Jug., XVII
selon toute apparence, un emprunt soit à des Carthaginois, soit à des Grecs *.
Hérodote^ répartit les Libyens en pasteurs, vo^jiàôss, et en cultivateurs, àpoxYÎpsç. Le mot voi;.ào£^ est donc pour lui un qualificatif grec, indiquant une manière de vivre. Il a été employé de même par Hécatée', Hellanicos* et Pindare% à propos d'indigènes africains.
Mais Noaàoeç est devenu un nom propre, désignant un peuple ou un groupe de peuples. Nous le trouvons avec cette signification dans l'histoire des guerres puniques racontée par Polybe \ Et il faut sans doute remonter plus haut. Diodore de Sicile, reproduisant un auteur du début du m" siècle, Timée ou Douris, mentionne des NojjLaos; dans des guerres qui eurent lieu à la fin du v' siècle et au iv*^ Eratosthène, vers la fin du iii^ siècle, paraît aussi avoir connu des Nouàôeç en Afrique *. Les Latins emploient la forme Numidae ^ : Sallust», dans son Jugurtha '° ; Tite-Live, dans son récit de la seconde guerre punique"; Justin, abréviateur de Trogue- Pompée, à propos d'événements qui se passèrent au v' siècle *^; etc. A la fin du ii^ siècle, les succès de Métellus sur Jugurtha lui valurent le surnom de Numidicus. Il est probable que le terme Numidae fut adopté par les Romains dès le m* siècle,
1. Pour les éléments puniques et grecs qu'on retrouve dans le récit d'Hiempsal, voir t. 1, p. 332-3.
2. IV, 181, 186, 187, 188, 190, 191, 192. Voir Gsell, Hérodote, p. 167.
3. ApvLd Etienne de Byzance, s. v. MâÇueç = Fra^m. hist. Graec, I, p. 23, n° 304 (si c'est bien une citation textuelle).