‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 141 sur 307 · Gonf. t. IV, p · texte numérisé non relu

Gonf. t. IV, p

2. M. Laoust {Mots, p. 214 et 221) croit retrouver un ou deux mots latins (mater et terra mater) dans les invocations qu'on adresse à la ghonja en certains lieux. Ce qui me paraît fort douteux.

3. Où, d'ordinaire, elle ne s'est pas maintenue, ayant été reportée à une fêtemusulmane : V. infra.

4. Voir Doutté, Merrâkech, p. .374, et Magie et religion, p. 549-550 ; Laoust, Mots,. p. 197, note, et dans Hcspéris, 1921, p. 387 et suiv.

se sont étroitement mêlés aux procédés mécaniques. Les vieilles fêtes saisonnières ont été, pour la plupart, captées par les fêtes musulmanes, dont les dates, fixées d'après l'année lunaire de M 354 jours, sont indépendantes des saisons : en beaucoup de lieux, le carnaval et les feux de joie se célèbrent maintenant à VA id el Kebir (jour des sacrifices à la fin du grand pèlerinage de la Mecque), au J7ou/o?<c? (Nativité du Prophète), ^WTiouikY Achoura (dixième jour du premier mois du calendrier musulman).

On peut même se demander si des influences soudanaises, importées par des esclaves, ne se sont pas immiscées dans certains rites, n'en ont pas introduit de nouveaux ^

Mais, à travers ces transformations, ce qui subsiste, avec une vitalité plus ou moins grande, c'est un ensemble de pratiques dont l'origine se perd dans des temps très antérieurs à l'histoire.

Dès l'âge de la pierre, les Africains portaient sur eux des objets qui étaient des amulettes, plutôt que des ornements'^. Cet usage a persisté jusqu'à nos jours. La protection qu'assurent les amulettes peut venir, soit d'un génie, soit d'un dieu, qui y <iépose, de diverses manières, une parcelle de son pouvoir. Mais, dans les croyances primitives, c'était peut-être une force impersonnelle qui venait s'y concentrer, sorte de fluide épars à travers le monde.

Peut-être était-ce aussi ce' fluide qui, s'accumulant dans des êtres vivants, leur conférait une puissance particulière, dont on devait beaucoup craindre et beaucoup espérer. A leur égard, on pouvait essayer l'efîet des moyens de contrainte qu'offrait la magie. Cependant il valait mieux tenter de fléchir ces êtres

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