‹ Histoire ancienne de l'Orient [Texto impreso]Chapitre 43 sur 98 · ASSUHBANIPAL. — CONQUETE DE L'EGYPTE · texte numérisé non relu

ASSUHBANIPAL. — CONQUETE DE L'EGYPTE

§ 2. — ASSURBANIPAL. — CONQUÊTE DE l'ÉOYPTE

Le jeuDe prince qui moatail sur le trôae devait, pendant un règne d'une quarantaine d'années environ, porter h son apogée la puissance assyrienne et la gloire d« Ninive. Actif, batailleur et cruel, ayant fait un long apprentissage du pouvoir, et déjà populaire à cause des services qu'il avait rendus sous le règne de son père, tenant dans sa main l'armée la plus redoutable du monde et l'instrument aveugle de ses caprices, rien ne lui manquait pour être un de ces fléaux que la Pro-

vidence déchaîne parfois sur les peuples pour les asservir. 11 fut un Gengis et un Tamerlan, et comme eux, il ne laissa rien après lui; on peut même dire que sa gloire et sa puissance sont surtout mises en relief par l'effroyable catastrophe qui suivit son règne, et qui fit rentrer pour jamais la superbe Ninive dans le néant. Du moins, eul-il l'honDeur de maintenir intact, durant tout son règne, l'empire immense dont il avait posé les bornes, et il n'assista pas au craquement soudain, que rien ne faisait prévoir, quand il descendit dans la tombe.

Les bas-reliefs de la galerie de Koyoundjik, au Musée Britannique,

334 ASSARHADDON ET ASSURBANIPAL. RUINE DE NLNIVE

où il esl bien des fois représenté, tantôt coiffé d'une tiare élevée, tantôt la tête ceinte d'un diadème, lui donnent, au plus haut degré, tous les traits de sa race, à la fois sanguinaire et voluptueuse. Il ressemble beaucoup à son grand-père Sennachérib ; comme lui, il se distingue par un front élevé, de grands yeux en amande, des lèvres épaisses et sensuelles, une figure d'un ovale régulier, qui en fait un beau type oriental. A l'imitation des rois ses ancêtres, il avait l'habitude, dans les cérémonies ofticieUes, de porter d'énormes boucles d'oreilles qui formaient comme un collier de perles, et une longue barbe postiche et frisée, avec de grosses touffes de cheveux en boucles, qui le faisaient plus ou moins ressembler aux monstres ailés à tête humaine, images des dieux et des génies. Il avait le port majestueux, et d'une solennité imposante, avec sa taille élevée, sous cet ample costume royal si artistement brodé par les femmes de son harem, orné de franges d'or et rehaussé des pierres précieuses les plus étincelanles.

La cérémonie du couronnement eut lieu, avons-nous dit, le 12* jour d'Airu (avril-mai), de l'an 667. De toute éternité les grands dieux avaient proclamé pour la souveraineté le nom d'Assurbanipal, et c'est sur l'ordre d'Assur et d'Istar, qu'Assarhaddon le créa roi. Le mois d'Aïru avait été choisi pour l'inauguration du nouveau règne, parce que c'était le mois spécialement consacré au dieu Ea, le souverain de l'humanité et l'origine de toutes choses, et, le lî^'jour, on célébrait la fêle de Sisa en l'honneur de la grande déesse Gula, une des plus antiques divinités du panthéon chaldéo-assyrien. Assarhaddon convoqua tous les hommes du pays d'Assur, grands et petits, depuisla mer supérieure jusqu'à la mer inférieure, pour leur faire reconnaître l'autorité royale de son fils et les obliger à lui rendre hommage. Cette foule de rois vassaux, ces satrapes et ces gouverneurs accourus des plus lointaines régions, durent être éblouis des splendeurs de Ninive, parée des dépouilles de leurs peuples. Après la reconnaissance officielle^ ils conduisirent en grande pompe Assurbanipal dans le Bit ridiiti a le palais du gouvernement. >> C'était l'ancienne demeure de Sennachérib , le grand'père du jeune prince; c'est là, dit-il lui-même, « qu'il avait autrefois été élevé, qu'il avait appris à tirer de Tare, à monter à cheval, à diriger un char ». Quand les satrapes lui eurent rendu hommage et qu'ils eurent renouvelé leur serment de fidélité envers les dieux de l'Assyrie, on les congédia et ils retournèrent dans leurs provinces. Assurbanipal n'avait pas le temps de s'attarder longuement à celé-

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