‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 295 sur 307 · T. I, p. 25 et suiv · texte numérisé non relu

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de la civilisation. Après lui, plusieurs de ses fils* et descendants" prétendirent se libérer de la rudesse des mœurs numides: ils se plurent dans la compagnie de gens instruits et furent euxmêmes des lettrés; ils firent donner à leurs enfants une éducation solide^, qui devait être surtout punique, c'est-à-dire punicogrecque, puisque, dans les derniers temps de Cartilage, l'hellénisme régnait presque dans cette ville. A leurs sujets, c'était aussi la civilisation punique qui convenait, car elle se présentait à eux de divers côtés, de l'ancien territoire carthaginois comme des colonies phéniciennes du littoral. Les rois en favorisèrent la diffusion.

Les efforts de Masinissa ne furent pas vains: de même que Carthage dans la contrée qui devint en 146 la province A^Africa, lui et ses successeurs préparèrent largement en Numidie, surtout dans la Numidie orientale, le plein épanouissement que devait assurer la paix romaine. On peut même dire qu'au second siècle et jusqu'au milieu du premier, la Numidie fit plus de progrès sous ces rois que la province sous le gouvernement de la République.

Mais, au grand Etat qu'il avait fondé, Masinissa n'avait pas donné une armature administrative, et ses héritiers n€ paraissent pas s'être souciés de compléter son œuvre en l'organisant. Un seul homme portait tout le poids du royaume. Cette autocratie, dépourvue d'institutions, dépourvue même de règles fixant avec certitude la transmission du pouvoir, exigeait du souverain des qualités exceptionnelles et un prestige soutenu par le succès. Autrement, c'était le réveil bruyant de l'anarchie, la ruine d'une cohésion factice et fragile.

D'autre part, les Romains ayant empêché Masinissa de mettre la main sur Carthage, et les villes phéniciennes éparses sur les

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