Poinssot, l. c, p. 782, n
second étage \ En tout cas, la double inscription avait dû être placée de manière à rester lisible. Or, le restaurateur n'a pu lui trouver d'emplacement ni au premier, ni au second étage. « Il ne semble guère possible, écrit-il, de la placer ailleurs qu'à une des grandes assises (la troisième ou la cinquième) du dernier étage - » ; c'est-à-dire trop haut pour qu'on pût la lire du pied de l'édifice ^. D'autre part, selon une interprétation qui n'est guère contestable, l'inscription indique, après les « constructeurs des pierres », des « travailleurs en bois » et des « fondeurs en fer ». Or, nous ne voyons pas comment se justifiait l'honneur fait à ces artisans : le bois n'aurait pu être employé que pour des revêtements intérieurs, dans les vides ménagés au premier et au second étage; quant au fer, on ne le retrouve que dans des tenons en queue d'aronde, qui "assuraient la cohésion des blocs *. Voilà des incertitudes fort embarrassantes ! Il est cependant difficile de nier que cette dédicace appartienne au mausolée, auquel elle a été attribuée, de la manière la plus formelle, par tous ceux qui l'ont vue à Dougga.
D'après la forme des lettres, elle doit être à peu près contemporaine de l'autre inscription libyco-punique du même lieu, la dédicace du temple de Masinissa : celle-ci est de 139 avant J.-C. ■'. On a voulu rapporter le mausolée à une époque bien plus reculée ^ en invoquant la forme des chapiteaux ioniques du second étage : en Grèce, ils pourraient être datés du v" siècle. Mais des chapiteaux semblables, avec la même courbure du canal reliant les deux volutes, ont été exécutés à Carthage jusqu'aux derniers jours de la grande cité, jusqu'au milieu du il" siècle ^
1. Soit que, pour extraire les pierres, oq ait démoli la paroi qui les surmontait, soit que le vide produit par l'extraction ait été cause de la chute.