Procope, B. V., II
3. Du moins avant l'invasion récente des teintures minérales.
4. Comme le remarque H. Basset, Rev. afric, LXII, 1921, p. 3.54.
5. Ce métier horizontal sert surtout à fajjriquer des tissus de coton et de soie, ce qui n'a pu se faire en Afrique que depuis l'antiquité. Chez les nomades, les fils de la chaîne sont tendus horizontalement dans la confection des longues bandes de tente; cette technique a peut-être été introduite par les Arabes.
6. Stuhlmann, Ein kalluryeschicliLl. Aasjlug in den Aures, p. 113 et suiv., 148.
qui a dû y pénétrer depuis fort longtemps, est le métier de haute lisse, à chaîne verticale; nous ignorons d'oii il est venu ^ On fait ainsi des étoffes pour manteaux et tuniques, des couvertures et des tapis, par l'entrecroisement des fils de trame sur les iils de chaîne; le procédé des points noués, qui donne des tapis de haute laine, n'est peut-être connu des Berbères que depuis quelques générations, par imitation des tapis d'Asie Mineure.
La fabrication de la poterie, qui ne peut se développer que chez les sédentaires, est aussi une industrie pratiquée dans les campagnes par des femmes, non pas par toutes, car ce serait dépasser les besoins, mais par des ouvrières qui, ayant appris cette technique, travaillent à l'occasion pour les gens de leur village, sans se livrer à un véritable métier, sans chercher d'ordinaire à accroître leurs profits par la vente à des étrangers. Cette céramique, rurale et féminine, se distingue de celle des ateliers où travaillent des hommes en ce qu'elle n'emploie ni le tour, ni le four : les vases sont façonnés à la main et cuits à feu libre ^; il en est même qu'on fait simplement sécher au soleil. Procédés primitifs qui attestent des traditions lointaines, obstinément conservées malgré la défectuosité des produits, très fragiles, pourrissant facilement et retenant mal les liquides.
Il y a deux sortes de poteries berbères. Les unes, marmites, écuelles, plats, bols, pots et tasses avec ou sans anses, lampes, etc., d'aspect grisâtre, brunâtre, noirâtre, ne sont que la suite de la vaisselle dont les tessons se recueillent dans les stations néolithiques ^ Mais ces tessons offrent fréquemment des ornements géométriques rudimentaires, gravés à la pointe : luxe dont on se passe à l'époque historique. Il s'agit d'objets tellement vulgaires qu'on ne les juge pas dignes d'une décora-