Voir t. V, p
6. Cassius Félix, De medicina. 13, édit. Rose : « Stigmala dicuntur characteres nominati, quos militantium manus, vel feminarum Maurarum vultus ostendit. ToUuntur periculose medicamento discoriatorio quod Graeci ecdorion vocant. Est enim causlicae et septicae virtutis, id est incensoriae et putrilicatoriae. Etc. »
7. De nombreuses observations et figures ont été publiées, mais une étude d'ensemble fait défaut. Voir, entre autres, Bertholon, Bull, de géogr. histor. du Comité, 1891, p. 404-9 (Khoumirie); le même. Archives d'antliropol. criminelle, XIX, 1904, p. 756-786 (Tunisie); Carton, Ornementation et stigmates tégumentaires chez les indigènes de l'Afrique du Nord, dans Mémoires de la Soc. d'anthropol. de Bruxelles, XXVlIi, 1909, et Rev. tunis., XX, 1913, p. 673-695 (Tunisie); Gobert, Bev. tunis., XVIII, 1911, p. 32-41, et L'Anthropologie, XXXIV, 1924, p. 57-90 (Tunisie) ; Jacquot, VAnthropol., X, 1899, p. 430-8 (Algérie); Ilerber, Rev. de Vhist. des religions, LXXIII, 1921, p. 09-83, et L'AnthropoL, XXXlll, 1923, p. 87-104 (Maroc); Laoust,
des Berbères purs', aussi ])ien que chez des Arabes ou des Berbères arabisés : il n'y a donc pas lieu de croire qu'il s'est propagé depuis les invasions musulmanes'; du reste, le texte de Cassius Félix suffirait à réfuter cette opinion.
Parmi les tatouages, certains pourraient avoir un caractère ethnique, être des signes communs à un groupe de population, aux gens qui composent une tribu. Je doute, cependant, que de pareilles marques existent vraiment en Berbérie. Si des dessins sont plus fréquents dans telle ou telle région qu'ailleurs, cela ne prouve pas que les femmes qui les tracent les regardent comme des figures appartenant en propre à leur groupe, servant à en distinguer les individus et aussi à leur assurer une protection spéciale.
Que, dune manière générale, les tatouages aient, — ou aient eu à l'origine, — une vertu protectrice, c'est ce qui ne paraît pas contestable. Ils sont des « amulettes permanentes » ^, à la fois prophylactiques et curatives, contre maux matériels et influences nuisibles. Leur caractère magique explique pourquoi le Prophète les a proscrits, en les qualifiant d' « écriture du Diable ». Le petit signe en forme de croix que les Berbères tracent si souvent sur le front de leurs enfants est appelé el ayyacha \ « ce qui fait vivre » : témoignage du rôle tulélaire qu'on lui reconnaît encore et qui n'a certainement aucun lien avec le christianisme \
Mais, à travers les siècles, la plupart des tatouages sont
Mots el choses berbères, p. 1.38-142 (Maroc). D'une manière générale, Bertholon et Chantre, Recherches, I, p. 478 et suiv. ; van Gennep, Études d'ethnogr. algérienne, p. 83 et suiv.