avance jusqu’aux frontières de l'Egypte, toujours faible sous une domination étrangère ; enfin il marche contre Manassès, roi de Juda, qui fut vaincu et emmené captif à Babylone. Une nouvelle colonie d’ Assyriens fut établie en Juda (676-678).

Nous ne savons rien du successeur d’Assar-Addon, Téglat- Piléser V, sous lequel Saosduchéus, vice-roi de Babylone, se rendit indépendant du roi de Ninive. Nous en savons un peu plus sur son frère et son successeur, Sardanapale V (660- 647). Ce prince, lui aussi, lit rédiger des inscriptions historiques qui rendent compte de ses expéditions contre les Élamites, les Chaldéens et les peuples de l’Asie Mineure.

C’est au règne de Salmanasar V qu’il faut rapporter les magnifiques constructions de Koioundjik. C’est lui qui acheva et agrandit ce palais commencé par Sennachérib, où on a retrouvé le plus beau spécimen de la sculpture assyrienne. C’est ce prince, enfin, qui fonda cette bibliothèque dont on a recueilli les restes dans les ruines de ce palais, et que le monarque ninivite avait, dit-il lui-même, créée pour l’instruction de ses sujets.

Les tablettes, les cylindres d’argile cuite qui composent cette bibliothèque, sont certainement un des débris les plus précieux de l’antiquité assyrienne; il est permis d’espérer que le déchiffrement des caractères cunéiformes qui les recouvrent

jettera un jour nouveau sur la langue, la religion et l’histoire de cette contrée.

Sous le fils de Sardanapale V, Assourdan II, le même que le Chinaladan des Grecs , le Nabuchodonosor de la Bible, l’empire assyrien eut encore un moment de gloire. Ce prince inaugura son règne par des entreprises glorieuses contre les Babyloniens et les Mèdes. Babylone, qui s’était révoltée, retomba encore une fois sous la suzeraineté de Ninive (647). Phraorte, roi des Mèdes, venait d’ajouter la Perse à son royaume, et voulait s’affranchir des craintes que lui inspirait le voisinage des Assyriens. Il attaqua le roi de Ninive, qui le vainquit dans les plaines de Rhagau (635). * Alors, dit l’Écriture sainte, le règne de Nabuchodonosor devint florissant, son cœur s’éleva, et il voulut soumettre la terre à son empire. » On sait comment ce prince fut arrêté dans ses ambitieux projets. Son général Holopherne, après avoir dévasté les royaumes de Sidon, de Tyr et de Syrie, vint échouer sous les murs de Bélhulie et mourut frappé de la main de Judith.

Cet échec de l’armée assyrienne, en occident, devint le signal d’un nouveau soulèvement contre Ninive.

De tous côtés, d’ailleurs, on voyait apparaître des symptômes menaçants, et tout faisait présager le moment où arriverait cette ruine annoncée par le prophète. Des hordes scythiques s’étaient élancées des bords de la mer Caspienne jusqu’à quelques lieues de Ninive. Les Mèdes s’agitaient et voulaient venger la mort Je leur roi Phraorte. L’Égypte, elle aussi, avait repris l’offensive, et Apriès était venu mettre le siège devant la ville d’Asdod. Enfin Cyaxare, le nouveau roi de Médie, donna le signal d’une nouvelle guerre contre les Assyriens qui avaient alors pour roi Saruc. Le gouverneur de Babylone, Nabopolassar, lui prêta main-forte, et Ninive cette fois succomba après un siège long et meurtrier. Pour en finir avec cette redoutable puissance qui depuis des siècles opprimait l’Asie, les vainqueurs détruisirent, incendièrent ses palais, ses temples, et cette cité splendide, une des gloires de l’Asie, ne fut plus qu’un monceau de ruines (625).

Cet immense désastre, qui changea la face de l’Asie, n’est

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rappelé sur aucun monument connu, et il n’a pas laissé la moindre trace dans les écrivains de l’antiquité, qui confondirent la prise et la ruine de Ninive avec la chute du premier empire en 788. Seul le peuple juif, par la voix de ses prophètes, nous a transmis le souvenir de cette grandq destruction, où sa foi ardente et le sentiment de ses malheurs lui montrèrent le redoutable effet des vengeances divines.

« Le Seigneur est un Dieu jaloux et un Dieu vengeur, s’écrie le prophète ; le Seigneur fait éclater sa vengeance, et le fait avec fureur. »

« Le destructeur vient contre toi, ô Ninive! Il vient assiéger tes forteresses. Assyrien, mets des sentinelles sur le chemin, fortifie tes reins, rassemble le plus de force que tu pourras. »

« Ce sera en vain ; car le Seigneur va punir l’insolence avec laquelle tu as traité Jacob et Israël. »

« L’ennemi fera marcher ses plus vaillants hommes ; ils iront à l’attaque d’une course précipitée, ils se hâteront de monter sur la muraille et ils prépareront des machines où ils seront à couvert. »

« Enfin ces portes par où les peuples entraient comme des fleuves seront ouvertes; le temple est détruit jusqu’aux fondements. Ninive est remplie d’habitants comme une piscine remplie d’eau. Ils prennent la fuite. Elle crie : Demeurez; mais personne ne tourne la tête. »

« Pillez l’argent, pillez l’or; ses richesses sont infinies ; sa magnificence est au-dessus de tout ce qu’on peut imaginer. »

« Ninive est pillée, elle est dépouillée de tout, elle est déchirée, les cœurs sèchent d’effroi, les genoux tremblent, les reins sont tout pénétrés de douleur, tous les visages sont noirs et défigurés. »

« Où est maintenant cette caverne de lions? où sont ces pâturages de lionceaux? où est cette caverne où se retiraient le lion, la nonne et leurs petits, sans que personne les y vînt troubler? »

« Je viens à toi, dit le Seigneur des armées; je mettrai le feu à tes chariots, et je les réduirai en fumée; l’épée dévorera

tes jeunes lions, je te mettrai hors d’état d’enlever la proie de dessus terre et on n’entendra plus la voix insolente des ambassadeurs que tu envoyais. »

« O roi d’Assur! vos généraux se sont endormis, vos princes ont été ensevelis dans le sommeil, votre peuple a été dispersé dans les montagnes, et il n’j a personne pour le ïassembler. »

* Il n'y a point de remède à votre blessure, votre plaie est mortelle ; tous ceux qui ont appris ce qui vous est arrivé ont applaudi à vos maux ’. »

La malédiction des prophètes fut littéralement accomplie. Deux siècles seulement après cette terrible catastrophe, Xénophon, qui traversa ces lieux à la tête des Dix Mille, ne prononce pas même le nom de Ninive, non plus que les historiens d’Alexandre. La ville de Ninus, dont parlent Tacite et Ammien Marcellin, représente non la ville royale de Ninive, mais quelque bourgade obscure comme le village actuel de Ninoua; c’est de nos jours seulement que la capitale de l’Assyrie devait être retrouvée sous le sol, où elle était ensevelie depuis 2500 ans.

Empire cliaidéo-lsaby ionien. Nahitdiocloiioxor.

Lorsque Ninus eut conquis la Babylonie et détruit la race des rois indigènes, ce prince, dit Gtésias, soumit le pays à un tribut annuel, et en confia le gouvernement à un satrape ou vice-roi, qui résida à Babylone. Cette ville resta ainsi sous la dépendance de Ninive pendant toute la durée de l’empire assyrien. Mais, dans le cours du huitième siècle, les Babyloniens secouèrent le joug, et le chef des Chaldéens, Bélésis, nous l’avons vu, seconda très-habilement l’insurrection qui rendit l’indépendance aux sujets du grand roi, et fit de la Babylonie un royaume particulier. Après Bélésis, alors que. suivant l’expression d’Hérodote, chaque peuple vivait libre et sous ses propres lois, il y a lieu de penser qu’il y eut à Babylone de vives agitations, pendant lesquelles des chefs mdi-

■*, Naiium, chap. n, iv.

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taires gu sacerdotaux se supplantèrent rapidement au pouvoir. Un d’eux, Nabonassar, pour effacer le souvenir de la domination étrangère, brûla tous les documents de l’histoire des rois ninivites qui avaient régné sur Babylone, et voulut commencer une ère nouvelle, à laquelle il donna son nom, l’ère de Nabonassar; elle s’ouvrit l’année 747.

Cependant les rois assyriens reprirent peu à peu, sous les successeurs de Nabonassar , leurs droits de suzeraineté sur les contrées voisines. Ainsi, on voit Salmanasar lever une colonie dans Babylone même et la déporter au pays de Sa- ' marie. C’était toutefois une ville toujours indocile, et dont les chefs étaient moins les officiers du monarque ninivite que des rois vassaux accordant une obéissance fort précaire. Un d’eux, Mardokempad, le Mérodaeh-Baiadan de l’Écriture, entretint d’actives relations avec le roi de Juda Ézéchias menacé comme lui par les Assyriens. Mais cette alliance momentanée n’eut d’autre résultat que d’attirer la vengeance du roi d’Assyrie sur Babylone et sur Jérusalem. Le roi de Juda, Manassès, fut emmené captif à Babylone, qui retomba sous la domination directe de Ninive. Sennachérib de son côté voulant prévenir de nouvelles révoltes, donna pour roi aux Babyloniens son fils Assar-Addon.

C’est ainsi que Babylone demeura soumise aux Assyriens jusqu’au moment où Nabopolassar, chef des Chaldéens, se ligua avec Cyaxare contre les Ninivites et détruisit leur puissance.

Le véritable fondateur de la puissance chaldéo-babylonienne, c’est Nabopolassar, dont le règne s’étend depuis 625 jusqu’en 604. Babylone qui, sous ses obscurs prédécesseurs, était sujette tantôt des Ninivites, tantôt desMèdes, sort enfin de cet état de dépendance et s’élève au plus haut point de puissance et de grandeur. « Je vais, dit le Seigneur, susciter les Chaldéens, cette nation cruelle et d’une incroyable vitesse, qui court toutes les terres pour s’emparer des maisons des autres. Elle porte avec soi l’horreur et l’effroi; elle ne reconnaît point d’autre juge qu’elle-même : elle réussit dans ses entreprises. Ses chevaux sont plus légers que les léopards et plus rapides que les loups qui courent le soir. Sa

cavalerie se répandra de toute part, et ses cavaliers voleront comme l’aigle qui fond sur sa proie. »

Les Chaldéens trouvèrent tout d’abord dans le roi d’Égypte un ennemi redoutable. Néchao, vainqueur à Mageddo du roi de Juda, Josias, s’était emparé de la Syrie et, à la tête de son armée victorieuse, s’était avancé jusqu’à l’Euphrate (610).

Nabopolassar chargea son fils Nabuchodonosor d’arrêter ses progrès, et lui donna le commandement de ses troupes. Néchao fut complètement défait â Gharchémis. « Depuis ce temps-là, dit le livre des Rois, le roi d’Égypte ne sortit plus de son royaume, parce que le- roi de Babylone avait emporté tout ce qui était à son ennemi, depuis le ruisseau d’Égypte jusqu’au fleuve d’Euphrate. » Nabuchodonosor poursuivit son adversaire jusqu’à la frontière de ses États; mais, ayant appris la mort de son père, il revint sur ses pas pour prendre possession d’un trône récemment élevé. Dans ces circonstances, dit l’historien Bérose, il mit ordre aux affaires d’Égypte, de Gélésyrie et des pays adjacents, et confiant à des chefs dévoués la conduite des nombreux prisonniers qu’il emmenait, il partit avec peu de troupes, traversa le désert à grandes journées et arriva ainsi à Babylone, où les Chaldéens lui remirent le gouvernement.

Cette défaite du roi d’Égypte prépara la ruine du royaume de Juda. En effet, quelque temps après, le roi de Babylone marcha contre Joachim qui régnait sur cette contrée, et lui imposa un tribut. Mais trois ans ne s’étaient pas 'écoulés, que Joachim se révoltait. Le roi de Juda fut de nouveau attaqué, vaincu, chargé de chaînes et emmené à Babylone. Renvoyé dans ses États, il voulut s’appuyer sur l’Égypte; mais le roi d’Egypte se souciait peu de recommencer la lutte et abandonna Joachim à lui-même. Le fils de celui-ci, Jéchonias, régna à sa place, mais pendant trois mois seulement. Nabuchodonosor envoya contre lui son armée, puis marcha luimême en Judée, et le jeune prince se vit obligé de se remettre entre les mains de son ennemi avec toute sa maison. Nabuchodonosor ne se contenta point de ces otages. Il s’empara de Jérusalem, dépouilla le temple et le palais de leurs trésors, emmena captifs les plus vaillants hommes de l’armée,

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au nombre de dix mille, les artisans, les lapidaires, et il ne laissa dans la ville que les gens les plus pauvres. Il transféra aussi à Babylone Jéchonias avec sa mère, ses femmes et ses eunuques; puis, affectant de laisser à la nation une ombre d’indépendance, il plaça sur le trône de Juda l’oncle du jeune prince, Sédécias.

Ce prince, non moins aveugle que ses prédécesseurs, resta sourd aux avertissements de Jérémie, et les Juifs par une généreuse imprudence s’allièrent aux Tyriens et aux Sidoniens, ennemis du roi d’Assyrie. Nabuchodonosor irrité marcha de nouveau contre Jérusalem, mais il fut forcé presque aussitôt de lever le siège de cette ville pour aller combattre le roi d'Égypte, qui avait repris les projets de Néchao et s’était allié à Sédécias contre lui. ,

Vainqueurs d’Apriès, les Chaldéens revinrent en Judée, prirent les villes de Lachis et d’Asécha, et reparurent devant Jérusalem. Durant dix-huit mois, les Juifs repoussèrent toutes les attaques; mais la famine triompha de leur constance. Les Assyriens pénétrèrent par une,, brèche dans la ville, d’où le roi chercha à s’enfuir avec q<nt<ques serviteurs vers le Jourdain ; mais il fut pris par les Chaldéens dans la plaine de Jéricho et amené au roi de Babylone qui fit mourir ses fils en sa présence, lui creva les yeux à lui-même et l’emmena à Babylone. Un mois après, Nabuzardau, le chef de l’armée royale, entra dans la ville, et aussitôt l’œuvre de destruction commença. Le temple du Seigneur et le palais dii roi furent brûlés ; le grand prêtre fut égorgé avec soixante des principaux habitants, et la plus grande partie du peuple fut emmenée en captivité.

Tant de malheurs ne pouvaient pas manquer de pousser les Juifs eu désespoir. Le gouverneur chaldéen, Godolias, fut assassiné par Ismaël, prince de la famille royale. Les Juifs, craignant la vengeance de Nabuchodonosor, se retirèrent en Égypte, où ils espéraienttrouver quelque sécurité. Mais Apriès, qui leur avait donné asile, attira sur ses États la colère du monarque assyrien. L’Égypte fut envahie, et livrée de nouveau aux ravages de l’armée chaldéenne.

Le roi de Babylone n’était point encore satisfait, et il aspi-

rait à la conquête de la Phénicie, dont les richesses l’attiraient. Depuis longtemps aussi la grande voix des prophètes avait annoncé au peuple tyrien les malheurs qui le menaçaient. « Voici, dit Ézéchiel, que j’amènerai contre Sour le roi Nabuchodonosor, roi de Babylone, roi des rois, avec sa cavalerie et ses chars. 11 élèvera des tours de bois, des remparts de terre, il fera frapper ses béliers. » Les Tyriens résistèrent longtemps, et le siège de la ville ne dura pas moin. de treize ans ; mais la ville fut emportée d’assaut par le roi de Babylone, qui traita les Tyriens comme les Juifs, et qui emmena en captivité les familles les plus distinguées du pays.

Après la prise de Tyr, Nabuchodonosor, à la tête d’une partie de son armée, attaqua les peuples de l’Idumée, de Moab et d’Ammon qui s’étaient associés à la dernière tentative de soulèvement des Juifs. Ces guerres, qui avaient été annoncées aussi par les prophètes, terminèrent la série des * conquêtes de ce prince dans l’Asie occidentale.

Rentré dans ses États, Nabuchodonosor ne se rendit pas moins célèbre ppr son administration intérieure que par ses conquêtes au dft ars. La guerre avait mis à sa disposition des richesses immenses et d’innombrables captifs qu’il employa à ces grands travaux d’embellissement et d’utilité publique qui firent de Babylone la plus célèbre ville du monde. « Elle est si magnifique, dit Hérodote, qui l’avait visitée dans le cours du cinquième siècle avant l’ère chrétienne, que nous n’en connaissons pas une qu’on puisse lui comparer. Située dans une grande plaine, cette ville est de forme carrée ; chacun de ses côtés a six vingt stades de long. Un fossé large, profond et plein d’eau règne tout autour ; on trouve ensuite un mur de cinquante coudées de roi d’épaisseur sur deux cents en hauteur.

• « Il est utile d’ajouter à ce que je viens de dire, l’emploi qu’on fit de la terre des fossés, et de quelle façon la muraillo ■fut bâtie. A mesure qu’on creusait les fossés, on en conver tissait la terre en briques; et lorsqu’il y en eut une quantité suffisante, on les fit cuire daus des fourneaux. Ensuite pour servir de liaison on se servit de bitume chaud, et de trente couches en trente couches de briques on mit des lits de ro-

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seaux entrelacés ensemble*. On bâtit d’abord de cette ihanière les bords du fossé. On passa ensuite aux murs qu’on construisit de même. Au haut et sur le bord de cette muraille, on éleva des tours qui n’avaient qu’une seule chambre, les unes vis-à-vis des autres, entre lesquelles on laissa autant d’espace qu’il en fallait pour faire tourner un char à quatre chevaux. Il y avait à cette muraille cent portes d’airain massif comme les jambages et les liteaux.

« L’Euphrate traverse cette ville par le milieu et la partage en deux quartiers. Ce fleuve est grand, profond et ra- . pide ; il vient de l’Arménie et se jette dans la mer Erythrée. L’une et l’autre muraille forment un coude sur le fleuve, et à cet endroit commence un mur de briques cuites, dont sont bordés les deux côtés de l’Euphrate. Les maisons sont à trois et quatre étages. Les rues sont droites et coupées par d’au- ’ très qui aboutissent au fleuve. En face de celles-ci on a pratiqué, dans le mur construit le long du fleuve, de petites portes pareillement d’airain, par où l’on descend sur ses bords. Il y en a autant que de rues de traverse *. »

« Le mur extérieur sert de défense *. L’intérieur n’est pas moins fort, mais il est plus étroit. Le centre de ces deux quartiers de la ville est remarquable : l’un, par le palais du roi,

t. L'exactitude d'Hérodote dans cette description de Babylone a été reconnue jusque dans les moindres détails. Ainsi on a retrouvé dans les ruines du Kasr, l’ancien pillais de Nabuchodonosor, des briques jointes ensemble par du bitume mêlé de roseaux très-souvent disposés en nattes. Voy. Expédition scientifique en Mésopotamie, t, I, 4' livraison, chap. iv et v.

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