Conf. t. I, p. 496 et
7. I, 39. Voir aussi Pline l'Ancien, II, 115. •8. Bâtes, /. c, p. 173-6.
tables, sur lesquels les Berbères ont une foule de lég-endes et que leurs ancêtres n'ignoraient pas^; tantôt des puissances bienfaisantes. Un groupe humain sentait le besoin d'avoir auprès de lui, sur son territoire, un ou plusieurs protecteurs, qu'il connût bien, qu'il pût aborder sans peine. A la source, à la grotte, à l'arbre, à la montagne où les hommes avaient pris l'habitude d'entrer en rapports avec les génies, ils fixèrent un de ces êtres sacrés, qui en devint le maître, qui en devint aussi l'âme. Le culte des dieux locaux se répandit.
Ces dieux nous sont fort mal connus'-. D'ordinaire, ils n'avaient pas d'images, et leurs fidèles étaient incapables ou n'avaient cure de laisser des preuves écrites des hommages qu'ils leur rendaient. Quant aux Latins, la plupart d'entre eux surent seulement que les indigènes adoraient des divinités différentes des leurs, avec des rites particuliers \ Cependant, des Romains, passant ou vivant en Afrique, ont jugé bon de ne pas négliger les dieux qui y exerçaient leur pouvoir; ils nous ont laissé quelques dédicaces latines en leur honneur. Des Africains romanisés ont fait de même, soit chez eux, soit dans les contrées lointaines où ils gardaient le souvenir de la patrie absente.
Parfois, leur dévotion s'étend à l'ensemble des dieux du pays, ou bien elle s'exprime sous une forme vague : elle s'adresse aux DU Mauri '% Maurici ^, à un Numen Maurorum '^,
1. Sur l'ogresse Lamia, qui habitait un antre dans la région des Syrtes, voir Diodore de Sicile, XX, 41,. 3-6, probablement d'après Douris de Samos {Fragm. hist. Graec, II, p. 478, n° 35). Dans ce récit, des légendes grecques et des légendes africaines paraissent s'être mêlées.
2. M. Toutain (Les cultes païens dans L'Empire romain, Première partie, III, p. 37 ■et suiv.) a réuni presque tous les textes épigraphiques latins qui les concernent.
3. Pomponius Mêla, I, 41 : ,« Orae sic habitantur ad nostrum maxime ritum oioratis cultoribus, nisi quod quidam linguis differunt et cultu deum quos patrios servant ac patrio more venerantur. »
4. C. /. L., VIII, 2637-2641 (Lambèse), 9 195 (région d'Aumale), 14 444 (région de Béja), 20251 (région de Sélif), 21486 (Afîreville), 21720 (Lamoricière). Gsell, Inscr. lat. de V Algérie, 1, 3 000 (Tébessa); conf. ibid., 2078 (Madaure) : « sanctis Mauris ». Au n° 2 641 du C. /. L., ces Mauri sont qualifiés de barbari.
5. C. I. L., 8 435 (Sélif), 9 327 (Gherchel). Bull, archéol. du Comité, 1920, p. lxv (ibid.).