A Ras el Ain Bou Merzoug (exemplaires au musée d'Alger
G. Déchelette, Manuel, II, p. 1482, flg. 077 (n" 3); p. 1487, fig. 681 (n» 1).
7. E. Violard, De la céramique berbère (Alger, 1897). D. Randall-Maciver et A. Wilkin, Libyan noies (Londres, 1901), p. 5i et suiv. J. Myres, dans Journal of anthropological Imtilute, XXXII, 1902, p. 248 et suiv. A. van Gennep, Éludes d'ellinoij rapide algérienne, p. 13-67 (dans Reo. dCeUinègr. et de sociologie, 1911). Le même, Recherchts sur les poteries peintes de l'Afrique du Nord, dans Harvard African Studies, il (1918), p. 233-297 et planclies. Berlholon et Chantre, Recherches anthropol. dans la Berbérie orientale, I, p. 543 et suiv. Herber, dans Hespéris, II, 1922, p. 241-234.
8. Surtout dans les régions voisines du littoral. Cela s'explique par le fait que ces pays sont habités par des sédentaires : or, la fabrication de poteries, nous l'avons déjà dit, n'est pas l'affaire de gens qui ont à se déplacer.
9. Cet engobe manque quelquefois. L'emploi, en Kabylie, d'un vernis résineux qui, passé sur l'engobe, lui donne une couleur jaune, est probablement une innovation récente. Certaines poteries kabyles sont en partie revêtues d'une couverte rouge, sur laquelle on peint quelques motifs géométriques en blanc ou en noir.
mentation consiste en motifs géométriques reclilinéaires. Ils sont tracés au pinceau; le travail n'est jamais complété ou soutenu par des traits gravés. Les formes sont moins indigentes que dans la première classe de poteries berbères; parfois, elles offrent des complications qui nuisent à l'utilité pratique de cette vaisselle, mais qui ont des prétentions artistiques : pieds élancés en forme de cornet, cols très allongés, dentelures autour des bords, tubes d'orifice multiples, et même enchevêtrés, bols et gargoulettes reliés par groupes de trois, quatre et davantage, etc.
Des discussions se sont élevées sur les origines de cette céramique peinte, qui, jusqu'à ces dernières années, n'était connue que par des exemplaires contemporains, ou presque contemporains : on ne l'avait pas rencontrée dans des couches antiques, dans des sépultures auxquelles des objets de leur mobilier permettent d'assigner une date voisine des débuis de notre ère. Mais, comme, par la technique et l'ornementation rectilinéaire, elle ressemble à des poteries fabriquées au ' troisième millénaire avant J.-C. dans d'autres pays méditerranéens, surtout dans les îles de Chypre et de Sicile ^ on a cru pouvoir en conclure qu'elle est à peu près aussi vieille en Berbérie, où des immigrants l'auraient introduite-. A quoi d'autres ont répondu que ces ressemblances n'impliquent pas nécessairement parenté : ce qui le prouve, c'est que les poteries •de l'Afrique du Nord ressemblent plus encore à celles que fabriquaient les Indiens du Pérou avant la découverte de l'Amérique : or il est impossible d'admettre des influences ■entre ces deux contrées. La céramique berbère aurait donc pu
1. Ea Sicile, ont été aussi trouvées des poteries à décoration peinte analogue, mais plus anciennes, néolithiques, que M. Orsi [Moniiin. untichi dei Lincei, XXVll, 1921, p. 125 et suiv.) croit avoir été importées d'Orient; la céramique peinte isicilienne en dériverait. — On a aussi comparé les poteries berbères à des poteries préhistoriques égyptiennes, mais, entre ces deux classes, il y a plus de
■ différences que de ressemblances : conf. van Gennep, Études, p. 46-47, 58.
2. Van Gennep, l. c, p. 62 et suiv. (conf. ici, t. I, p. 349-350).
naître dans la Berbérie même, on ne sait quand : peut-être, malgré son aspect et sa technique archaïques, à une époque assez récente, car, autrement, on en trouverait des témoignages anciens.
Ces témoignages ont été cherchés, et le désir de les trouver a suscité des comparaisons non fondées, ou très contestables, entre la vaisselle peinte des Berbères modernes et quelques vases faits en Afrique au moyen Age ^ ou dans l'antiquilé'. Mais la parenté est, à mon avis, certaine pour des objets recueillis à Constantine, dans des couches qui contenaient des objets fabriqués peu avant ou après notre ère^ Et je crois que l'on peut remonter plus haut, si l'on observe la ressemblance, sans doute non fortuite, de plusieurs formes berbères avec des formes qui existaient dans la céramique égéenne dès les premiers temps de l'âge du bronze, avec des formes égyptiennes*, phéniciennes, grecques. Comment et quand se sont faits ces emprunts? Nous l'ignorons. Mais, pour une partie au moins d'entre eux, la céramique punique, à laquelle le décor delà céramique berbère ne doit rien ^ a pu servir d'intermé-
1. Des poteries des x°-xi° siècles, Irouvées à Tlemcen, ont un décor apparenté à celui de la céramique berbère, mais elles sont faites au tour et cuites au four : A. Bel, Un atelier de poteries et faïences découvert à Tlemcen (Constantine, 1914), p. 53-55 et fi g. 40.
2. Les vases peints, d'époque byzantine, que l'on a découverts surtout à Bulla Regia, offrent des motifs végétaux et animaux, qui, comme leur technique au tour et au four, les distinguent nettement des poteries berbères : Carton, C. r. Acad. Inscr., 1911, p. 601 ; 1914, p. 476; 1913, p. 122-3. De même, une aiguière, exhumée à Timgad et conservée au musée local, qui est oi'uée de motifs géométriques et de feuilles en noir et en rouge. Et encore d'autres poteries peintes, de basse époque, dont des débris ont été recueillis à Carthage, à Thuburbo Majus, à Dougga : Poinssot et Lantier, dans le Bail, archéol. du Comité, 1925, p. lxxix. Même absence de parenté réelle pour d'autres vases peints, à décor géométrique, qu'on a trouvés dans la région de Kairouan et qui datent de l'époque romaine : ibid., 1915, flg. aux p. 88 et 90.
3. G. Marçais, Rec. de Constantine, XLYIII, 1914, p. 177-183 et flg. à la p. 178; ibid., L, 1916, p. 38-47 et pi. I.