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surmontés de tertres, dont la disparition se comprendrait sans peine. Les tumulus en pierre, dont nous allons parler, abondent en Berbérie; mais on y a érigé aussi des tumulus en terre : sur la côte orientale de la Tunisie, à El Alia et à Salakta, il en existe, qui recouvrent des caisses de pierre, des dolmens'. Il est permis de croire que des sépultures plus simples consistaient en un amas de terre, de forme conique, sous, lequel le mort était déposé dans une cavité, ou même à la surface du terrain, quand on voulait s'épargner la fatigue de creuser un trou, quand le sol était trop dur pour se laisser facilement entamer.
Pour les monuments funéraires en pierre, des hypothèses sont superflues. Ils se rencontrent presque partout, depuis l'Atlantique jusqu'aux Syrtes, depuis la Méditerranée jusqu'au cœiir du Sahara.
Le plus souvent, ils occupent des lieux pierreux ou rocheux, pentes de collines, contreforts, plateaux, bordures de falaises, berges de rivières ^ Les travaux agricoles ont pu en détruire un certain nombre en plaine ^ Mais il est évident qu'on les a placés de préférence là où les matériaux étaient sous la main : cailloux, pierraille, galets, qu'il suffisait de ramasser; roches dont les carriers pouvaient aisément tirer de grandes dalles. On a jugé « plus commode de porter les morts vers les pierres, que les pierres vers les morts ^ ». Il se peut aussi, pour celles de ces sépultures qui ont été faites par des agriculteurs, qu'on n'ait pas voulu encombrer et rendre inutilisables des terrains fertiles.
1. Anziaai, Mél. Éc. de Rome, XXXII, 1912, p. 249. Merlin, B. a. Comité, 1912, p. cxci.
2. Ce qui n'est pas propre à l'Afrique : « In locis saxuosis et in sterilibus sepulchra faciunt », lisons-nous dans Siculus Flaccus {G romatici veteres,l, p. 140).
3. Oii l'on en rencontre encore çà et là : voir, p. ex., Hilaire et Renault, B. a. Comité, 1898, p. 326; Donau, ibid., 1906, p. 118.
4. Kobelt, R. d'ethnogr., VI, 1887, p. 142. Pourtant, les matériaux de quelques dolmens du Maroc ont paru, d'après leur nature géologique, provenir de carrières assez éloignées des lieux où Ton a élevé ces tombes : Vélain, R. d'ethnogr., IV, 1885, p. 307-8; Salmon, Arch. maroc, I, 1904, p. 293.
USAGES FUNERAIRES. ISf
^ ' Cependant, dans les pays habités par des sédentaires, les tombes se trouvent fréquemment à proximité des villes, des villages (établis souvent, eux aussi, pour des raisons de défense, dans des sites escarpés); parfois même, elles se pressent contre les remparts'. Dans les régions où vivent des pasteurs, on les place volontiers près du refuge où la tribu se rassemble en cas de danger^, près des points d'eau où la nécessité la ramène sans cesse, près des passages suivis par les nomades dans leurs migrations\ Elles sont d'ordinaire visibles de loin*. Dressées sur des hauteurs, elles s'offrent au soleil, et c'est peut-être à dessein qu'on a disposé certaines d'entre elles de telle manière qu'elles soient frappées par les rayons du soleil levant^
Parmi ces sépultures, il en est qui se présentent à nous sous l'aspect d'une enceinte, ronde et mesurant en moyenne cinq mètres de diamètre, quelquefois elliptique, rarement quadrangulaire* : enceinte faite en matériaux bruts ou sommairement équarris. Tantôt les pierres, plantées en terre, sont dressées, se touchant ou séparées par de légers intervalles; il arrive que l'une d'elles dépasse les autres, repère pour reconnaître la tombée Tantôt elles sont posées à plat, comme les éléments