NOUVELLES CAMPAGNES CONTRE L'ÉLYMAIDE
Par la volonté d'Assur et d'istar, j'entrai dans les palais d'Ummanaldas et je m'y installai en grande pompe; je fouillai la maison du trésor où l'or, Targent et toutes les richesses se trouvaient entassées, que les rois élamites les plus anciens jusqu'aux rois de ce temps-ci avaient ramassées, et sur lesquelles aucun ennemi n'avait encore mis la main. Je m'en suis emparé comme d'un butin. Il y avait de l'or, de l'argent et des richesses provenant des pays de Sumer, d'Âccad, de Kar-Dunias, que les anciens rois élamites avaient^ jusqu'à sept fois différentes, pillées et emportées dans leur pays; il y avait aussi des pierres précieuses vertes et rouges, de riches vêtements et des parures que les anciens rois du pays d'Accad et Salummukin lui-même avaient envoyés aux Élamites pour solliciter leur alliance. C'étaient encore des vêtements royaux d'apparat, des armes de guerre et toutes choses servant à combattre, des arcs, des ustensiles et des fournitures de toute espèce; les divans sur lesquels ils s'asseyaient et dormaient, les vases dans lesquels ils mangeaient et buvaient '... ; des chars de guerre, des chars de parade dont le timon était orné de pierres précieuses; des chevaux, de grandes mules dont les harnais étaient recouverts de lamelles d'or et d'argent : tout cela, je l'emmenai en Assyrie. Je détruisis la pyramide de Suse, dont la masse était en marbre et en albâtre ; j'en abattisles deux pointes, dont le sommet était en cuivre élincelant. Le dieu Susinak, dieu de leurs oracles, qui habitait dans leurs sanctuaires cachés et dont personne ne devait voir l'image, les dieux Sumudu, Lagamar, Partikira, Amman-. Kasimas, Uduran, Sapak, qu'adoraient les rois d'Rlam et dont ils redoutaient la divinité; les dieux Ragiba, Sungumsur, Karsa, Kirsamas, Sudunu, Aipaksina, Bilul, Paninlimri, Silagara, Napsa, Nalirtu, Kindakurhu, tous ces dieux et toutes ces déesses avec leurs richesses, leurs trésors, leurs pompeux appareils, leurs prêtres et leurs servants, je les emportai au pays d'Assur, ainsi que trente-deux statues de rois, en argent, en or, en bronze et en albâtre, enlevées aux villes de Suse, de Madaktu, de Huradi, la statue d'Ummanigas, frère d'Umbadara, celle d'Islar-Nahunti, celle de HuUusi, celle deTammaritu, le dernier roi qui, d'après l'ordre d'Assur et d'Istar m'avait fait sa soumission. J'ai aussi recueilli les lions et les taureaux à face humaine qui faisaient l'ornement des temples; j'ai fait transporter les colosses qui gardaient les portes des sanctuaires; j'ai tout détruit jusqu'aux fondements; j'ai fait voler
> Ici le texte entre dans des détails encore plus précis : sa ina libbi irmukUf ippaSsu : « vasa in quitus mingebant et cacabUnt, »
en éclats les statues des dieux et des déesses. Il y avait des forêts sacrées où personne n'avait pénétré, dont le sol n'avait pas encore été foulé par qui que ce fiM : mes soldats y entrèrent, virent les sanctuaires des dieux et les incendièrent. Les tombeaux de leurs rois, anciens et récents qui n'adoraient pas Assur et Istar, mes maîtres, et qui inquiétaient les rois mes pères, je les violai et les ouvris à la lumière du soleil, et j'emportai leurs restes en Assyrie ; je laissai leurs ombres sans sommeil et je les privai des prières du sacrificateur. En une expédition d'un mois et vingt-cinq jours, je détruisis tout le pays d'Élam et je répandis sur lui la désolation et la famine. Les filles des rois, les sœurs des rois, les familles des anciens et des derniers rois du pays d'Élam, les gouverneurs et les préfets de toutes les villes que j'avais prises, les chefs des archers, les capitaines^ les conducteurs de chars, les écuyers, les lanciers, les archers... en un mol toute l'armée, chefs et soldats, grands et petits, les chevaux, les mulets, les ânes, les bœufs et les moutons en plus grand nombre que les sauterelles, tout cela fut emporté en Assyrie ; je pris même de la poussière des villes de Suse, de Madaktu, de Haltenas et des autres villes saintes, et, pareil à un aigle, je la portai jusqu'au pays d' Assur. Dans l'espace d'un mois, tout^ dans TÉlymaïde, fut balayé, et il n'y resta plus ni agglomération d'hommes, ni troupeaux de b(eufs et de moutons, ni aucune bêle apprivoisée, ni champs cultivés. Je livrai cette terre aux onagres, aux gazelles et aux bêtes du désert qui y pullulèrent comme des poussins.
(( La déesse Nanâ qui depuis mille six cent trente-cinq ans était malheureuse et captive en Élam, pays^qui ne lui était pas consacré et qui, dès cette époque, avail, de concert avec les dieux ses pères, proclamé mon nom pour la souveraineté des nations, me confia le soin de lu faire rentrer dans son pays. Elle dit : « Assurbanipal me fera sortir de l'Éiam, (( pays ennemi et me rétablira dans le temple Ë-Anna. v Cet ordre avait été proféré dès les jours d'autrefois, mais ce furent seulement les hommes d'aujourd'hui qui l'expliquèrent. Je saisis les mains de la statue de la grande déesse, et je lui fis prendre, vers le E-Anna, un chemin direct et qui réjouit son cœur. Le premier jour du mois de Kisilev, je la fis entrer dans la ville d'Uruk, dans le temple de sa prédilection et je lui fis habiter les sanctuaires éternels.
« Les esclaves et les dépouilles du pays d'Élam que j'avais pris sur Tordre des dieux Assur, Sin, Samas, Raman, Bel, Nabu, Istar de Ninive, reine du Kitmuri^ Istar d'Arbèles, Adar, Nergal, Nusku, j'en offris les