A Abdéra : Ileiss, l. c, p. 310, n<" 10-11 ; pi. XLV
•S. Elle comprend actuellement plus de 160 inscriptions.
deux écritures se mêlent ^ D'après ce qui précède, les inscriptions néopuniques de Cirta peuvent être placées à des dates voisines du milieu du premier siècle avant l'ère chrétienne, les puniques au ii^ siècle, les mixtes dans l'intervalle. Les mêmes principes serviront à dater, approximativement, selon la forme des lettres, plus ou moins dégradées, les monnaies portant des légendes en langue phénicienne.
Pour les inscriptions néopuniques ou mixtes tracées sur d'autres matières, — gravées sur des plats-, peintes sur des urnes cinéraires ^, — il n'est pas impossible d'admettre des dates plus anciennes, puisque nous avons des preuves que cette écriture, en tant qu'écriture cursive, était déjà usitée assez longtemps avant la destruction de Carthage.
Elle n'avait pas alors, elle ne prit pas plus tard un aspect strictement uniforme : l'écriture monumentale s'était altérée de diverses manières. Deux types se distinguent surtout. « Tantôt, dit Philippe Berger'', les lettres, en général très grandes, ont conservé plus ou moins leurs formes primitives; les têtes des lettres sont encore reconnaissables et leurs queues s'allongent en longs jambages qui traînent, comme des membres dépourvus de nerfs, dans toutes les directions. Tantôt, au contraire, à part un ou deux caractères qui sont jetés en dehors de la ligne, les lettres sont ratatinées et réduites à n'être plus que de simples virgules; elles se ressemblent au point de se confondre les unes avec les autres et rendent la lecture de ces inscriptions très incertaine. » Mais, entre ces deux types, si nettement caractérisés, il y a des écritures intermédiaires.
1. Berger, Actes du XL Congrès des Orientalistes (Paris, 1897), IV, p. 275.
2. P. ex., sur des plais trouvés à Collo et à Gouraya, dans des sépultures des^ iv'-n= siècles. A Collo, la plupart des lettres appartiennent à l'alphabet punique; à Gouraya, elles appartiennent à l'alphabet néopunique. Voir Hélo, Bull, archéol. du Comité, 1895, pi. XIV; Gsell, Fouilles de Gouraya, p. 25, fig. 11; Répert. d'épigr. sémiL, II, 770, et III, 1979-2000.
3. Trouvées à Sousse : voir t. II, p. 139, n. 4; t. IV, p. 451-2.
4. Dans Instructions pour la recherche des antiquités dans le Nord de V Afrique, p. 71-72.
En même temps que l'alphabet, l'orthographe subit des modifications ', qui deviendront plus fréquentes à l'époque romaine : on omet ou on échange entre elles les gutturales {aleph, hé, heth, aïn), qui se confondent dans la prononciation ou ne se prononcent même plus; ou bien on les fait servir, avec les lettres xjod et wau\ à exprimer les voyelles, jusqu'alors omises dans l'écriture.
Le grec, langue d'une civilisation dont Carthage avait été largement tributaire, pouvait exercer son attraction sur quelques esprits avides de culture : parmi eux, il faut, dit-on, compter deux fils de JMasinissa, Micipsa et Mastanabal '. Il n'est pas vraisemblable que la colonie grecque de Cirta ait beaucoup fait pour propager sa langue dans la population de cette ville. La fréquentation des ports numides et maures par des marins et des marchands venus des pays grecs d'Orient, de la Sicile, de la Grande Grèce, eut peut-être un peu plus d'influence; à vrai dire, nous n'en savons rien. Mais, sur le littoral des Syrtes, au voisinage du pays grec qu'était la Cyrénaïque, la langue grecque paraît avoir été d'un usage assez courant \ C'est sans doute dans cette contrée que furent frappées, au second siècle, des monnaies portant la légende A'.ê'jcov, et aussi une lettre punique ^
Le latin fut très peu répandu en Numidie et en Maurétanie jusqu'à la seconde moitié du i^'' siècle avant notre ère. Rome
1. On les constate dans les inscriptions de Constantine : voir Berger, Actes du Xi Congres, IV, p. 276.
2. V. supra, p. 91. — Selon Suétone (Jules César, 52), la femme du roi maure Bogud s'appelait Eunoe, nom grec. Mais était-ce bien le nom que lui donnaient les Maures?
3. Du moins, elle y était d'un usage courant sous l'Empire, et l'on peut supposer qu'elle s'y était implantée plus tôt.