V. supra, p. 97, n
6. Saladin (l. c, p. 471-5) opine pour la fin du v« siècle ou le commencement du iV .
Or, le mausolée de Dougga est un édifice d'art punique ' : on y retrouve le mélange de motifs orientaux (la gorge égyptienne) et de motifs grecs archaïques (les chapiteaux ioniques et éoliques), qui caractérise cet art -. L'architecte, nous l'avons dit ^, était vraisemblablement Abarish \ fils d'Abdashtart, qui est mentionné en premier lieu parmi les « constructeurs des pierres », et qui devait être un Carthaginoise Dans la sculpture, comme dans l'architecture, l'art punique se montra routinier'' : le style archaïque des statues et des bas-reliefs qui décoraient le haut du mausolée ne s'oppose donc pas plus que la forme des chapiteaux à une date relativement récente : vers 150 avant J.-G.
C'est sans doute aussi à l'architecture punique qu'il convient de rattacher des monuments funéraires analogues, dont les parties inférieures subsistent encore en d'autres lieux de la Tiinisie \ ou dont quelques débris, surtout des chapiteaux éoliques de pilastres \ ont été découverts çà et là dans l'ancienne Numidie. On peut supposer que, comme le mausolée de Dougga, comme des mausolées africains de l'époque romaine®, ils étaient surmontés d'une pyramide, témoignage de leur lointaine origine égyptienne.
Mais, ailleurs, cette origine a été si bien oubliée que des frontons ou une voûte en berceau ont remplacé le faîte pyra-
1. Saladin (l. c, p. 483-4) croit que la coudée égyptienne, adoptée par les Phéniciens (conf. t. IV, p. 189), a été prise comme unité de mesure dans ce monument.