‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 204 sur 307 · Xlli · texte numérisé non relu

Xlli

3. Au cap i^partel, près de Tanger, dans une crevasse de falaise, squelette replié, les genoux et les mains ramenés sous le menton : Tissot, dans Mémoires, p. 312, n. 1.

reconnaître : aucun monument extérieur ne les signale; quand les ossements n'ont pas été dissous par l'humidité, les travailleurs des champs les dispersent sans y prendre garde. Il est plus difficile encore de proposer une date, même approximative, lorsque tout mobilier funéraire fait défaut, ce qui est le cas le plus ordinaire. L'altitude repliée du corps peut être un indice d'antiquité, mais le laboureur dont la charrue heurte ces ossements n'a cure d'examiner dans quelle position ils se trouvent. Parfois, cependant, l'existence d'une tombe se révèle par une couche de pierres brutes, blocs ou plaques, que l'on •avait placées dans le trou, au-dessus du cadavre, apparemment pour le préserver des chiens et des fauves. Cette sorte de couvercle protecteur a été constatée dans quelques vieilles sépulïtures libyques'.

Quand la fosse est taillée dans le roc, elle s'impose à l'attention. On a signalé dans l'Afrique du Nord nombre de ces fosses^ dont beaucoup peuvent être datées, soit par leur mobilier, soit par les épitaphes latines qui les accompagnent, soit par les tombes qui les entourent. Elles sont, les unes antérieures, les autres postérieures à la conquête romaine; certaines appartiennent à l'époque chrétienne ou à des temps plus récents encore. Que les indigènes qui taillaient dans le rocher des cellules funéraires, des haouanet, aient pu aussi y creuser des fosses, c'est là une hvpothèse fort admissible. Pourtant, dans l'état actuel de nos connaissances, ce type de •s.épulture nous apparaît comme phénicien^ et c'est, semble-t-il, par l'influence des Phéniciens qu'il s'est répandu en Afrique.

Les trous où l'on déposait les morts pouvaient être souvent

1. Dans la Kabylie occidentale, trois squelettes repliés sous des dalles; c'étaient des femmes, qui portaient des anneaux de cuivre aux chevilles : Viré, B. a. Comité, 1913, p. 353-4. A Bulla Regia, sous de gros blocs, des squelettes avec des poteries du 11'= siècle environ avant J.-C. : Carton, ibid., 1890, p. 223; 1892, p. 70, II, 73.

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