CHAPITRE PREMIER
de îîonne-Espérance, est de800myriamètres; sa plus grande largeur, du cap Vert au cap d’Orfui, est de 746 myriamètres. Les colonnes d’Hercule, ou détroit de Gibraltar, la sépareut de l’Europe; le Bah-el-Mandeb la sépare de l’Arabie. Le premier n’a pas 30 kilomètres de largeur, le second en a 50 ; de sorte que ni l’un ni l’autre n’ont été un obstacle sérieux aux migrations des peuples. Parles colonnes d’Hercule, l’Europe a peut-être reçu les Ibères, qui comptent parmi les plus anciens habitants de notre continent, comme elle reçut d’Afrique, il y a onze siècles, les Arabes et les Maures. Le Bab-el-Mandeb a de même donné passage en Abyssinie à des populations originaires de la presqu’île arabique.
Les montagnes de l’Afrique, dont la plus célèbre est Y Atlas, sont généralement parallèles à la côte et à petite distance de la mer. Il en résulte que ce continent a peu de gran4s fleuves qui facilitent la navigation intérieure, et à peine quelques îles sur son pourtour. Des fleuves africains, les anciens ne connaissaient guère que le Nil ; mais on peut croire que les Carthaginois pénétrèrent jusqu’aux rives du Sénégal.
La moitié septentrionale de l’Afrique, c’est-à-dire l’immense désert que nous appelons le Sahara, n’est probablement qu’un fond de mer mis à sec par quelqu’une des grandes commotions du globe. Cette vaste solitude, qui serait impraticable sans le chameau, que les nomades appellent le navire du désert, a rejeté toute la vie sur les bords de ce continent inhospitalier, et là seulement où le désert n’arrive pas luimême jusqu’à la mer. Sauf la vallée du Nil et certaines contrées de l’intérieur qui nous sont inconnues et l’étaient aux anciens, l’Afrique n’est bien peuplée que sur ses bords. La fertile région comprise entre l’Atlas et la Méditerranée formait autrefois la Mauritanie (le Maroc), la Numidie (l’Algérie) et le territoire de Carthage (régence de Tunis), où le blé rendait quelquefois trois cents de produit pour un de semence. Mais depuis le territoire carthaginois jusqu’à l'Égypte, il n’y avait que de loin en loin quelques points fertiles où des villes pussent s’asseoir, et le vaste promontoire de la Cyrénaïque qui, arrosé par des sources abondantes , offrait une végétation luxuriante. Dans le désert se rencontraient cependant çà et
là quelques oasis, îlots de verdure, au milieu de cette mer de ^sables. Ces oasis formaient dans l’antiquité, comme de nos i jours, les étapes des caravanes qui traversaient le désert pour apporter à Carthage, à Cyrène, à Memphis ou à Thèbes, les produits de l’intérieur de l’Afrique. L'oasis d’Ammon était célèbre par son temple et son oracle.
Nous aurons à parler plus loin de l’Égypte. Nous remarquerons seulement ici que, sans le Nil, l’Égypte eût été recouverte par les sables, et que le désert, dans toute son aridité, se fûtétendu jusqu’à la mer Rouge. Que serait-il arrivé s’il en avait été ainsi ? Supposez un pli de terrain faisant ce que le grand Albuquerque voulut faire, arrêtant la course du Nil vers la Méditerranée, et le rejetant dans la mer Rouge; l’Égypte telle que nous la connaissons, c’est-à-dire un des foyers de la civilisation du monde, et le lien de l’Europe, de l’Afrique et de l’Asie, était supprimée. La Grèce ne pouvait rien tirer d’elle; Alexandre n’y venait point, l’Afrique restait un monde à part, à jamais solitaire ; et une infranchissable barrière s’élevait entre l’Europe et l’Inde, dont la vallée du Nil a été comme le grand chemin.
Europe.
Nous avons dit que l’Europe n 'était que le prolongement occidental de l’Asie. Elle en est si peu distincte, que la limite a souvent varié au gré des écrivains. Aujourd'hui on la fixe au fleuve et aux monts Ourals : un cours d’eau secondaire et une montagne de 1200 à 1500 mètres; barrière peu imposante pour séparer deux mondes, et qui ne sépare rien en effet, car des deux côtés de la limite, c’est le même climat, le même sol, la même population. Le Caucase est une barrière plus haute, mais il ne forme la ligne de démarcation que sur un point seulement.
La plus grande largeur de l’Europe, en suivant à peu près le même parallèle, est, de Brest à Astrakan, de 382 myriamètres. Mais du cap Saint-Vincent aux monts Ourals, on trouve une largeur de 550 myriamèttes. Sa plus grande longueur, du cap Nord au cap Matapau ou Ténare en Grèce, est