V. infra, p
des vivants; on y constate déjà des rites que nous retrouveronsi dans des sépultures bien plus récentes ^
Si la coutume de déposer des morts dans des cavernes naturelles resta très répandue chez les Guanches des îles Canaries^,, elle devint, en Berbérie même, assez rare à l'époque historique ^ Mais les grottes funéraires creusées de main d'homme abondent dans cette contrée. On les appelle haouanet, au singulier hanout, mot arabe qui signifie boutique.
Elles ont été presque toutes taillées dans des paroisrocheuses, 011 elles s'alignent et, parfois, se superposent*; quelques-unes, pourtant, se cachent dans de gros quartiers deroc, isolés et provenant d'éboulis ^
On y pénètre par une baie quadrangulaire, disposée verticalement et qui n'est précédée d'un couloir à ciel ouvert, très court, que dans les cas, peu fréquents, où l'entrée a dû être établie dans une paroi inclinée''. Cette baie, d'ordinaire fort, petite, ressemble moins à une porte qu'à une fenêtre, dont le côté inférieur est à un niveau plus élevé que le sol de la chambre \ Pour l'atteindre, il est quelquefois nécessaire de faire^ usage d'une échelle. On la fermait extérieurement avec une dalle, comme l'indiquent souvent des feuillures ou des mortaises..
i. T. I, p. 269 et suiv.
2. Verneau, Rev. d'ethnogr., VIII, 1890, p. 256. Les ensevelissements dans des grottes artificielles étaient beaucoup moins fréquents chez les Guanches.
3. On peut cependant en citer quelques exemples; à Bougie (squelette accompagné d'une boucle en cuivre) : t. 1, p. 272, n. 2; à Taza : Campardou, Bull. d'Oran^ 1917, p. 307-8.
4. Voir, p. ex., Carton„dans L'Anthropologie, XIV, 1903, p. 18; Pallary, Instructions pour les recherches préhistor. dans le N.-O. de V Afrique, p. 74.
5. En Tunisie : Gagnât, Arch. des Missions, 3" série, XIV (1888), p. 74; Chenel,.. Bull, archéoi. du Comité, 1894, p. 364, et Rev. tu?ns., III, 1896, p. 266; Carton, Découv. épigr. faites en Tunisie, p. 371-2; Gagnât (d'après Hovart), B. a. Comité, 1901 ^ p. CLvnr, cLix; DeyroUe, Bull, de Sousse, II, 1904, p. 80, et VI, 1908, p. 112; le même, Bull, de la Soc. préhistor. de France, VII, 1909, p. 312. En Algérie : Gsell,. Les monuments antiques de V Algérie, I, p. 39-40. Au Maroc : Gampardou, Bull. d'Oran, 1917, p. .306.
6. Deyrolle, B. Sousse, I, 1903, p. 63 (et fig. 11). Carton, UAnthropol, XIV, 1903, p. 18. Le même, Découv., p. 370, 371.
7. Parfois, on a ménagé, derrière la baie, une marche pour faciliter la descente.-
i72 VIE INTELLECTUELLE ET MORALE.
Le caveau est presque toujours quadrangulaire', avec un plafond plat ou cintré^; la forme de cellule arrondie en culde-four se rencontre, mais rarement\ Les dimensions sont «xiguës, du moins dans les haouanet qui paraissent être les plus anciennes : souvent trop petites pour avoir pu donner place à un homme étendu. Comme il n'est pas vraisemblable que toutes ces chambres aient été réservées à des enfants, nous devons admettre que les morts étaient repliés, selon un usage très fréquent en Berbérie depuis une lointaine antiquité, ou qu'ils «taient réduits à l'état d'os décharnés et amoncelés, ou encore qu'ils étaient incinérés, rite peu commun et d'époque tardive dans les sépultures indigènes.
On trouve des haouanet depuis le littoral oriental de la Tunisie jusqu'au Maroc, aussi bien dans le voisinage de la mer qu'à l'intérieur des terres *. Elles sont nombreuses surtout dans le Nord de la Tunisie (entre la Medjerda et la Méditerranée), ainsi que dans l'Est de l'Algérie. En quelques lieux, elles se groupent par douzaines, et même par centaines.