Au Soudan, la culture à la houe est l'affaire des femmes
En temps ordinaire, les femmes doivent sortir de chez elles pour aller chercher de l'eau et ramasser du bois. Le reste de leur vie se passe à l'intérieur ou aux abords immédiats de leur demeure. Soigner et traire les animaux domestiques, moudre les grains ', cuire la galette -, faire le beurre et le fromage, préparer les repas, élever les enfants en bas âge : les occupations ne manquent pas.
Il faut y joindre la confection de certains objets n'exigeant. qu'un outillage très simple. Industries qui se proposent de subvenir aux besoins de la famille et de restreindre ainsi les achats, beaucoup plus que de vendre au dehors; elles se pratiquent à temps perdu, quand les multiples tâches du ménage laissent quelque répit : par conséquent, elles ne sont pas susceptibles d'une production abondante.
Ainsi s'exécutent des travaux de sparterie, corbeilles tressées directement à la main, nattes fabriquées sur le métier qui sert à faire les tissus de laine. Pour ceux-ci, les soins préliminaires,^ nettoyage, cardage, filage, incombent, en général, à la tisseuse : l'industrie familiale ne comporte guère la division du travail. Les teintures se font avec des couleurs végétales^ : la pourpre,, chère aux Phéniciens, ne paraît pas avoir été employée par les Berbères \ Le métier de basse lisse, où les fils de la chaîne sont tendus horizontalement, est, autant qu'il semble, une importation relativement récente % à l'usage des hommes exerçant dans les villes la profession de tisserand; dans l'antiquité, il était sans doute inconnu des indigènes ^ Le métier des femmes berbères, celui qu'on retrouve dans tant de tribus et