‹ Histoire ancienne de l'Orient [Texto impreso]Chapitre 25 sur 98 · KÈGNE DE SALMANASAR III (827 A · texte numérisé non relu

KÈGNE DE SALMANASAR III (827 A

tation de ces scènes curieuses. Ici, c'esl le tribut de Sua, roi du pays de Kirzan composé de lingots d'or, d'argent, d'étain, de fer, d'ustensiles et de dromadaires ; là c'est Jéhu, roi d'Israël, appelé « fils d'Omri >> ; il apporte des lingots d'argent et d'or, des coupes d'or, des armes royales*; le troisième registre représente le tribut du pays de Musri dans lequel on remarque des dromadaires, des singes et des éléphants ; le quatrième est l'offrande de Marduk-pal-iddin, du pays de Suhi : do l'argent, de l'or, des cornes de buffles, des étoffes de laine et de lin. Enfin, le hittite Garparund apporte aussi des lingots de divers métaux, des peaux, des cornes et de l'ébène.

Les cinq premières années du règne de Salmanasar III furent remplies par des guerres qui avaient pour but de faire reconnaître l'autorité du jeune prince dans l'intérieur même de l'empire. Des révoltes avaient éclaté sur tous les points à la fois, chez des populations récemment annexées, qui s^étaient flattées de ressaisir leur indépendance à la faveur du changement de règne. Mais Salmanasar était aussi actif et non moins batailleur que son père, et il déconcerta l'ennemi par son énergie et la rapidité de ses marches militaires. Il commença par châtier la ville d'Aridi au pays de Minni, et cet exemple intimida les contrées voisines qui envoyèrent leurs impôts. Mais plus loin, du côté du nord, il fallut encore employer la force pour faire rentrer dans l'ordre les turbulents : la ville de Hubuskia fut livrée aux flammes, et les petits dynastes du nord, comme Ârami; roi du district del'Ararat, virent leur pays une nouvelle fois ruiné : la ville de Subuniga fut saccagée, et sur ses décombres Salmanasar éleva une pyramide de têtes humaines. Sur la frontière orientale du Naïri qu'il venait d'atteindre, le roi d'Assyrie se fît ériger une statue, comme pour défier l'ennemi et conjurer les révoltes en son absence, puis il rentra à Ninive en passant par le Guzani, la Gauzanitis des géographes classiques. Presque immédiatement après, il fallut se remettre en campagne pour étouffer une vaste rébellion qui, bien que nullement concertée à l'avance, avait éclaté à la fois dans le massif du mont Masius, vers les sources du Tigre, dans le bassin du Habour, tout le long de l'Euphrate et dans le pays des Hittites jusqu'à l'Amanus. C'en eut été fait peut-être de l'empire assyrien si un plan général eut présidé à cette levée en

* Le deuxième registre de la face A de l'obélisque de Nimroud représente Jéhu, roi d*Israël, prosterné aux pieds de Salmanasar; on lit, au-dessus: Madatu sa lahua, abal Humrlf kaspu, i< tribut de Jéhu, Ûls d*0mri, de l'argent. »

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masse, et si un chef unique eut dirigé les bataillons insurgés ; mais ils se firent bravement et inutilement égorger les uns après les autres. Hapimi, roi de Tul-Abne ; Kalazi, roi du pays de Kummuh; Ahuni, fils d'Adini, qui gouvernait les villes de Tur-Barsip, Lalate, Puburna, Kiau ; Mutalli, roi de Gumgum; Hanu, roi de Samlu et d'autres dynastes vassaux qui s'étaient révoltés contre leur suzerain, furent châtiés avec la dernière rigueur. Le roi de Karkemis, Sangaru, essaya de résister à la tète de Tinsurrection hittite, mais Salmanasar le mit en fuite en un clin d'œil, ravagea son pays en tous sens, et ne laissant derrière lui qu'un désert, gravit les pentes de TAmaous où s'étaient réfugiés les rebelles. Il se reposa un instant aux sources do Satuaru où il érigea en son honneur un nouveau monument, puis il descendit dans la vallée de rOronte, où les confédérés, acculés à la mer, ne pouvaient plus éviter la bataille. La coalition s'était grossie en route de tous les fuyards, mais ce n était qu'une cohue sans discipline, sans armes et démoralisée par la peur. Le roi d'Assyrie avait en face de lui : Sapatul, gouverneur du pays de Patinu (Batnae), Ahuni, fils d'Adini, Sangaru de Karkémis, Hainu du pays de Samatu, Pihirim de Hilaku (la Cilicie), Baranati du pays d'Yasbaka et une foule d'autres princes hittites. Honteusement battus, ils laissèrent deux mille six cents morts sur le champ de bataille, et quatorze mille six cents prisonniers qui tombèrent entre les mains des Assyriens furent garrôtés et conduits sous bonne escorte à Ninive.

Cependant les chefs hittites, sauf Baranati qui fut pris dans la mêlée, avaient réussi à s'échapper, et à peine Salmanasar se fut-il éloignéi pour mettre en lieu sûr le butin et les esclaves, qu'ils organisèrent de nouvelles armées et reprirent pied k pied le terrain qu'abandonnait momentanément le vainqueur. Ils s'avancèrent ainsi hardiment jusqu'à l'Euphrate, et Ahuni, fils d'Adini, releva les fortifications de Tul-Barsip sa capitale. Salmanasar vole pour la seconde fois à la conquête de l'Occident; Tul-Barsip, Tazi, Surana, Paripa, Pitru, sur le Sagurri, Dabigu^ sont emportées d assaut, et deux cents bourgs sont la proie des flammes. Le roi de Karkémis, Sangaru, avait fortifié Sazabi qui succombe à son tour. Ce qui restait dans le pays n'eut la vie sauve qu'en souscrivant à un traité qui affamait toute la contrée. « Au pays de Patid, dit Salmanasar, j'imposai trois talents d'or, cent talents d'argent, trois cents talents de fer, mille instruments de fer, mille vêtements de laine et de lin ; je réclamai en outre les filles du roi avec de

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nombreux bijoux, vingt talents de zamat, cinq cents bœufs, cinq mille moutons, un demi-talent d'or, un demi-talent de zamat^ cent poutres de cèdres, et je transportai ces tributs dans ma ville d'Assur. A Kayana, fils de Gabari qui habite aux pieds de TAmanus, j'imposai un talent d'argent, un talent de cuivre, un talent de fer, trois cents vêtements de laine et de lin, trois cents bœufs, trois mille moutons, deux cents poutres de cèdre, ses filles avec leurs bijoux, et en surplus, dix mines d'argent et trois cents poutres de cèdre. A Aruma, fils d'Aguri, j'imposai dix mines d'or, six talents d'argent, cinq cents bœufs, cinq mille moutons. A Sangaru de Karkémis, deux talents d'or, soixante talents d'argent, quarante talents de cuivre, cent talents de fer, vingt talents de zamat^ ses filles avec leurs bijoux, cent filles nobles, cinq cents bœufs cinq cents moutons, et en surplus, une mine d'or et un talent d'argeni. A Kalazil, du pays de Kummuh, vingt mines d'argent et trois cents poutres de cèdre. »

Déjà ruinés par la guerre, les vaincus se trouvaient dans l'impossibilité matérielle de s'acquitter d'une pareille rançon. Ils n'en livrèrent qu'une partie, et Salmanasar impitoyable prit la résolution de les exterminer, de faire périr jusqu'à leurs noms et de raser leurs villes. La ville de Tul-Barsip reçut une garnison assyrienne et s'appela désormais Kar-Salmanasar; Napigi fut changée en Lillu-Assur; Alpigi, Pitur, Mulkima eurent aussi des dénominations nouvelles et furent habitées par des colonies d'Assyriens.

Rassuré désormais sur la tranquillité des contrées qui s'étendent depuis le Tigre jusqu'à l'Amanus, Salmanasar fut libre d'entreprendre une grande expédition contre le pays de Naïri, dans lequel il n'avait pu faire qu'une courte apparition au début de son règne. Ces tribus du nord, insuffisamment réprimées, se croyaient à Tabri des coups du terrible despote ninivite, et depuis un certain temps elles n'envoyaient plus la contribution de guerre. Le roi d'Assyrie partit de Kar-Salmanasar, traversa les districts de Sugabli, Zamani, Namdan et atteignit les premiers contreforts des montagnes arméniennes. Le canton de Bit-Zite fut saccagé ; il en fut de même de ceux de Dayeni od Salmanasar entra après avoir franchi le fleuve Arzania (l'Araxe). Le roi Aramu du pays d'Urarthu (Ararat) prit peur et s'enfuit vers les montagnes d'Adduri : il perdit trois mille quatre cents hommes dans une bataille, et Arzaska sa capitale fut la proie des flammes. Il échappa lui-même au vainqueur, mais ses généraux eurent la tête tranchée. Poursuivant toujours sa

marche du côté de TOrient, Salmanasar entra à Aruste, àZanziu, et pour la seconde fois, vit la frontière du Naïri. Il s'y reposa quelque temps, invoqua la protection d'Assur, offrit un sacrifice solennel aux grands dieux, érigea une stèle en mémoire de sa conquête, puis il reprit lente* ment le chemin de TAssyrie, soumettant sur son passage le pays de Gilzan ou Kirzan, dont le roi Asa avait essayé de lui résister. Kaki, roi de Hubuskia, fut aussi complètement battu ; sa ville d'Asibi fut ruinée ; le roi d'Assyrie y prit trois mille esclaves avec d'immenses troupeaux de bétail, puis il rentra à Ninive on passant par Arbèles.

Les années qui suivirent furent aussi agitées que les précédentes et Finfatigable monarque bataillait sans relâche ni trêve. Âhuni, fils d'Adini^ qui s'était encore révolté, finit par être fait prisonnier et il fut conduit à Ninive chargé de fers. C'était une bonne prise qui acheva la pacification de la vallée de l'Euphrate. Mais les lointains pays de TOccident, que Salmanasar avait une fois conquis sans pouvoir profiter de sa victoire, excitaient la convoitise du roi d'Assyrie. De soii poste d'observation de Kar-Salmanasar qu'il avait fait construire en face de Karkémis, il épiait une occasion favorable pour reprendre le chemin du soleil couchant, et contempler en conquérant les flots de la grande mer de Phénicie. Quand il se crut prêt et qu'il eut reformé les effectifs de ses bataillons, il traversa l'Euphrate sur des radeaux, perçut sur son passage les tributs du roi de Karkémis, d'Arumi, fils de Gasi, de Lalli, roi de Lallida, de Girparund, roi de Patinu(Batnae}, des villes de Pitru et de Hulsar, puis, avant de franchir l'Amanus, il voulut s'assurer la protection des grands dieux par un sacrifice gigantesque : mille moutons furent immolés à Raman, le dieu du tonnerre et de la grêle, car c'est lui qui avait la puissance de faire pleuvoir comme la grêle les flèches des Assyriens sur les armées ennemies.

Cette précaution n'était point inutile, car Salmanasar se trouva tout à coup en face d'une formidable coalition sur laquelle il ne comptait guère. Les chefs en étaient Irkulina, roi de Hamath et le vieux Ben- Adar !•', roi de Damas, qui avait de la guerre une expérience consommée et avait groupé sous son sceptre toutes les tribus hittites de l'Occident* 11 était l'âme des confédérés et il eut peut-être réussi à barrer la roule aux Assyriens s'il n'eut préalablement épuisé ses ressources par ses guerres avec Omri, roi d'Israël. « Douze rois, dit Salmanasar, avaient réuni contre moi leurs troupes ainsi composées : i ,200chars^ 1 ,200 cavaliers et 20,000 archers de Ben-Adar (Bin-idri) de Damas (Dîmasqa) ;

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