‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 145 sur 307 · Gautier, Sah. alg.. flg · texte numérisé non relu

Gautier, Sah. alg.. flg

licaux' : ce seraient des plumes, comme celles qui entourent la sphère du bélier. Au vf siècle de notre ère, les Lagualan, peuplade de la région des Syrtes, lâchaient sur l'ennemi, avant d'engager la bataille, un taureau qui leur servait, en quelque sorte, de chef de guerre et qui représentait, disaient-ils, leur dieu Gurzil-, né d'Ammon et d'une vache ^ Cette croyance à l'incarnation d'une divinité dans un animal avait dû se substituer chez eux à la zoolùtrie pure*.

On peut dire, sans trop d'exagération, que l'anthropolâtrie règne encore en Berbérie. Nulle part, le culte des saints n'y est aussi fervent. Ces saints, les marabouts, sont détenteurs d'une force sacrée qui les met au-dessus des autres hommes, d'un fluide qui exerce son action par leur contact, ou même par leur approche. Action généralement bienfaisante, guérissant les maladies, écartant les fléaux, assurant le succès des entreprises, mais capable aussi d'infliger de grands maux, par justice ou par vengeance. Des miracles, une vie ascétique, une piété extraordinaire, des allures anormales, qui ont pour cause un dérangement de l'esprit, quand elles ne sont pas simulées, d'autres signes encore attestent qu'un homme privilégié est en possession de cette force sacrée. Celui qui est ainsi reconnu marabout par la voix du peu[)le transmet sa sainteté à ses héritiers naturels ou à ses élus; elle ne l'abandonne pas lui-même lors de sa mort, mais elle rayonne autour de son tombeau. Ajoutons que le culte des marabouts garde le plus souvent un

1. Flamand, p. 60, 367-8; fig. 18 et pi. X. L'hypothèse que cette image pourrait représenter une divinité d'importation égyptienne, le taureau d'Erment (t. I, p. 253), me paraît aujourd'hui devoir être écartée.

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