Voir t. V, p
liqueur, une sorte de vin sucré, qui ne se conservait que quelques jours'.
Nous n'avons aucune raison de supposer que les ancêtres^ des Berbères aient pratiqué le rite de la circoncision^; les Phéniciens eux-mêmes, qui s'y soumettaient dans leur patrie, y avaient probablement renoncé en Afrique ^
Comme en Europe, Fusage des peintures corporelles était très ancien dans cette contrée : à l'origine, c'était vraisemblablement un rite, ayant des vertus prophylactiques et purificatrices. Des stations préhistoriques contiennent des molettes ou des galets, offrant des vestiges des matières colorantes qu'ils avaient broyées : ocre rouge et, plus rarement, ocre jaune *. On peut admettre que ces couleurs étaient appliquées, non seulement sur des objets mobiliers, mais aussi sur la peau. Nous verrons^ que, dans ces âges lointains et plus tard encore, jusqu'en des temps rapprochés de notre ère, des cadavres paraissent avoir été peints en rouge : la côte orientale de la Tunisie est une des régions où l'on a trouvé des indices de cette coutume ^ Des vivants s'y soumettaient aussi. Au v" siècle avant J.-C, des peuplades qui occupaient ce littoral, les Maxyes, les Gyzantes, et peut-être aussi les Zauèces, se peignaient le corpsavec du vermillon'. Barbouillages auxquels les Libyens renon-
1. Hérodote, IV, 177. Périple de Scylax, 110 (G. G. m., 1, p. 86 et 87). Théophraste, Hist. plant., IV, 3. Polybe, XII, 2. Pline l'Ancien, XIII, 106. Strabon, XVII, 3, 11 (vin de mélilotos chez les Mas;i'syles). Mêla (I, 41) dit d'une manière générale, en parlant des indigènes de l'intérieur : «Potus est lac sucusque bacarum. »
2. Dans un passage où il indique les peuples qui se font circoncire, Hérodote- (II, 104) ne mentionne pas les Libyens. Gonf. 0. Bâtes, The Eastern Libyans, p. 140.