Bell. Afric, XXV
ce même Juba'; Thugga, importante dès le iv- siècle-. De ces édifices élevés dans les royaumes africains, il reste plusieurs mausolées, que nous étudierons avec les autres tombeaux. Il faut y joindre des membres dispersés d'architecture, recueillis en divers lieux : débris que l'époque romaine a recouverts ou utilisés, et qu'il est d'ordinaire impossible de dater avec précision. Enfin, des images tracées sur des monnaies de Juba I"' représentent, l'une un temple % l'autre un monument indéterminé, peut-êti-e la façade d'un palais* : on peut supposer que le roi fit construire ces deux édifices à Zama.
Les indigènes n'avaient pas d'art monumental; ils empruntèrent cekii des Carthaginois, auxquels ils devaient tant d'autres choses. Art hybride %, mélange à doses variables de motifs orientaux et de motifs helléniques; art routinier, d'aspect archaïque. Ce furent probablement des architectes puniques que l'on appela d'abord pour bâtir les édifices dont on avait besoin ; ils purent avoir des élèves d'origine numide, qui, du reste, n'auraient rien innové. Le temple de Masinissa, élevé à Dougga peu d'années après la ruine de Carlhage, eut pour constructeurs Hanno, fils d'Iatonbaat, fils d'Hannibal, — trois noms phéniciens, — et Niptasan, — nom libyque, — fils de Shafot, — nom phénicien (mais la lecture n'est pas certaine) ^. L'inscription du mausolée de Dougga, qui est à peu près contemporain du temple, indique, comme « constructeui-s des pierres », un Ab[d]arish, fils d'Abdashtart, — deux noms phéniciens, — puis un Libyen, le propre fils du personnage pour lequel le mausolée fut fait, enfin un Mangi, fils de Varsacan, — deux noms libyques^ Le premier