‹ Histoire ancienne de lÁfrique du nord (volume 2)Chapitre 86 sur 307 · Conf. van Gennep, Études, p · texte numérisé non relu

Conf. van Gennep, Études, p

5. Ce qui n'est pas une objection à opposer à l'hypothèse d'emprunts de formes. Aujourd'hui, des femmes indigènes modèlent, par exemple, des théière-:, des verres à pied, puis les revêtent d'ornements géométriques.

diaire : ainsi, pour des amphores de type classique, des pots ventrus, à anse de panier', des supports consistant en deux cornets opposés, que relie un gros bourrelet-; pour des lampadaires, qui, montés sur un pied épais, comprennent une ou deux rangées de petites lampes à bec pointu ^ ; pour des bassins, sur les bords desquels sont dressées de petites écuellcs, comme sur les récipients appelés kernoi par les Grecs*.

On voit que la céramique indigène, peinte ou non peinte, conserve avec obstination des habitudes fort anciennes. Cependant, si elle est asservie à la routine, elle n'est pas entièrement rebelle à des influences étrangères. Nous venons de noter des imitations probables de poteries puniques; de nos jours, on constate des emprunts à l'Europe : des copies de théières, de tasses à café, de chandeliers, etc. Les mêmes velléités d'innovation introduisent dans le décor quelques images de végétaux et d'êtres animés ^ Mais ce sont là de rares exceptions.

L'art rural berbère a été, en somme, peu influencé par les peuples qui ont joué, depuis vingt-cinq siècles, un rôle historique dans l'Afrique du Nord. D'autre part, cet art ignore la nature. Il ne regarde pas autour de lui et n'est pas sensible au spectacle de la vie. Il ressasse des motifs transmis par la tradition et qu'on exécute machinalement, sans recourir à des modèles.

Qu'il s'agisse de poteries, de tissus, de cuirs, de bois ouvrés, l'ornementation est géométrique et, presque toujours, rectilinéaire ^ Ce sont des filets parallèles, des groupes de hachures,

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