En Kabylie
4. Ibid. Pour des poteries puniques analogues à celles que nous venons de mentionner, voir, p. ex., t. IV, p. 61 et 64-65.
5. Poissons, oiseaux et même des personnages. Voir Ricard, Hespéris, I, 1921, p. 421 et suiv.
6. Ce qui peut s'expliquer en partie, mais en partie seulement, par des nécessités techniques. C'est le cas pour les ouvrages en vannerie, et aussi pour les tissus fabriqués sur des métiers verticaux. Mais ce décor rectilinéaire se retrouve sur
chevrons et zigzags', des croix dont les branches se coupent •obliquement ou à angles droits, des peignes; des triangles, losanges et carrés, pleins, ou enfermant des figures semblables, plus petites, ou remplis de diagonales croisées, qui forment <[uadrillage; des damiers; d'autres motifs encore, d'où les lignes courbes sont exclues ^ Qu'il y ait là, au moins en partie, des dégénérescences d'images jadis empruntées à la nature vivante, c'est possible. C'est même probable : par exemple, le peigne peut être la déformation d'une main avec ses doigts ouverts; une série de chevrons superposés, pointe en bas, peut représenter une branche à feuilles symétriques : du reste, quelquefois, le doute n'est pas permis, puisqu'on a tracé la tige sur laquelle ces feuilles latérales, réduites à des traits, s'insèrent obliquement. Mais tout cela est devenu figures géométriques.
Il y a certainement très longtemps que l'art berbère a ainsi perdu tout contact avec la nature, pour s'enliser dans le dessin rectilinéaire. Des stèles, trouvées dans l'Algérie centrale, présentent, auprès d'inscriptions libyques, des images de peignes, qui paraissent bien équivaloir à des mains prophylactiques"'. Chez les Libyens orientaux, les tatouages étaient, dès le second millénaire avant J.-C, des motifs géométriques '" : ce qu'ils sont restés, en général, dans l'Afrique du Nord.
Les figures de ce répertoire si pauvre se juxtaposent et s'assemblent diversement, mais toujours par bandes ou zones parallèles % et non par rayonnement autour d'un motif
des matières où des courbes eussent été d'une exécution aisée et où il n'apparaît nullement comme un emprunt à la vannerie ou au tissage.
1. Qui, parfois, tracés tiàtivement, prennent la forme de lignes ondulées, par ■dérogation au système rectilinéaire.
2. Des motifs curvilignes, comme des rosaces et des arratures, usités surtout dans les ouvrages en bois, ressemblent tellement à des décors d'origine orientale, répandus en Occident du iv" au vi" siècle, qu'il y a lieu d'admettre des emprunts purs et simples : voir, entre autres, Gsell, Musée de Tébessa, p. 46-47.
3. Voir Berbrugger, Rev. afric, XII, 1808, p. 172; Gsell, Bull, arckéol. du Comité, 1901, p. CLHi. Pour le rôle propbylactique de la main ouverte, conf. t. IV, p. 355.