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affaires commerciales, ces étrangers pouvaient joindre des entreprises de transports maritimes; quelques-uns aussi, des opérations de banque, c'est-à-dire d'usure : nous savons par Cicéron, — qui ne donne pas de détails à ce sujet, — que le Campanien Sittius avait, en 64 avant J.-C, une forte créancesur le roi de Maurétanie *.
La richesse qui s'accumulait dans certaines villes, chefs-lieux politiques et centres commerciaux, y développait le luxe. Les princes qui y résidaient voulaient habiter des demeures dignes de leur puissance : des textes mentionnent les palais de Syphax et de Masinissa à Cirta ^ de Jugurtha à Thala ^, de Juba P"" à Zama*. Il fallait aussi, aux dieux, des temples, aux morts illustres ou orgueilleux, des mausolées, qui se dressaient tantôt près des villes, — tel le mausolée de Dougga, — tantôt dans une solitude majestueuse, — telles la Çoumâ du Khroub et les deux vastes sépultures royales qu'on appelle le Médracen et le Tombeau de la Chrétienne ^
La civilisation urbaine, nous l'avons montré", se répandit moins dans la Numidie occidentale et en Maurétanie que dans la Numidie orientale. Celle-ci était, selon Salluste'', riche en édifices. Parmi les villes qui se parèrent de beaux monuments, les principales paraissent avoir été Cirta ^, « bien pourvue de de toutes choses, dit Strabon ', surtout parles soins de Micipsa », « la ville la plus opulente du royaume de Juba », dit l'auteur du récit de la campagne de César'"; Zama, le séjour préféré de
1. Pro Sulla, 20, 56 : « magna ratione cum Mauretaniae rege contracta »; ibid., 58 : « in regnis maximae pecuniae » (dues à Sittius).