Ibid., p
9. Supra, p. 109 n. 5. Voir aussi une monnaie frappée sous Juba II à Shemesh : Miiller, III, p. 111.
l'écriture monumentale s'y mêlent encore à l'écriture cursive '. Même mélange sur une monnaie de Zili - (en Maurétanie), antérieure à la création d'une colonie en ce lieu par Auguste (création qui doit se placer entre 33 et 25).
Ces constatations concordent à peu près avec celles que l'on peut faire ailleurs. Une inscription trilingue sur pierre, trouvée à Henchir Aouin, dans la province d'Africa^ date vraisemblablement de 91 avant notre ère^ : le texte punique y est en écriture monumentale, mais avec quelques lettres cursives. Sur une inscription de Sardaigne*, qu'on place approximativement entre 80 et 50% l'écriture néopunique prédomine, non sans accompagnement de plusieurs lettres anciennes. Elle règne sans partage sur des monnaies frappées au temps de Tibère dans l'île d'Ebusus (Ibiça) ^ et en Espagne''.
On en conclura que c'est, d'une manière générale, au cours du premier siècle avant J.-C. qu'elle a remplacé l'écriture monumentale sur la pierre et sur le métal : ici plus tôt, là plus tard, avec des périodes de transition plus ou moins longues, et même, en certains lieux, quelques survivances obstinées de l'ancien alphabet jusqu'après notre ère.
Il est probable qu'à Cirta, la langue phénicienne disparut rapidement quand la capitale numide fut devenue une colonie romaine. Or la riche collection d'ex-voto puniques trouvés à Gonstantine* offre des inscriptions en un alphabet punique pur, d'autres qui sont presque entièrement néopuniques, d'autres entin, — de beaucoup les plus nombreuses, — où les