Micipsa et Mastanabal : v. supra, p
2. Hieinpsal {supra, p. 90) et, plus tard, Juba II, qui fut, comme le dit Pline l'Ancien (Y, IG), « plus célèbre encore par ses doctes travaux que par son règne ».
3. Salluste, Jug., LXXV, 1 : « ... Thalam, ubi ... filiorum eius [il s'agit de Jugurtha] multus pueriliae cultus erat. »
côtes de la Numidie étant de peu d'importance, la civilisation ne disposait, pour se répandre rapidement chez les indigènes, que d'un nombre insuffisant d'éducateurs. En dehors de l'ancien territoire punique et des régions voisines, elle ne conquit qu'une élite et elle ne la conquit même pas complètement. Sous leur enveloppe gréco-orientale ou grecque, les deux mausolées royaux qu'on appelle le Médracen et le Tombeau de la Chrétienne ne sont que des tumulus africains.
Quant à la masse du peuple, Masinissa put accroître en elle le nombre des agriculteurs. Mais, sauf dans l'Est du royaume, la langue et les mœurs puniques semblent s'être peu propagées à travers les campagnes. Sédentaires et nomades restèrent asservis à leurs vieilles coutumes : ceux qui vivaient à l'intérieur des terres plus encore que ceux qui habitaient les régions du littoral, les montagnards plus que les gens des plaines. Un abîme séparait la civilisation urbaine, d'origine étrangère, et la barbarie rurale: il était bien difficile que des hommes menant des vies si différentes fussent en bon accord.
Les États indigènes auraient-ils fini par s'organiser, par combler, au moins partiellement, cet abîme? Cela est douteux : trop de forces hostiles s'opposaient à une œuvre dont l'accomplissement eût exigé beaucoup de méthode et de temps.
En tout cas, il n'a pas été donné aux Africains de se faireeux-mêmes leur destinée. L'étroitesse de leur vues, leur répugnance à se soumettre à une discipline commune les ont empêchés de jouer un grand rôle historique. Ils ont rarement étendu leur domination hors de leur pays. Excellents soldats, ils purent faire au viii" siècle la conquête de l'Espagne, au x" celle de l'Egypte, mais ce ne furent pas eux qui en profitèrent. De vrais souverains berbères, les Almoravides et les Almohades, ne restèrent maîtres que pendant peu d'années d'une partie de la péninsule ibérique. Même chez eux, les Africains n'ont ete indépendants ni souvent, ni longtemps.
Il faut que des étrangers viennent imposer à ce peuple l'ordre et la paix^ Ils doivent être assez forts pour triompher des nombreux obstacles que dresseront contre eux la nature et les hommes. Résolus à assurer le succès définitif de leur entreprise, ils se résigneront à soumettre entièrement cette vaste contrée. Ils ne feront pas une distinction fallacieuse entre les pays « utiles », qui pourront les dédommager de leurs peines, et les pays « inutiles », dont ils affecteront de dédaigner la pauvreté : car c'est dans ces derniers que sont les matériaux d'incendies toujours prêts à s'allumer et à s'étendre au loin. Œuvre longue, ingrate, où ils auront à livrer des luttes pénibles et irritantes. Mais jamais les Berbères ne sauront se concerter pour leur faire front tous ensemble et, presque toujours, la violence des jalousies et des haines fournira à ces étrangers des alliés.
La nation conquérante devra maintenir sa domination par une autorité très ferme et très énergique^ par une puissante armature militaire et administrative. En introduisant des colons, elle apportera le levain du progrès. Elle invitera les indigènes au labeur en leur en assurant les fruits. Elle leur offrira et, sans apparences tyranniques, les amènera peu à peu à accepter une civilisation meilleure, une place dans un large cadre où ils pourront se développer, des débouchés aux produits de leur travail, des carrières ouvertes à leurs ambitions. Elle leur offrira aussi des arts qui embelliront leur vie, une langue riche et souple qui leur permettra de révéler leur vive sensibilité, la facile abondance avec laquelle ils s'expriment, leur zèle ardent pour les causes dont ils se font les champions. En eux, elle trouvera des réserves d'hommes, qui manquent souvent aux peuples trop vieux, de bons ouvriers dans la guerre et dans la paix.
1. Cette nécessité, des indigènes l'ont quelquefois reconnue spontanément. Au moyen âge, des princes de la Berbérie n'ont cru pouvoir se maintenir qu'en se rattachant à un Empire étranger. Conf. G. Marçais, Les Arabes en Berbérie du XI' au XI V siècle, p. 20.
Mais voudra-t-elle et pourra-t-elle briser à jamais les forces de barbarie qui s'obstineront à survivre, en arrière et auprès des régions où s'implantera la civilisation? Il ne suffira pas de les tenir en respect. Elles n'attendent que des occasions pour se jeter à l'assaut et, tôt ou tard, elles les trouveront. La conquête morale du pays tout entier s'imposera donc d'une manière aussi nécessaire que la conquête matérielle. Malheur aux maîtres de l'Afrique du Nord qui ne sauront pas le comprendre!
GsELL. — Afrique du Nord. VI. *"
INDEX ALPHABÉTIQUE
Abaddir, dieu phénicien : 148.
Africa, déesse : 159-160.
Agatharchide, a propos de morts repliés :
Alia (el), dolmens sous tumulus à — :
180, 196; modes d'ensevelissement :
Aliments : 3-10; dans des sépultures :
AUhibaros, inscriptions puniques à — :
111, 147, 164; construction dolménique : 230.
Amazones, prétendus tumulus d' — : 222.
Ame, rapports de 1' — et du corps : 240.
Amon, Ammon, dieu égyptien: 127, 142; dieu de l'oasis de Syouah : 127, 142-3, 169; adoré en Berbérie : 143-4; identifié avec Baal Hammon : 144, 146.
Ses images : 147.
Amulettes : 13, 35, 124, 241.
Antée, son prétendu tumulus : 221.
Apollon libyen : 155-6.
Architectes : 86-87.
Architecture punique en Numidie : 86- 88; — grecque : 87, 88-89.
Arcs : 46-47.
Ares, nom donné à un dieu libyen (?) :
Argent, bijoux en — : 36 ; vaisselle d' — : 82, 258.
Armes d'escrime : 39-45; de jet : 45-50; défensives : 50-54. — étrangères : 40, 54-55. — dans des sépultures : 218,
Art berbère : 69-71 ; punique : 86-88, 256,
270 ; grec en Berbérie : 87, 88-89, 260-1 ,
Artisans : 75-79, 255.
Astrologie : 169.
Athéna, nom donné à une déesse adorée
par des indigènes : 149-132.
Atlas, montagne sacrée : 134.
Baal phénicien, adoré par des indigènes : 147, 148.
Baal Addir, dieu punique, adoré à Girta': 146; ailleurs: 148.
Baal Hammon, dieu punique, adopté par des indigènes : 144, 147, 148; adoré^à Cirta : 146, 166-7.
Bacax, dieu : 136.
Bacchus en Afrique : 158.
Barbe, port de la — chez les indigènes :
Bâtons, servant d'armes : 39.
Bazina, nom donné à des tumulus funéraires : 185.
Béja. Voir Vaga.
Béliers sacrés : 126-8.
Bellone, sanctuaire de — à Sigus : 229-
Béni Messous, cimetière de dolmens aux — : 191, 200, 201, 208, 223, 224.
Béni Sfao, prétendus auteurs de sépultures anciennes : 221.
Berceaux : 57.
Bibliothèques de Carthage : 90.
Bijoux : 36-38 ; dans des sépultures :.218.
Blé, dans l'alimentation : 5-7; exportation : 83=
tl
INDEX ALPHABÉTIQUE
Bocchui le Jeune, roi maure, réside à loi : 273 ; sa dévotion à Bacchus : 138. Est-il l'auteur du mausolée dit Tombeau de la Chrétienne? : 273.
Bois, vases en — : 56; travailleurs en — : 252, 253.
Boissons : 9-10.
Bonnets : 32-33.
Boucles d'oreille : 36-37.
Boucliers : 50-53, 89, 257.
Bougie, prétendu cimetière à incinération, à — : 216.
Roumerangs, armes de jet : 46.
Bou Nouara, cimetière de dolmens à — : 191, 194. 197, 200, 201, 225.
Bris intentionnel de mobilier funéraire : 241-2.
Broches, pour attacher des vêtements :
Bronze, bijoux en — : 36, 223-4; armes : 41, 218.
Bulla Regia, dolmens à— : 191, 195, 200, 219, 225; sépultures puaico-numides :
Burnous, vêtement indigène : 25-26.
Caesarea (Gherchel), capitale deJubaU :
Campements préhistoriques, sépultures sous des — : 177.
Caractère des Berbères : 274-8, 279-280.
Carnaval : 121, 122.
Carrières pour la construction de monuments mégalithiques : 190.
Casques ; 53-54.
Cercles intérieurs dans des cromlechs 183; sous des tumulus en terre : 183 sous des tumulus en pierre : 188 autour de cases de dolmens : 196.
Céréales dans l'alimentation : 5-7; exportées : 83. Rites magiques concernant les — : 120-1.
Cereres, déesses adorées dans l'Afrique latine : 157.
Chant chez les indigènes : 71, 72.
Chaouuch, cimetière mégalithique à — :
191, 195, 200, 203, 206. Haouanet : 175.
Chapiteaux doriques : 88, 258, 260, 263,