IJ
.'il' » !■
1 il i^l i il • ïl' i'î '■
IL ,i>-'.
archéologique. En attendant que le pays des Cosséens soit exploré, nous ne connaissons leur histoire à l'époque assyro-chaldéenne que par de trop rares inscriptions cunéiformes qui relatent leurs déprédations en Mésopotamie^ et à Tépoque grecque par quelques passages des auteurs classiques qui, comme Hérodote, nous apprennent qu'incorporés dans l'armée des Perses, ils en formaient les plus solides bataillons. On ne sait donc presque rien du rôle de ce peuple, frère des Chaldéens, qui vient tout récemment de faire son apparition sur la scène de l'histoire de l'antique Orient. De très bonne heure pourtant, les souverains de la Chaldée durent chercher à prémunir leur pays contre les incursions de ces écumeurs de plaines qui se retiraient dans leur inaccessible repaire pour se partager, sans souci d'être inquiétés, les produits de leurs razzias quotidiennes. Déchirée par des guerres intestines et affaiblie par un déplorable morcellement , la Chaldée finit par succomber sous les coups de ces nouveaux envahisseurs, et l'on peut dire qu'elle n'était parvenue à secouer le joug des Élamites que pour retomber sous celui des Cosséens. C'est d'ailleurs un fait remarquable que les Chaldéens, à part Tépoque brillante de Nabuchodonosor, ne jouirent jamais longtemps de leur liberté nationale et n'eurent que le choix de la servitude. A peine les verrons-nous échappés aux Cosséens que d'autres conquérants avides, accourant de TÉgypte, puis de Ninive, s'empresseront de mettre la main sur une contrée qui leur offrait d'inépuisables richesses mal protégées par l'art et par la nature.
On n'est pas encore définitivement fixé sur le caractère de la langue que ptirlaient les Cosséens, malgré quelques études spéciales auxquelles ce problème a récemment donné lieu. Tandis que M.Friedrich Delilzsch pense que cet idiome n'a aucun rapport ni avec le suméro-accadien, ni avec l'assyrien, ni enfin avec le susien et le médique, d'autres, comme M. Oppert, croient au contraire, que le prétendu cosséen n'est autre que la langue du pays d'Elam, ou bien supposent avec M. Halévy, que ce que Ton a pris pour une langue n*est en réalité qu'une nouvelle cryptographie de Tassyrien. Quelques mois seulement, peut-être, après Timpression de ces pages, des découvertes inattendues viendront résoudre définitivement la question et mettre, si possible, les savants d'accord. Le Musée Britannique possède une tablette cunéiforme qui contient quarante-huit mots cosséens avecleur traduction assyrienne^ rangés sur deux colonnes parallèles. 11 paraît en résulter des différences caractéristiques avec toutes les autres langues qui ont fait usage de récriture cuDéiforme.
LA DOMINATION COSSEENNE 109
On y remarque, par exemple, que le mot « roi » se dit ianzu. Mais ce sout là des bases bien fragiles pour servir de fondement à tout un édifice linguistique, et il faut savoir attendre que les observations puissent s'étendre à des matériaux plus nombreux^ 11 est pourtant une remarque que Ton peut faire aujourd'hui en toute sécurité : c'est que la plupart des noms propres d'hommes ou de pays cosséens sont terminés par la syllabe as. Nous constaterons ainsi que presque tous les rois chaldéens de la dynastie cosséenne ont des noms en as, et dans le récit des campagnes des rois de Ninive, du côté des monts Zagros, on rencontre les pays de Murattas, de Parsuas, d'Azarias et d'autres encore avec la même finale. Le district de Babylone fut appelé par les Cosséens « pays de Kar-Dunias », dénomination qui parait signifier «l'enclos du dieu Dunias», et ce dieu était sans doute une des principales divinités du panthéon des Kouschites établis au nord de l'Elymalde.
Les Cosséens ne parvinrent pas tout de suite à conquérir toute la Chaldée; pendant longtemps ils dominèrent seulement sur la partie septentrionale du pays d'Accad qui formait, avant leur arrivée, le royaume de Babylone, et le titre officiel des premiers rois est celui de «roi du pays des Cosséens et du pays de Kar-Dunias.» Parfois, seulement ils ajoutent « roi du pays d'Accad », mais la basse plaine de Sumer conserva assez longtemps son indépendance et ses rois nationaux. On en connaît quelques-uns, dont les noms sont inscrits sur une tablette malheureusement fort mutilée ; ce sont :
Nambar-Sigu, fils de Erba-Sin, qui règne 18 ans;
Ea-mukin-ziri, fils de Kulmar, — 3 mois ;
Kassur-nadin-ahi, fils de Sippà, — 6 ans. Ces princes remplissent donc une période de vingt-quatre ans ; on ne sait dans quelle ville de la basse Chaldée ils avaient le siège de leur puissance, ni s'ils se rattachent directement à trois autres princes dont voici les noms :
E-Ulbar-saraki-izkur, fils de Bazi, qui règne 15 ans;
Nabu-kudur-uçur, fils de Bazi, — 2 ans;
Amil-Sukamuna, fils de Bazi, — 3 ans et trois mois;
ce qui forme une nouvelle période de vingt ans. Les successeurs de ces rois du pays de Sumer durent accepter la domination cosséenne après une série de luttes sur la durée de laquelle nous n'avons aucun élément d'information : c'était dans tous les cas longtemps après que Babylone eut succombé elle-même «
Les montagnards restèrent maîtres de la Chaldée pendant neuf générations, si l'on s'en rapporte aux listes de Bérose qui, après les quaranteneuf rois chaldéeus, dont il a été question plus haut, enregistre une dynastie de neuf princes qu'il qualifie d'arabes, et qui auraient régné deux cents quaranle-cinq ans, c'est-à-dire à peu près de 1518 à 1273 avant notre ère. Les documents cunéiformes confirment ou plutôt éclairent le récit de l'historien grec, en fournissant à la môme date toute une série de noms royaux qui, parleur formation philologique, n'ont rien d'assyrien ni de susien, ni même de suméro-accadien, et ils nous indiquent de plus de quel côté nous devons diriger nos regards pour trouver les origines de cette dynastie étrangère, puisque le nom des Kasschi ou Gosséens figure en tête du protocole royal. Toutefois aucun témoignage n'est venu encore nous apprendre par suite de quels événements les Gosséens sont devenus maîtres de la Bahylonie; les guerres peut-être terribles qui ont dû éclater à cette occasion n'ont laissé aucune trace dans l'histoire, et quand les textes parlent, c'est pour nous montrer les rois cosséens en possession, sans conteste, du trône de Babylone. Comme les princes élamiles, ils emploient dans leurs inscriptions la langue des vaincus , ils honorent les dieux nationaux de la Ghaldée dont ils relèvent les temples ; et dans ce demi-jour où nous apparaissent leurs annales, nous sommes toulslupéfails de rencontrer au milieu de ces listes de noms royaux à physionomie nettement cossécnne, quelques noms dont la formation sémitique et assyrienne ne saurait être mise hors de doute. Que penser dece pêle-mêle invraisemblable? Ëst-il le résultat de luttes et de réactions réciproques entre Cosséens et Sémites, ou devons-nous admettre, comme certaines listes bilingues semblent autoriser à le croire, que chaque roi avait deux noms, l'un ù t'usage de la race victorieuse et dominante; l'autre, traduction du premier, à l'usage et dans la langue des Sémites de la Chaldée?
LA DOMINATION COSSEENNE 111
Le premier roi cosséen dont nous ayons une inscription est Agu-kakrime. Le texte, long et fort difficile à interpréter en plusieurs passages, est malheureusement consacré en entier à la construction ou à la réédification de temples, et l'histoire proprement dite n'y tient qu'une faible place ; il est rédigé en assyrien, c'est-à-dire par les scribes de la chancellerie de Babylone restés en fonctions malgré les révolutions qui avaient pu éclater au-dessus de leur tête : nous verrons plus tard que Cyrus, lui aussi, fit rédiger des inscriptions en assyrien. Le roi Agu-kakrime invoque les dieux du panthéon chaldéen Anu, Ea, Marduk, Sin, Samas^ les déesses Belit et Istar la guerrière, et il s'intitule : a le roi du pays de Kasschi (Cossée) et d'Accad, roi de tout le pays de Babylone, prince du grand pays des Asnunaks, roi de la plaine et de la montagne, roi du pays deGuti, roi qui gouverne les quatre régions, chef du temple E-Sagil )>, le prince que les dieux ont choisi pour régner et que Marduk protège tout particulièrement, enfin, « roi de puissance et de force, roi de pardon et de paix. » Non seulement Agu-kak-rime qui réunissait sous son sceptre le pays d'Accad, la Cossée et le pays des Guti entre le Gyndès et le Zab inférieur, se met sous la protection des dieux de Babylone, mais il se bat pour eux et entreprend des expéditions lointaines pour aller à la conquête de leurs statues que des envahisseurs étrangers avaient arrachées de leurs sanctuaires et emmenées en captivité. Nul ne sait encore à quelles guerres il est fait allusion quand Agu-kak-rime raconte qu'il vengea les Accads en envoyant, contre les pays de Sunti et de Hana, son lieutenant Sar-Samas pour reprendre les images de Marduk et deZarpanit qui, jadis^ avaient été dérobées à Babylone. Agu-kakrime les rétablit dans leurs sanctuaires qu'il embellit somptueusement ; le prince se complaît dans l'énumération et la description des riches parures et des pierres précieuses dont il orna ces statues : c'étaient des étoffes brodées d'or et d'argent, des rubis^ des topazes et des bijoux aux noms multiples et encore intraduisibles^ avec lesquels il leur fit des tiares, des colliers et des bracelets. Les portes des sanctuaires furent des chefs-d'œuvre de ciselure de bronze et de décoration artistique ; de chaque côté des dragons colossaux en gardaient l'entrée. Aussi^ en récompense de ses pieuses libéralités, le roi espère que les dieux veilleront sur ses jours^ prolongeront son règne et lui assureront une vieillesse heureuse et tranquille.
Agu-kak-rime, dont le nom est formé comme les noms suméro-accadiens, était fils de Tassi-gurumas, fils lui-même d'un autre personnage
dont le nom mutilé commence par Abi... Celui-ci descendait de Agurabi, fils de Ummih-çirrit» princes dont Thistoire est encore absolument ignorée.
On ne sait pas non plus comment Agu-kak-rime se rattache à un autre prince dont l'existence ne nous est révélée que par une inscription de Nabonid : il s'agit de Sagaractias. Ce roi, dont le nom est bien cosséen et qui vivait environ quinze cents ans avant Nabonid, fit pratiquer des fouilles à Sippara, dans le dessein de retrouver les tablettes que la tradition disait avoir été enfouies par Xisuthrus avant le déluge; elles contenaient, croyait-on, les prescriptions de la loi divine, et Xisuthrus, sur Tordre du dieu suprême, les avait confiées à la terre pour les sauvegarder^ avant que le cataclysme éclatât. Les recherches archéologiques de Sagaractias furent infructueuses et il se contenta de relater ses fouilles sur des cylindres de terre cuite qu'il déposa dans les fondations du temple E-Ulbar, qui avaient été mises à nu.
Un autre roi cosséen de Babylone, dont nous parlerons plus loin, Kurigalzu, mû par le même motif de piété, reprit les travaux d'excavation et ne trouva rien non plus. Nabonid, à son tour, qui avait fait exécuter des recherches du même genre dans d'autres vieilles cités chaldéennes, se mit à l'œuvre et déblaya complètement le E-Ulbar. Il ne put réussir à mettre la main sur les fameuses tablettes de Xisuthrus, mais il découvrit les cylindres qui constataient les efforts que Sagaractias et Kurigalzu avaient faits quinze siècles avant lui ; il déchiffra leurs inscriptions et les transcrivit sur d'autres cylindres parvenus jusqu'à nous. Sagaractias s'exprimait comme suit : « Je suis Sagaractias, pasteur véritable, roi de Babylone. Je dis ceci : le dieu Samas et la déesse Anunit m'ont appelé à gouverner les pays et les peuples ; ils ont rempli ma main de tributs prélevés sur toute l'humanité. Je dis ceci : le temple du Jour, le temple de Samas, mon seigneur, à Sippara, et le temple E-Ulbar, d' Anunit, ma souveraine, à Sippara, étaient en ruines jusqu'aux fondations, depuis l'époque du règne de Zabu, il y a longtemps. J'ai déblayé les murs, j'ai mis à nu les fondations, j'ai enlevé les amas de terre, j'ai fixé les parements... j'ai élevé sur les anciennes assises un nouveau temple à la gloire de Samas et d'Anunit) pour mon propre salut. Qu'ils m'accordent leur affection perpétuelle; qu'ils prolongent mes jours; qu'ils me restituent à ma première vie, et qu'ils multiplient, dans cette maison, les années de bonheur; qu'ils préservent l'écriture de ce document et qu'ils rehaussent la gloire de mon nom. » Et après avoir ainsi transcrit ce
LA DOMrNATiON COSSEENNE 113
documenf , le roi Nabonid ajoute ; « C'est ainsi que j'ai retrouvé la date et le nom de Sagaraciias, roi de Babylooe, mon prédi^cesseur, qui a construit le temple E-Ulbar, à Sippara, en l'honneur de la déesse Anûnit, et qui y a placé son cylindre de fondation. »
Après Sagaraciias, nous sommes contraints de signaler un laps de temps indéterminé à la suite duquel nous conslatoas les premiers rapports de l'Assyrie avec la Chaldée. Une précieuse tablette dite Table des synchronismes, que nous aurons plus d'une fois l'occasion de citer, contient la suite des souverains de Babylone mise en'parallèle avec la série des rois qui avaient le siège de leur puissance à EUassar, la ville d'Assur. Le commencement de cette liste contient neuf princes cos-
Cflladre co terre culta [lemen) porUnl une mscnption
séens qu'on pourrait peut-être regarder comme étant les neuf rois arabes de Bérose. Voici d'ailleurs cette première partie de la tablette qu'on doit faire commencer vers l'an 1450 :
ROIS DB DABVLONE.
Kara-indas.
Puma-purias.
Kara-hardas.
Nazi-bugas.
Kuri-galzu.
Meli-sigu.
Marduk-pal-iddin.
HOIS D ELLASSAB.
Assur-bel-nisi-su.
Buzut^Assur.
Assur-uballit.
Bel-NIrar.
Pudi-ili.
Raman-Nirar I.
Nazi-dedas — Salmanasarl.
Ces rois peuvent avoir rempli une période de près d'un siècle et
ili LE PREMIER EMPIRE DE CHALDÉE
demi, jusqu'en 1310 avant noire ère. On voit par la liste babylonienne que tous^ sauf un seul, portent des noms étrangers à la nomenclature sémitique assyrienne ; il est singulier de constater une exception pour Marduk-pal-iddin qui^ dans un contrat d'intérêt privé, est pourtant formellement désigné comme fils de Meli-sigu'. Après Marduk-paliddin, et avant Nazidedas, doit prendre place un prince dont le nom est inconnu par suite d'une mutilation de la tablette. Ou a retrouvé des textes originaux du premier d'entre ces rois, Kara-indas, qui reconstruisit un temple en l'honneur de la déesse Nanâ^ ainsi que nous l'apprend une inscription votive oîi il s'exprime ainsi : « A la déesse Nanâ, souveraine du temple E-Anna, sa reine, Kara-indas, roi puissant, roi de Babylone, roi des Sumers et des Accads, roi des Cosséeus, roi de Kar-Dunias, qui a construit le temple E-Anna. » Cette inscription si laconique est néanmoins fort importante parce qu'elle nous prouve que les rois Gosséens de Babylone étaient parvenus à se rendre maîtres du pays deSumer: à partir de ce moment, la Chaldée toute entière obéit à leurs lois. Désormais sans inquiétude du côté de la mer, Kara-indas tourna ses regards vers le nord-ouest et chercha à étendre sa domination en amont du Tigre. Il reucontra sur sa route les rois d'Ellassar, déjà solidement établis et disposés à lutter de pied ferme contre les turbulents oppresseurs de Babylone. La guerre qui était sur le point d'éclater n'eut pas lieu, et un arrangement à l'amiable entre Kara-indas et Assur-bel-nisi-su délimita les frontières respectives des deux États: ce n'était que partie remise.
Purnapurias renouvela avec Buzur-Assur le traité d'alliance conclu par son père; il reconstruisit à Larsa, le temple de Samas, appelé E-Parra. Nabonid qui retrouvâtes pierres de fondation de ce priuce, raconte que le temple resta ensuite abandonné pendant sept cents ans, jusqu'au jour où un roi du nom de Kinziru en entreprit la restauration ; ce Kinziru dont nous parlerons ailleurs, est mentionné dans le canon de Plolémée qui le fait monter sur le trône de Babylone vers l'an 731 avant l'ère chrétienne. Pn arriverait donc , si les chiffres donnés de part et d'autre sont exacts, à placer le règne de Purnapurias vers l'an 1430 avant Jésus-Christ.
Une révolution éclata après le règne de Purnapurias, et son successeur Karahardas fut un usurpateur qui périt dans une insurrection ^
«IVR.41.
LA DUMINATION COSSEENNE .|]:i
<< Au temps d'Assur-ubalIit., roi d'Assyrie, dit la table des syochror nismes, Kai-ahardas, roi du pays de Kar-Dunias, fils de MuallidalT Sema, fille d'Assur-uballit, les Cosséeas se révoltèrent et tuèrent Kara^ bardas. Alors, Nazibugas, homme de basse extraction fut élevé au IrAne. Pour venger KaraharJas, les Assyriens marchèrent sur le pays de Kar-Ûunias; Nazibugas, roi de Kar-Dunias fut tué, et Kurigalzu, RU de Piirnapurias fut placé sur le trône.» Nous avons là un écho des luttes de races qui ensanglantèrent longtenips la Chaldée à ces époques lointaines, et pour la première fois nous voyons les Assyriens assez puissants pour intervenir directement dans- les troubles de la Babyloni.e. Le Foi d'Assyrie veut mettre sur le trône de Babylone son propre petit? fîU : lei; Cosséens le tuent pour ne pas subir la domination d'un étrangejtr
da roi KurigfLixu. (Au Brilish Muséum.)
qui pourtant, chose singulière, est atfublé d'un nom cosséeu; ils le remplacent par un des leurs, Nazibugas, qui est impuissant à fuir le châtiment que lui réserve le roi d'Assyrie; ce dernier comprend toutefois qu'il s'engage dans une guerre sans lin s'il s'obstine à imposer aux Ghaldéens un rûi de sa famille, et il se résout à rétablir l'ancienne dynastie cosséenne dans la personne de Kurigalzu.
Après une telle secousse, la paix était désirable ; elle dura longtemps et Kurigalzu en employa les loisirs à des constructions sans nombre; son nom se retrouve partout sur des briques estampées. L'une de ses inscriptions nous fait môme connatlre l'étendue de son royaume qui parait avoir été beaucoupplus restreint que celui de ses prédécesseurs: « Depuis le jour de mon avènement, dit-il, j'ai régné sur le pays qui s'étoad depuis Dur-Kurigalzu jusqu'à. Sippara, la ville du Soleil, et depuis Pasil, dans le pays de Duna, jusqu'à Nipur. » A Dur-Kurigalzu était une forteresse dont les ruines se voient encore à quelques lieues de Bagdad. On y a recueilli des briques avec cette inscription: » Au dieu Bel, souverain de la terre, son roi Kurigalzu, pontife de Bel, a
construit le E-Ugal, temple de sa prédilection. > D'autres textes nous apprennent que ce prince fit restaurer à Ur le temple de Sin, bâti jadis par Lik-Bagus ; une statue qu'il fit^ériger au dieu Marduk porte son nom; enfin nous avons rappelé plus haut qu'il fît vainement rechercher les cylindres de fondation du temple E-Ulbar à Sippara.
Après Kurigalzu (vers 1360), les annales babyloniennes gisent de nouveau dans Toubli du tombeau, mais il est aisé de conjecturer que les rois d'Assyrie, dont la puissance grandit de jour en jour^ n'ont cessé de s'immiscer de plus en plus dans les affaires de la Chaldée. C'est du nord de la Mésopotamie que nous viendra désormais la lumière; elle nous permettra bientôt de constater que les pays de Sumer et d'Accad ont cessé de vivre et ne sont plus qu'iine tradition et un vieux souvenir : la Chaldée devient tributaire de Ninive pour plusieurs siècles.