‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 291 sur 307 · CHAPITRE V CONCLUSION · texte numérisé non relu

CHAPITRE V CONCLUSION

C'est une tâche malaisée de définir le caractère d'un peuple^ tel que l'ont fait le cadre géographique dans lequel il s'est formé, les aptitudes des races qui se sont mêlées en lui, les vicissitudes de son histoire. Et, pour l'Afrique du Nord, en particulier, oii la variété des climats et des sols est si grande, où beaucoup de régions sont restées, pendant des siècles, sans relations directes, où le contraste est peut-être plus profond que partout ailleurs entre les villes et les campagnes, il pourrait paraître vain de chercher en quoi les hommes se ressemblent, intellectuellement et moralement. Ils se ressemblent pourtant; ou, du moins, beaucoup d'entre eux ont des traits communs, qui, depuis longtemps, ont frappé les observateurs. Naturellement, il ne faut pas oublier qu'en cette matière, les généralités comportent des exceptions fort nombreuses : exceptions individuelles; exceptions plus larges, qui peuvent s'expliquer en partie par des influences extérieures.

Les anciens jugent d'ordinaire avec sévérité les indigènes africains. Ce sont, pour eux, dans toute la force du terme, des barbares, et ce nom de barhari semble si bien leur convenir qu'il est resté attaché à leurs descendants, les Ber-

bères^ Hommes rudes, grossiers, brutaux, violents : tels ils étaient aux yeux des Grecs et des Latins '\ tels ils sont encore dans l'opinion des musulmans orientaux. On leur reproche leur sensualité % leur cruauté*, leurs instincts de vol et de pillage % leur mépris de la vérité et de la parole donnée, leur dissimulation, leur perfidie*^, leur platitude vis-à-vis des forts ^ leur empressement à trahir quand ils croient pouvoir le faire sans trop de risques, la légèreté, l'inconstance, la mobilité •de leur esprit-. On les accuse à la fois de turbulence' et de paresse '".

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