‹ Histoire ancienne de l'Orient [Texto impreso]Chapitre 24 sur 98 · RÈGNE DE SALMANASAR UI (827 À · texte numérisé non relu

RÈGNE DE SALMANASAR UI (827 À

Au fur et à mesure que l'empire assyrien prend une extension plus grande et développe sa ligne de frontières du côté de l'Occident, il se rapproche des États qui s'étaient fortement constitués dans la Syrie centrale, à la faveur de la décadence de la domination égyptienne. La confédération des Hittites du nord, il est vrai, toujours morcelée en cent petites souverainetés rivales, n'était pas de taille à lutter contre le colosse assyrien, bien qu'elle possédât sur son territoire des places importantes comme Karkémis, Alep et Hamath : les révoltes partielles qui surgissaient dans ce pays étaient étouffées dans leur germe. Mais la côte de Phénicie et la Palestine comptaient des royaumes jeunes, et vigoureux, défendus par des forteresses que, la plupart du temps, la nature rendait inexpugnables. Assur-nazir-pal avait pu un instant réclamer le tribut et l'hommage de Tyr et de Sidon qu'il avait surprises en pleine révolution intérieure ; mais il suffisait que le hasard mit sur le trône de Tyr un homme actif et énergique, à la place des princes éphémères et impuissants qui succédèrent à Ithobaal !•% pour que le roi d'Assyrie put avoir à se repentir d'approcher des remparts des grandes cités phéniciennes. En Palestine, les royaumes d'Israël et de Juda après la période d'affaissement et de décadence déterminée par le grand schisme des dix tribus, s'étaient lentement relevés et suivaient séparément le cours de leurs destinées. Omri avait fondé Samarie, et Jérusalem conservait encore aux veux de tout

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Baft-relteh de l'obélisque de Nimroud (hee A).

DÈGNE DE SÀLMANASAR III (Si7 A SU)

Ba8-reliets de l'obélisque de Nlmroud (face B).

l'Orient quelque chose du vieux renom de force et de splendeur que lui avaient donné David et Salomon. Assur-nazir-pal avait jugé prudent de ne point trop s'aventurer dans celte direction, et malgré ses solennels bulletins de victoire^ il n'osa se mesurer avec les rois de Damas qui, depuis Ben-AdarP' avaient réussi à constituer un état puissant en groupant autour d'eux les tribus hittites du sud. Tyr, Damas, Samarie cl Jérusalem, unies par une alliance défensive eussent formé un infranchissable rempart pour les légions assyriennes qui fussent venues vingt fois se briser à ses pieds. Mais le particularisme et un étroit égoisme étaient toute la politique des peuples chananéens, sans cesse disposés à se trahir réciproquement et incapables de marcher d'accord autrement que sous le joug d'un commun esclavage. Les monarques de Ninive, toujours à l'affût d'une proie facile, se montreront d'autant plus empressés à profiter de ces divisions, que l'Egypte ne paraissait pas se trouver en état, pour le moment du moins, de s'occuper des affaires de Syrie. Depuis la mort de Sheshonq P'' ou Sésac qui, cinq ans après le schisme des tribus, avait envahi la Judée et pris Jérusalem, l'Egypte traversait une période de décadence pendant laquelle elle ne parut plus se soucier de ce qui se passait au dehors : on ne pouvait prévoir le relèvement qui, après un siècle d'oubli, devait suivre tout à coup l'avènement de Shabak et porter les Pharaons à disputer leur proie aux Assyriens. Nous allons bientôt assister au début de cette lutte gigantesque dont le théâtre et l'enjeu sont la Syrie et la Palestine.

Les annales du règne de Salmanasar III, fils et successeur d'Âssurnazir-pal, étaient consignées en plusieurs exemplaires plus ou moins abrégés sur les parois d'un palais qu'il se fit construire à Kalah et dout M. H. Layard a retrouvé les ruines au centre même de la colline de Nimroud. Mais les textes les plus importants et qui se complètent l'un l'autre, sont ceux qui se trouvent inscrits sur les taureaux du palais, sur une grande stèle découverte à Kourkh en Arménie, sur les bas-reliefs de bronze des grandes portes du palais de Balawat, et enfin sur le monument célèbre sous le nom d'obélisque de Nimroud. Ce dernier qui n'a pas deux mètres de hauteur, contient en cent quatre vingt dix lignes le sommaire des trente et une expéditions militaires de Salmanasar. Sur chacune des quatre faces, vers la partie supérieure, on remarque cinq registres de bas-reliefs superposés, qui représentent le roi d'Assyrie recevant l'hommage des vaincus et leurs gages de fidélité : une légende explicative ne laisse aucun doute sur Tinterpré-

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