Scène agricole sur an cylindre chddéeiii
rapport avec les luttes que Hammurabi eul à soutenir contre le pays d'Elam et contre Rim-Sin, roi de Larsa, dont nous avons parlé plus
Scènes paslordei sur un ejliadre chald6an .
haut. Les dates que nous trouvons iascriles à la suite de contrats du règne de Hammurabi sont les seuls témoignages qui nous soient parvenus au sujet de ces guerres qui furent longues et acharnées ; il parait même que, désespérant de sauvegarder l'indépendance de son pays, Rim-Sin fît alliance avec son ennemi le roi d'Elam ; le malheur rapprocha les deux rivaux pour lutter contre l'ennemi commun. Un contrat
' D'après J. Menant, la GlypHquc orierUale, l. I, p. 205. * Loc. cit., t. I, p. 205.
porte en effet cette souscriplioa : « Fait au mois de Sebet (janvierfévrier), le vingt-deuxième jour, en l'année où Hammurabi, le roi, marchant triomphalement pour le service d'Aou et de Raman, a renversé le souverain dn pays d'EIam et le roi Rim-Sin. » D'autres dates nous informent de la même manière que le roi de Babylone s'empara des villes, inconnues d'ailleurs, de Maïru, de Mulainak, de Rituetd'Umritu ; il se fit môme proclamer roi dans cette dernière place.
Les autres textes du règne de Hammurabi sont tous relatifs à la construction de temples dans différentes villes de la Chaldée, et au creusement de nombreux canaux d'irrigation^ sans qu'il y soit fait la moindre allusion à des événements politiques ou militaires. Une tablette conser-
Cflindre cbsldien <.
vée au Musée Britannique porte cette dédicace à la déesse INanà : « A Nanâ, déesse de Kulunu (Kalanné), déesse dont la gloire remplit le ciel et la terre, à sa dame, Hammurabi^ prophète d'Anu et de Bel- Dagan, serviteur obéissant de Samas, pasteur qui réjouit le cœur de Marduk, favori de Nanâ, roi puissant, roi de Babylone, roi des peuples de Sumer et d'Accad, roi des quatre régions, qui a refait les sanctuaires des grands dieux. Après que Nanâ lui eut donné l'empire sur les peuples de Sumer et d'Accad, et qu'elle eut confié à ses mains les rênes du pou voir, il bâtit h Nanâ, sa protectrice, dans Kulunu, ville consacrée h sa divinité, le temple E-Zikalama, sa demeure favorite. »
Hammurabi construisit en outre un temple à Kilmad, viUe située non loin de l'endroit où est aujourd'hui Bagdad ; il éleva des sanctuaires à Marduk et h Zarpanit ; il restaura le &Mit-urris et te E-Silim-Kalama ; il éleva jusqu'au ciel le sommet de la grande tour de Zamama. Mais ses
' D'après J. Menant, La Glyptique orientale, l. I, p, 208.
i04 LE PREMIER EMPIRE DE CHALDÉE
constructions les plus célèbres et le plus fréquemment citées dans les textes cunéiformes postérieurs sont les deux fameux temples de Babylone appelés le E-Sagil et le E-Zida. La fondation du premier est mentionnée dans une inscription très mutilée dont il n'est pas possible de donner une Iraduclion suivie ; celle du second se trouve consignée sur une tablette du musée du Louvre : « Au dieu Marduk, le grand seigneur qui distribue l'abondance, aux dieux, seigneurs du E-Sagil et du E-Zida, à son maître, Hammurabi qui exalte le dieu Anu et le dieu Bel, qui adore le dieu Samas, le pasteur aimé de Marduk, le roi puissant, le roi des peuples de Sumer et d'Accad, le roi des quatre régions... A Marduk, le dieu qui Ta créé, il a élevé dans Borsippa, la ville où on l'adore, le E-Zida, son sanctuaire vénéré. »
Quand Babylone sera devenue une ville immense absorbant dans son sein toute la vie de la Ghaldée, les temples du E-Sagil et du E-Zida sans cesse embellis et restaurés par les rois, bénéficieront de la renommée et de l'éclat de la grande cité, et ils deviendront les sanctuaires les plus véuérés de la Ghaldée, au fur et à mesure que les autres temples du pays perdront de leur vogue et de leur importance. Au temps de Hammurabi, les vieilles cités chaldéennes conservaient encore en partie Téclat dont elles avaient brillé à l'époque de leur autonomie ; le roi de Babylone luimême, après en avoir fait la conquête, s'empressait d'effacer les traces de la guerre, en les embellissant comme l'avaient fait les anciens rois. C'est ainsi qu'à Larsa, il rebâtit le temple de Samas, et les cylindres de fondation qu'il avait déposés dans les substructions de cet édifice ont été retrouvés par Nabonid comme tant d'autres inscriptions des anciens souverains du pays.
Enfin, les grands travaux d'irrigation et de drainage entrepris à cette époque témoignent de l'activité féconde de Hammurabi ; les Chaldéens bénirent la mémoire de cet intelligent monarque, et ils surent apprécier non moins les conquêtes qu'il faisait sur la nature que celles qu'il accomplissait les armes à la main. Les contrats sont souvent datés de Tannée de l'inauguration d'un canal, aussi bien que de l'époque d'une grande victoire. Ces canaux étaient d'autant plus bienfaisants pour le pays qu'ils le préservaient des inondations tout en le fertilisant ; un contrat est daté de l'année « pendant laquelle la ville de Mullias fut détruite par une grande inondation. » C'est peut-être à la suite de ce désastre que Hammurabi fit exécuter sur le Tigre de gigantesques travaux dont il est parlé dans d'autres documents : un immense talus appelé le Teara-Samas fut
LA DOMINATION COSSÉENNE lOS
élevé tout le long du fleuve de manière à en empocher les débordements et à protéger les villages et leurs moissons.
Le successeur de Hammurabi porte le nom de Samsu-Iluna. Des contrats sont datés de l'année de son avènement, d'autres de Tannée où il fit creuser un grand canal d'irrigation appelé le Nagab-Nuhsi ; il fit aussi, d'après les mêmes documents, construire un rempart et un large fossé autour d'une ville appelée Sargina, probablement en l'honneur du roi Sargon TAncien. Mais il paraît surtout avoir mis un soin spécial à enrichir les sanctuaires de Marduk et de Samas. Il leur dédia d'énormes lamassi ou taureaux ailés à face humaine qu'il fit ériger dans leurs temples respectifs à Larsa et à Borsippa pour veiller à la garde de leurs sanctuaires sacrosaints; les statues de ces deux divinités toutes-puissantes furent revêtues de lames d'or et enrichies de pierreries ; de telle sorte qu'après une pareille munificence de la part du roi, il eut été bien difficile aux dieux de ne pas payer de retour le généreux prince, en lui accordant une longue vie et la stabilité du trône, pour lui et ses successeurs. Il parait pourtant que la reconnaissance fut le moindre souci des dieux chaldéens, car après Samsu-Iluna, nous ne connaissons que les noms de ses quatre successeurs immédiats, puis l'histoire delaChaldée retombe pour longtemps dans l'incertitude et la nuit ; quand une nouvelle aurore jette ses premières lueurs, c'est pour nous faire contempler Babylone tombée dans la servitude et supportant le joug étranger.
§ V. — LA DOMINATION COSSÉENNE
La chaîne de montagnes au pied de laquelle le Zab inférieur, le Gyndès et le Choaspès viennent prendre leur source est munie, sur son flanc occidental, de nombreux contreforts parallèles qui vont en s'abaissant, comme les gradins d'un vaste amphithéâtre, jusqu'à la plaine unie où serpentent le Tigre et l'Euphrate. On dirait que ces barrages naturels sont destinés par la nature à intercepler le cours rapide des deux fleuves et de leurs nombreux affluents qui s'échappent avec effort des gorges rocailleuses, comme à travers les fissures d'une écluse en ruines. Aussi ces torrents, tantôt presque taris, tantôt démesurément gonflés par la fonte des neiges et des glaciers du Zagros, seraient-ils impropres à Tarrosement des plateaux qui les environnent si la main de Thomme ne venait corriger la nature^ et les empêcher d' entraîner dans leur course vagabonde la couche de limon végétal qui recouvre la roche vive. Par-
tout où la disposition du terrain Ta permis, on a arrêté par des murs fort épais ces eaux que Ton amasse ainsi dans de vastes bassins pour la distribuer peu à peu dans la belle saison aux champs mis en culture ; par d'ingénieux artifices on enlève et on soutient leur niveau afin de leur faire atteindre parfois jusqu'au sommet altéré des collines : dans aucun pays du monde le système de Tendiguement et de Tarrosement naturel n'a été plus perfectionné et plus développé que dans cette contrée d'une remarquable fertilité. Il en fut ainsi de tout temps, et c'est à des travaux de ce genre que fait allusion Hérodote quand il raconte le prétendu châtiment que Cyrus infligea au Gyndès. « Gomme Cyrus tentait le passage du Gyndès, qu'on ne put traverser qu'en bac, l'un des chevaux blancs sacrés, emporté par son ardeur, descendit dans la rivière et se mit à la nage, mais l'onde frémissante le saisit et l'entraîna : il périt. Cyrus, courroucé contre le fleuve qui n'avait pas craint de l'outrager, le menaça de le rendre si faible, qu'à l'avenir les femmes le franchiraient facilement, sans se mouiller les genoux. En conséquence^ renonçant à marcher sur Babylone, il fit de son armée deux parts, et l'ayant divisée^ il traça sur chacune des rives du Gyndès cent quatre-vingts canaux, dans toutes les directions, puis il rangea ses troupes et leur ordonna de creuser. Grâce à la multitude des bras, ce travail put s'achever, mais il y employa la belle saison tout entière. »
Le voyageur qui s'aventure dans ce pays difficile remarque encore aujourd'hui les traces d'incisions profondes taillées dans le sol rocailleux par les habitants du pays, de chaque côté des rivières pour en détourner le cours. C'est en partageant leur temps entre la culture et la chasse que les Kurdes de nos jours vivent à peu près indépendants dans leurs montagnes, où le gouvernement dont ils reconnaissent l'autorité nominale n'ose pas toujours envoyer ses soldats prélever l'impôt. On est pourtant à peu près parvenu à contenir dans les limites de leur territoire ces belliqueux montagnards qui portaient jadis leurs incursions, soit dans la Mésopotamie, soit jusque sur les rives de la mer Caspienne. L'antiquité classique les connaît sous le nom de KCaoïot ou de KoacaiGiy dénomination qui s'est transmise au Koiizistan actuel ; les Assyriens les appellent Guti et Kasschi^ et ils étaient comme les Ghaldéens de race kouschite.
On a signalé dans leur pays d'importantes ruines de villes antiques, qui n*ont pas encore été fouillées et dont plusieurs, comme Tell-Shahan ou « le monticule des rois » , fourniraient probablement une riche moisson
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