Schulten, Numantia, I, p
6. Du reste, il suffisait de tirer le manteau pour changer la place de l'attache : soit sur l'épaule, ce qui dégageait un des bras; soit au haut de la poitrine, ce qui protégeait mieux du froid et de la pluie. Bien des gens devaient disposer leur saie tantôt d'une manière, tantôt de l'autre; il en était de môme pour la chlamyde grecque.
cela ne prouve pas nécessairement" que la chose ait été d'importation latine. Le manteau appelé birrus, qui, sous l'Empire romain, fut en usage dans les provinces africaines*, comme ailleurs, était, du moins à l'origine, de couleur rousse, car son nom vient du grec -jppoc, « roux ». Nous ne savons pas s'il en fut d'abord de môme du burnous' : il y a quatre siècles, le terme bernons était réservé aux manteaux noirs des. Juifs ^
Il y avait sans doute dans l'antiquité des manteaux qui se portaient sans aucune attache, retenus sous une aisselle et, après avoir enveloppé étroitement le corps, rejetés sur une épaule*. A ces vêtements, auraient bien convenu les termes lodix et stragula, employés dans des textes africains^ : couverture qui, dit Corippus ", pendait en serrant les membres et en tombant des épaules.
La peau de bête, ou le manteau, pouvait, tantôt constituer l'unique vêtement, tantôt être un vêtement de dessus. Les Libyens que représentent des monuments égyptiens ne portent sous leur manteau que l'étui phallique ', ou bien un pagne (qui fait partie du costume féminin comme du costume masculin)^; les Romains, eux aussi, avant d'adopter la tunique^ se contentèrent longtemps d'un caleçon sous leur toge'. En
1. Édil de Dioclélien, 19, 42 (C. /. L., III, p. 1943). Saint Augustin, Sermons, CLXI, 10; GGCLYI, 13; Enarr. in psabn. CXXX, 10. Etc.
2. Serait-ce le « sagum purpurium » du tarif douanier (supi^a, p. 25, n. 1)??
3. Massignon, Le Maroc d'après Léon l'Africain (Alger, 1906), p. 122. Deux siècles plus tôt, le burnous noir était très répandu chez les Berbères : Ibn Khaldoun, Hist., trad. de Slane, I, p. 168.
4. Cette disposition, commune aux deux sexes, se constate sur des stèles africaines de l'époque romaine. Mais il n'est pas certain que les personnages représentés portent des costumes proprement indigènes.