‹ Histoire ancienne de l'Orient [Texto impreso]Chapitre 55 sur 98 · GUERRE EN CHALDÉE · texte numérisé non relu

GUERRE EN CHALDÉE

chairs pantelaotes on pâture aux chiens, aux chacals, aux vautours, aux aigles, aux oiseaux du ciel el aux poissons de la mer. C'est ainsi que j'apaisai le courroux des dieux irrités de leurs honteuses actions. Quant aux cadavres de ceux que la peste avait emportés ou qui avaient succombé sous l'étreinte de la faim, et qui, devenus le rebut de la nourriture des chiens, jonchaient le sol dans les rues et sur les places, je les fis emporter hors de Babylone, de Cutha, de Sippar, et je les fis brûler sur des bûchers. De l'avis des prêtres, je réparai leurs temples, je purifiai leurs fontaines, et j'apaisai leurs dieux irrités et leurs déesses mécontentes à force d'offrandes et de prières; je rétablis leur culte négligé depuis longtemps. Les survivants des habitants de Babylone, de Cutha, de Sippar qui avaient encore échappé aux souffrances, aux privations et à la famine, reçurent leur pardon ; je leur fis grâce de la vie et je leur permis d'habiter Babylone. Les hommes des pays d'Âccad, de Chaldée, d'Arumuet du pays de la mer, qui s'étaient groupés autour de Salummukin et qui s'étaient concertés pour reprendre leur indépendance et se révolter contre moi, virent leur pays broyé en totalité; je leur imposai le joug d'Assur qu'ils avaient rejeté; mes préfets furent chargés de les tenir en respect, de les faire obéir aux lois d'Assur, de Belit et des grands dieux du pays d'Assur; enfin ils durent apporter chaque année sans manquer, le tribut dû à ma souveraineté ^ » Pour éviter de nouvelles rébellions, Assurbanipal supprima la vice-royauté de la Chaldée, ou plutôt il prit lui-même le titre de roi de Babylone avec le nom de Kandalanu. C'est le Chiniladan des auteurs grecs, et sous ce nom, il régna vingt-deux ans comme roi de la Chaldée*.

Tel est le navrant récit de cette nouvelle destruction de Babylone : en moins d'un demi siècle, la vieille capitale de la Chaldée sévit ruinée deux fois par les Assyriens ; cependant elle se relèvera encore, et le moment n'est pas éloigné où sa rivale du nord paiera de sa vie les cruautés à l'aide desquelles elle avait réussi à imposer sa domination à toute l'Asie antérieure !

' Nous avons suivi pour ce récit, le texte du V* volume du recueil du Musée britannique, comme plus complet que celui qui se trouve dans le III* volume du même recueil. * Cf. Ebh. Schrader, Zeitschrift fur Keilschriftforschung. Juillet 1884, p. 222 etsulv.

358 ASSARHADDON ET ASSURBANÏPAL. RUINE DE NINIVE

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