CHAPITRE III USAGES FUNÉRAIRES
Il n'est pas impossible que certains Africains n'aient point enseveli leurs morts, qu'ils se soient débarrassés d'eux d'une manière ou d'une autre : par exemple, en les abandonnant aux chiens, aux fauves, aux oiseaux de proie', en les brûlant et en jetant leurs cendres au vent, en les précipitant dans des rivières ou à la mer. Ce dernier procédé aurait eu l'inconvénient de ne pas détruire définitivement le corps, qui pouvait s'échouer plus ou moins loin du lieu où on l'avait submergé,. C'était, au dire de Silius Italicus-, dans les flots de la grande Syrte que les Nasamons jetaient les cadavres des leurs ; à supposer que l'assertion soit exacte, elle ne peut s'appliquer à cette peuplade tout entière, car Hérodote indique chez elle un rite funéraire fort dilîérent^
Aux âges primitifs, des ensevelissements furent faits, en Berbérie comme en Europe, dans des grottes, à travers les couches de cendres et de débris de cuisine qui attestent le séjour
1. Comme le faisaient des Espagnols ; tardivement, sans doute, ils justifièrent cet abandon en prétendant qu'ils confiaient ainsi aux vautours le soin de transporter au ciol ce qui devait survivre des défunts : Silius Italicus, III, 341-3; XIII, 471-2.