Ou peut-être, mais bien plus rarement, en poil de chèvre
8. La djellaba, ce paletot-sac, à larges et courtes manches et à capuchon, qui se porte dans le Nord du Maroc, n'est sans doute pas très ancienne. De même, un vêtement presque semblable, la qachabta, portée çà et là en Algérie et en Tunisie.
lodices (couvertures), ei des saga purpur{e)a (saies de pourpre)'. Ces saies de pourpre étaient alors une marchandise courante. On mentionne, pour des temps antérieurs, des manteaux de pourpre qui étaient des vêtements royaux, insignes du commandement suprême ou costumes de luxe'^ Dans les premiers siècles de notre ère et jusqu'à l'époque byzantine, l'investiture donnée aux chefs indigènes comportait la remise d'un manteau blanc, attaché, dit Procope^, sur l'épaule droite par une fibule d'or, à la façon d'une chlamyde thessalienne.
C'était là un vêtement d'apparat. Mais le mode d'attache des saies ordinaires était vraisemblement le même'' : il avait l'avantage de laisser le bras droit entièrement libre. Le sagum des soldats romains se fixait aussi de cette manière. Au contraire, la saie noire des Espagnols s'attachait au haut de la poitrine'^ et couvrait, par conséquent, les deux épaules ^
De même, aujourd'hui, le selham ou hernoua, le burnous des indigènes de l'Afrique du Nord, avec cette différence que la saie espagnole était maintenue à l'aide d'une fibule mobile, tandis que le burnous a pour attache une couture. Cet ample manteau de laine blanche ou, plus rarement, de couleur, dont un pan se rejette sur une épaule et qui est pourvu d'un capuchon, était-il déjà porté chez les Berbères aux environs de l'ère chrétienne? On l'ignore. L'étymologie qui tire le mot bernons du latin birrus (ou burrns) paraît fort admissible, mais
1. C. /. L., VIII, 4 508 : « Lex vestis peregrinae : ... lodicem..., sagum purpurium..., cetera vestis A fia.... »